Un plan ''urgence santé'' pour la Région 0
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Publié le jeudi 02 février 2012 par : Tribune

SANTÉ La Région se saisit de la problématique de la désertification médicale en adoptant un plan d'investissements visant à agrandir la faculté de médecine de Tours, à développer les maisons de santé pluridisciplinaires et à former plus de professionnels du secteur paramédical.

prévisualisation non-disponibleLa compétence n'est pas régionale. Mais devant la gravité de la situation -la région est désormais dernière de France en matière de densité médicale, avec 0,92 médecin pour 1.000 habitants, contre 1,1 en France- le Conseil régional a décidé de mettre en place un plan ''urgence santé''. «Nous avons la compétence de l'aménagement du territoire, et celui-ci ne peut se faire sans réelle politique de santé», explique François Bonneau, le président (PS) de la Région Centre. Lors de la session du jeudi 26 janvier, délocalisée pour l'occasion au Subdray, dans le Cher, celui-ci a créé la surprise, en annonçant un vote négatif de son groupe sur le Plan régional de santé présenté par l'Agence régionale de santé. «Il était très imparfait, avec des intentions pour certaines intéressantes, mais aussi beaucoup de flou concernant les actions et les moyens à mettre en oeuvre», commente François Bonneau.

Mais c'est la volonté de fermer la maternité du Blanc, dans l'Indre, qui a cristallisé les oppositions. Au final, seul le groupe ''Union pour la Région Centre'', mené par Hervé Novelli (UMP), aura émis un avis favorable sur le texte, dénonçant les «manoeuvres politiciennes» de la gauche régionale...qui pense peut-être déjà aux législatives, et à la réélection de l'ancien président de région (PS) Michel Sapin dans l'Indre.

Avec son plan ''urgence santé'', la Région souhaite «relever le défi de la présence médicale», avec comme objectif «un médecin pour 1.000 habitants en 2020», promet le président de Région, qui attend «une décision de l'État» concernant le relèvement du numerus clausus pour la faculté de médecine de Tours, de 230 à 300 étudiants par an. Sans attendre, la Région a engagé 12,6 M€ dans le financement du projet d'extension de la faculté tourangelle, sur un montant total de 15,25 M€, et a participé au financement d'une résidence pour les internes venant se former au CHR d'Orléans. Elle s'engage par ailleurs dans 50 projets de maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) pour la région à l'horizon 2013, et 100 à l'horizon 2020. «La création de logements dans ces MSP est également prévue», ajoute François Bonneau. L'aide aux étudiants venant effectuer des stages dans des zones sous-dotées sera elle aussi revalorisée. Les capacités de formation aux professions para-médicales augmentent, avec un objectif de 250 infirmiers supplémentaires et 250 aides-soignants supplémentaires en 2020, une augmentation du quota régional des étudiants kinés de 60 à 90 d’ici septembre 2013, et l'ouverture d'une école d’ergothérapeutes à Tours, de laquelle devraient sortir 30 diplômés par an dès 2015. Dernier volet du plan ''urgence santé'' : l'encouragement à la pratique de la télémédecine, notamment via le déploiement du très haut débit. Mais en matière de démographie médicale, l'incitation suffit-elle ? «Ces mesures peuvent faciliter les choses», répond François Bonneau, «mais peut-être faudra-t-il envisager, au niveau de l'Etat, des mesures plus contraignantes, notamment pour la répartition des internes sur le territoire national». 

M.C.

Médecins étrangers : la loi Door adoptée

Le texte de loi du député UMP du Loiret Jean-Pierre Door a été adoptée après un ultime vote au Sénat la semaine dernière. Ce texte autorise les 4.000 médecins étrangers (hors UE) présents dans les hôpitaux français à continuer à y exercer jusqu'en 2016 (théoriquement, cette autorisation devait prendre fin à la fin 2011). En revanche, le texte du député NC d'Eure-et-Loir Philippe Vigier, proposant des mesures contraignantes pour favoriser l'installation des médecins en zones sous-dotées, a été rejeté en fin de semaine dernière à l'Assemblée nationale.



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