Vente directe : de plus en plus d'agriculteurs s'y mettent ! 0
Publié le jeudi 28 janvier 2010 par : Tribune
Crise de l'agriculture et de la consommation...
la vente directe, un moyen
pour les producteurs de mieux vendre
leurs produits et pour les consommateurs d'acheter
la qualité à prix malin, est en hausse
chez les agriculteurs. Du côté de la chambre
d'agriculture du Loiret, aucune étude ne le
mesure en dehors du réseau Bienvenue à la
ferme qui propose la vente à la ferme et
compte 45 adhérents dans le département.
«Les demandes augmentent de 20% par an»,
explique Isabelle Dumé, en charge de la filière
courte, «le réseau a permis à certains agriculteurs
de passer à travers la crise». Antoine
Batista, éleveur de volailles à la ferme de
Bardy à Sandillon le confirme. Comme il produit
peu de volume, il ouvre sa ferme le vendredi
en fin de journée et vend sur les
marchés d’Orléans et de Fleury. En dehors de
ce réseau, la vente de l’agriculteur au consommateur
a le vent en poupe. «Pour 1 kg à
1,50€, le producteur ne touche que 50 centimes
chez le grossiste», observe Gilles
Mazuray qui aide son épouse maraîchère sur
les marchés d’Orléans, «le consommateur
économise 30% et peut bénéficier d’une qualité
mais aussi de recettes». «Cela fait 10 ans
que j’ai arrêté de travailler en coopérative car
il y a des frais fixes qui pèsent lourd»,
explique Christian Landré qui a repris l’exploitation
arboricole familiale de 8 hectares
des Hautes Gazonnières à Semoy en 1991.
«Progressivement, je me suis mis à la vente
directe. Je suis passé de deux marchés à
quatre. Si je vendais à un grossiste, je devrais
payer 10 centimes de plus par kilo de
pommes.» Les habitués viennent chercher
des cagettes à l’exploitation et pour le détail,
Christian Landré a ouvert, il y a 7 ans, un
magasin, Les Vergers de Semoy près de
la Barrière Saint-Marc. Pour lui, la vente
directe est l’essentielle de ses revenus mais il
ne ménage pas sa peine. «Mes parents travaillent
avec moi gratuitement, je n’ai qu’un
permanent. S’ils arrêtent, je suis obligé de
changer de métier !» En plus des marchés de
La Source et de St-Cyr-en-Val, il est présent à
Romorantin et a commencé à diffuser ses
pommes en jardinerie. «Cela permet d’équilibrer.
La vente directe se développe, le problème
est que la part de gâteau diminue.»
Même constat pour Gérard Michaud, président
de l'Association des Marchés de
l’Agglomération Orléanaise et maraîcher.
Depuis 30 ans, il commercialise en vente
directe et ce n'est pas prêt de changer. Il est
présent sur six marchés de l'agglo, ouvre ses
champs à la Racinerie à St-Cyr-en-Val à la
cueillette depuis 1980 et s'est même mis à la
vente par Internet. Son credo : vendre localement
et directement. «Seule la qualité résiste
à la crise, c'est un révélateur.» Pour lui, la
vente directe lui permet de conserver cinq
salariés sur son exploitation en dehors des
saisonniers. «Le consommateur ne paie pas
moins cher mais a la certitude d'avoir un prix
constant.»
La filière bio est particulièrement active en
vente directe. «Cela représente un producteur
sur deux sur la soixantaine d'exploitants»,
indique Cécile Belin, animatrice du groupement
des agriculteurs bio du Loiret (Gabor).
Sans oublier les Amap, associations basées
sur les relations entre consommateurs
et agriculteurs qui voient leur nombre
d’adhérents croître. Bref, il y a un retour de la
relation entre le producteur et le consommateur.
«Normal, la vente directe c'est le
développement durable avant l'heure !»,
ajoute Gérard Michaud.
Pour en savoir plus : www.bienvenue-a-laferme.
com, www.bio-centre.org, www.reseauamap.
org
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