Université d'Orléans : les mathématiques, c'est du concret ! 0
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Publié le jeudi 24 juin 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 Philippe Grillot est maître de conférences et chercheur au laboratoire de Mathématiques et Applications, Physique Mathématique d’Orléans (MAPMO) à l’université d’Orléans. Il est à l’origine de la créatio...

Philippe Grillot est maître de conférences et chercheur au laboratoire de Mathématiques et Applications, Physique Mathématique d’Orléans (MAPMO) à l’université d’Orléans. Il est à l’origine de la création du Centre Galois, un centre régional dédié à la popularisation des mathématiques. Une manière aussi de montrer aux jeunes que les mathématiques, c’est concret !

Philippe Grillot travaille sur des équations aux dérivées partielles. «Ce type d’équations a des applications en météorologie, pour comprendre la physique à l’intérieur d’un volcan dans la prévisibilité, en imagerie…», indique ce chercheur. Pour ce passionné qui a choisi d’exercer ce métier à cause de la beauté de la discipline, les mathématiques sont partout mais leurs finalités échappent souvent aux jeunes. «Nous travaillons depuis plus d’un an sur le projet du Centre Galois qui vise à pousser des jeunes à se projeter dans des études scientifiques. Nous les mettons en contact avec des chercheurs en mathématiques», explique Philippe Grillot, «les stagiaires sont des élèves brillants mais qui ne viennent pas d’un milieu social où les sciences sont envisagées pour les études supérieures.» L’idée est née lors de l’accueil d’une élève de 3e en stage dans son laboratoire. Avec l’aide de la Fédération Régionale des Maisons de Jeunes et de la Culture, Centre Sciences, l’Institut de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques, la fédération Denis Poisson, Animath, le rectorat et la Région, un stage d’une semaine, entièrement gratuit, est proposé à des lycéens de seconde. Pas de problèmes de maths comme au lycée. Le but est de leur permettre de découvrir en équipe des applications concrètes des sciences. Ils découvriront les objets fractals qui servent à l’art, à la physique, dans le codage mais aussi en médecine. «Dans les 20 prochaines années, on pourra faire le diagnostic d’une personne atteinte de tumeurs avec la géométrie fractale de ses tissus. De même, on s’est aperçu que la géométrie de la côte de Bretagne avait un effet assourdissant que l’on peut utiliser dans la conception des murs antibruit. » Les statistiques seront abordées mais aussi l’utilisation des mathématiques dans le codage «de la carte bleue ou de la sécurisation de la déclaration d’impôt sur le net.» «C’est mon ancienne professeure de maths qui a pensé à moi en entendant parler du centre», commente Alexandre Camus, 16 ans, l’un des dix stagiaires de la première cession du Centre Galois qui doit entrer en première S à Bourges. «Jusqu’à présent, je ne pensais pas que les mathématiques puissent être un métier. J’apprécie les exercices que l’on nous propose car ils se résolvent moins rapidement que ceux que l’on nous donne en classe mais ils ont des applications concrètes : nous allons voir un théorème qui a une application dans un ballon de foot !» «Le talent pour les mathématiques est comme une fleur de coquelicot, il peut apparaître n’importe où, un peu comme dans le sport», commente Philippe Grillot. Le choix de la marraine de ce centre, qui doit être inauguré l’année prochaine, est à cette image. Il s’agit de Virginie Bonnaillie-Noël, une jeune chercheuse de l’Institut de Recherches en Mathématiques de Rennes, Prix Joliot Curie 2009. «Je suis fille d’agriculteurs et ne connaissais pas ces métiers issus des mathématiques avant de me lancer. C’est pour cela que j’ai accepté», témoigne la chercheuse. Virginie Bonnaillie- Noël est loin de vivre dans un monde coupé de la réalité puisque sa thèse porte sur l’influence de la géométrie sur la supraconductivité. «Actuellement, je travaille avec plusieurs chercheurs pour comprendre l’influence des failles dans les blocs de béton. La modélisation mise en place utilise les mathématiques.» Son témoignage lors du stage suscitera peut-être de nouvelles vocations.


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