Une deuxième enquête publique pour la rue des Carmes 0
Publié le jeudi 21 juillet 2011 par : Tribune
Après un premier avis négatif, la SEMDO, aménageur de la ZAC Carmes-Madeleine pour la ville d’Orléans, va déposer une deuxième enquête publique sur l’alignement des façades de la rue des Carmes. Une décision qui provoque l’indignation des riverains et de l’opposition.
«La réponse n’a pas plu à la municipalité, alors elle recommence. C’est un vrai déni de démocratie !», s’indigne Corinne Leveleux-Teixera, conseillère municipale d’opposition PS. La nouvelle enquête publique portant sur la déclaration d’utilité publique de l’aménagement du secteur Carmes-Madeleine sera menée à partir de l’automne prochain, pour une réponse au début de l’année prochaine. Une première enquête avait été menée de juin à octobre 2010, avec un avis favorable du commissaire-enquêteur Michel Badaire. Celui-ci émettait toutefois des réserves sur les démolitions prévues dans la rue des Carmes. «Il aurait été intéressant de proposer une alternative avec une insertion de constructions nouvelles parmi le bâti ancien, afin d’en éviter la destruction et garder l’esprit du quartier», écrit-il dans son rapport. «S’il est absolument indispensable de démolir certaines constructions de la rue des Carmes, cela devra être d’une manière extrêmement réduite et mesurée».
«La réponse était très éloignée de la question posée», justifie Alain Carré, premier adjoint au maire en charge de l’urbanisme. «Le sujet a été mal compris au moment de l’enquête. Nous voulons une réponse plus précise et exploitable». «Si la copie est revue et corrigée, c’est une procédure normale», estime Michel Badaire.
Principale pomme de discorde de l’aménagement de la future ZAC : l’alignement des façades rue des Carmes, autrement dit la destruction de bâtiments (17 donnant directement sur la rue, une quarantaine en comptant les bâtiments situés en arrière-cour), afin d’agrandir la voirie. «Il s’agit de maisons très anciennes, dont certaines datent du Moyen-Âge !», s’indigne Olivier Marchant, président de l’association Aux Carmes citoyens. «En menant son projet à bien, la municipalité détruit toute la continuité historique qui pouvait exister des quais jusqu’aux Carmes, en sachant que c’est l’un des rares secteurs de la ville qui n’a pas été détruit durant la guerre». Outre le caractère patrimonial des lieux, le projet nécessite aussi que les propriétaires et locataires vident les lieux. «On veut me faire quitter mon appartement au 31 décembre», témoigne Christine Marty, locataire dans la rue, et propriétaire du magasin L’Atelier du piano. «Au départ, on nous a expliqué que c’était pour reloger quelqu’un d’autre, mais ça n’a pas de sens ! Je sais bien qu’Olivier Carré veut vider la rue». De son côté, le premier adjoint reste ferme sur les destructions.
«Au départ, j’ai n’ai pas été très clair sur l’aspect piétonnier ou non de la rue», reconnaît-il. «Mais même si la piétonisation de la rue est maintenant quasiment actée, l’emprise du tram reste très importante. Il faut que les gens puissent circuler entre le site Madeleine, future université, et le centre-ville».
Olivier Marchant, de son côté, souligne que dans sa partie la plus étroite, la rue des Carmes offre 2,20 m de trottoir aux piétons. Son association prône, en lieu et place de la destruction, la réhabilitation des bâtiments, «beaucoup moins chère, et bien plus cohérente. Nous vivons comme dans un petit village. Il ne faut pas détruire cet esprit !» Aux Carmes citoyens promet, pour cette nouvelle enquête publique, une mobilisation massive des riverains.
Michèle Colombel
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