Véronique Voorneveld, une femme forte revenue du cancer du sein 0
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Publié le jeudi 19 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : société

 Véronique Voorneveld, une Saranaise de 47 ans, médiatrice familiale au service d’aide à la parentalité à Saint- Jean-de-la-Ruelle, est revenue de la maladie pleine de vie. Mariée, mère de deux enfants, cette Orléanaise d'origine garde néanm... Véronique Voorneveld, une Saranaise de 47 ans, médiatrice familiale au service d’aide à la parentalité à Saint- Jean-de-la-Ruelle, est revenue de la maladie pleine de vie. Mariée, mère de deux enfants, cette Orléanaise d'origine garde néanmoins un goût amer de son calvaire… Celui d’une femme qui s’est sentie «violentée » et «lâchée» par le corps médical. Celui d’une femme qui aurait aimé être accompagnée face à «l’agressivité de la maladie» et «aux agressions institutionnelles». Elle raconte dans un livre, qui vient de paraître aux éditions Demeter, son “Mal à dire dans la traversée du cancer”. Pudique, elle ne veut pas accuser, juste témoigner... Le 14 février 2006, Véronique Voorneveld se découvre une boule au sein. Sa gynécologue lui explique qu’il peut s’agir d’un kyste bénin mais préfère l’orienter vers un radiologue. Lorsqu’il examine ses clichés, Véronique Voorneveld comprend immédiatement : «J’ai vu son attitude, il était dans l’empathie… On sent toujours une prudence mais il m’a dit “faudra pas garder ça, les contours sont opaques”» Quelques jours plus tard, Véronique subit une biopsie et le 22 février, sa gynécologue lui annonce ce qu’elle pressentait : un cancer du sein avec infiltrations. Débute alors une succession de coups durs : «Le cancérologue m’explique la chimio, la radiothérapie, l’IRM, la scintigraphie osseuse pour voir jusqu’où a été le cancer… On essaiera de conserver votre sein, mais bien sûr vous allez perdre vos cheveux…» Il se passe un mois : «On ressort comme un automate.» Habituée à écouter les familles avec leurs problèmes, Véronique ne dit rien de sa maladie. Jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée un an et demi. L’oncologue lui découvre une seconde tumeur, l’ablation ne peut plus être écartée. «Il n’y a pas de mot, on est anesthésié », se souvient-elle. Les séances de chimiothérapie mettent alors sa vie entre parenthèses. Toutes les trois semaines entre mars et fin août, Véronique enfile son petit chapeau, sa perruque, en prenant soin de se maquiller et file en ambulance à l’hôpital. «Les effets secondaires sont terrifiants. J’ai passé un an sans dormir, j’avais mal partout.» Après quatre cures de chimiothérapie, elle doit subir une opération : dix ganglions dans le bras gauche… Et encore quatre nouvelles séances, plus 28 jours de radiothérapie… Sans parler des complications, comme cette infection dentaire qui la fera consulter six entités médicales différentes. Pour finalement parvenir au bout du tunnel, fin 2006. «Il m’a fallu un an pour me reconstruire, j’ai repris ma vie normale en mai 2008 et en janvier 2009 j’ai choisi de passer à la reconstruction mammaire. On se dit encore une intervention ! Mais j’avais besoin de me sentir unifiée.» Aujourd’hui, Véronique Voorneveld est en rémission mais contrainte de suivre un traitement pendant cinq ans, avec des consultations médicales tous les six mois. De sa descente aux enfers, bien que très entourée par sa famille et ses amis, elle regrette surtout d’avoir été insuffisamment accompagnée : «les médecins n’expliquent pas assez, ils ne considèrent pas l’accompagnement humain comme essentiel. J’ai vraiment eu l’impression de n’être qu’un sein à bouboules !» Et au-delà des souffrances physiques, elle a aussi dû se «battre avec la mutuelle» et bon nombre «d’agressions institutionnelles». Véronique estime qu’il lui a manqué «un référent, pourquoi pas une infirmière ou un médecin dans le staff, en tout cas un vrai dispositif comme il en existe dans d’autres pays ! La médecine traditionnelle devrait peut-être s’allier avec la médecine alternative». En espérant que son livre pourra, «sans aucune prétention », permettre à d’autres femmes de vivre leur cancer autrement, Véronique Voorneveld dit aujourd’hui se sentir bien mais plus tout à fait comme avant. Quant à son mari, «il dit qu’il n’a pas eu le temps de lire mon livre mais que j’écris bien… » Véronique esquisse un léger sourire : «En fait, je crois que c’est encore plus dur pour lui que pour moi.»

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