Un habitat économe pour le bien de la planète 0
Publié le mercredi 09 septembre 2009 par : Tribune
45% de la consommation énergétique des Français se fait au sein de l’habitat
domestique. Chauffage, électricité, eau… A la maison, on consomme beaucoup...
On consomme trop. Certains gestes simples commencent à s’immiscer dans les moeurs,
mais cela ne suffit pas. De nouvelles énergies sont aujourd’hui exploitées via des
technologies sophistiquées ou bien de petits appareils très simples à installer. L’objectif est
clair : réduire les consommations, atténuer les émissions de gaz polluants, mais aussi
esquisser un avenir sans énergies fossiles
Isolation : le b.a-ba
« Pour économiser de l’énergie, la règle primordiale est l’isolation, surtout dans l’ancien », affirme Patrick Dubois, de l’Espace Info Energie à Tours. « On a environ 30% de déperdition de chaleur en cas de mauvaise isolation », poursuit-il. D’après la Direction Générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction, les principales pertes de chaleur se font par les parois (murs, planchers, toitures, portes, fenêtres), les systèmes de ventilation et d’aération (cheminées, etc) ou encore les « ponts thermiques » -des failles dans l’isolation, notamment dues la structure d’un bâtiment, et qui peuvent entraîner jusqu’à 40% de déperdition de chaleur. Un constat qui devrait encourager les particuliers à considérer l’isolation de leur habitat comme une priorité pour économiser l’énergie, avant même l’installation de panneaux solaires ou de poêles à bois. Et en matière d’isolation, les solutions écolos ne manquent pas. « Les maisons à ossature bois par exemple, sont très efficaces, parce que ce matériau est dix fois plus isolant que le béton », remarque Olivier Silberberg, spécialiste bois et énergie chez Arbocentre. Pas étonnant donc, que la laine de bois soit si prisée. Mais sur le marché des matériaux isolants « bio », elle n’est pas seule, loin de là. Laine de mouton, lin, chanvre, ouate de cellulose… Il y a du choix. On trouve même un isolant appelé « métisse », créé par Emmaüs à partir du recyclage de vieux vêtements ! Mais d’après Didier Lavergne, directeur du magasin Vitalité Habitat à Saint-Pierre-des-Corps, « le roi des isolants reste le liège, car il est imputrescible, durable dans le temps, fait preuve d’une forte résistance thermique et il absorbe les sons ». A tel point que le « Corkcoco », un mélange de liège et de coco, fait un tabac auprès des musiciens car il convient parfaitement pour insonoriser les studios de répétitions. Son prix s’élève à 24 € environ par m² de 40 mm d’épaisseur. Le liège seul coûte environ 7 € le m² pour une épaisseur de 20 mm, et environ 30 € le m² pour 100mm. La laine de mouton n’a pas les mêmes vertus, mais elle est beaucoup plus abordable, puisqu’elle coûte environ 12 € le m² pour 100 mm. « Les produits isolants écolos sont plus chers mais on ne peut pas vraiment les comparer aux produits traditionnels, car ils sont très différents, explique Didier Lavergne. Par exemple, 220 mm de laine de bois équivalent à 560 mm de laine de verre en termes de performance. Du coup, on doit en acheter deux fois plus ! Et puis, les matériaux naturels ont une durée de 30 à 50 ans, contre 10 ans environ pour les produits classiques. Donc, si on fait le calcul du remplacement de matériel avec les travaux, ces derniers reviennent plus chers au final ». Et comme les règlementations thermiques (RT 2005 et bientôt RT 2012), imposent des normes de plus en plus strictes, notamment en ce qui concerne les performances minimales requises pour l’isolation d’un logement, autant s’équiper correctement !
Espace Info Energie, 22 rue Blaise Pascal à Tours. Tél. : 02 47 60 90 70 et www.ademe.fr Arbocentre, avenue de la Pomme de Pin à Olivet (45). Tél. : 02 38 41 80 01 et www.arbocentre.asso.fr Vitalité Habitat, 122 av Jacques Duclos à Saint-Pierre-des-Corps. Tél. : 02 47 44 85 56. Direction Générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction. Tél. : 01 40 81 21 22 et www.logement.gouv.fr Pompes à chaleur : eau, terre et air
D’après l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), le chauffage et le conditionnement de l’air représentent 41% de la consommation électrique domestique d’un ménage récent. Une bonne raison d’adopter les moyens de chauffage écolos, comme les pompes à chaleur. Le principe est relativement simple : il s’agit de récupérer de l’énergie d’après le milieu environnant, soit dans l’air extérieur (aérothermie), soit dans le sol ou dans l’eau (géothermie). La pompe transfère ensuite cette énergie thermique à l’intérieur de l’habitat, dans l’air ambiant ou dans le circuit d'eau chaude de l'installation de chauffage. Ce système permet notamment d’alimenter les planchers chauffants. Selon le modèle une pompe à chaleur peut être installée à l’intérieur ou à l’extérieur du logement. D’après l’AFPAC (Association Française pour les Pompes à Chaleur), « 1kWh de chaleur produit par le biais d’une pompe génère environ 4 fois moins de CO2 qu’1 kWh de chaleur produit par une chaudière combustible ». Pour se procurer une pompe à chaleur aérothermique ou géothermique, il faut compter entre 800 € et 20 000 € selon le modèle et les conditions d’installation. Des sommes certes conséquentes mais relatives, puisque l’énergie captée par un tel système permet de réduire la consommation électrique de 65 à 80 % et peut même servir pour l’air conditionné grâce à une fonction réversible, sans porter atteinte à l’environnement.
Acclimatech, 76 avenue Gustave Eiffel à Notre-Dame-D’Oé. Tél : 02 47 49 25 18 AFPAC : www.afpac.org et ADEME : www.ademe.fr
Economies, une histoire d’eau
Economiser l’eau est devenu un enjeu primordial quant à la sauvegarde de la planète. Et là encore, les solutions sont nombreuses. Toute une panoplie d’appareils permet de réguler sa consommation. D’après la Fondation Nicolas Hulot et le site www.defipourlaterre.org, « en France, une personne utilise en moyenne 30 litres d’eau par jour pour ses WC, soit 20% de sa consommation quotidienne ». Avec la chasse d’eau à double débit, on peut choisir 3 ou 6 litres au lieu des 9 litres déversés à chaque fois par un système classique. A la campagne, les toilettes sèches sont la solution adéquate pour éviter de gaspiller la moindre goutte d’eau. Et aujourd’hui, ce type d’équipement s’est largement amélioré. Fini le trou au fond du jardin, désormais, il n’y a que la chasse d’eau qui différencie les toilettes sèches des toilettes classiques. Exit donc le manque d’esthétique, de confort et les mauvaises odeurs. En plus, ce système permet de produire gratuitement du compost pour le jardin - toutes les infos sont réunies dans le « Guide des toilettes sèches », édité par l’association Empreinte. Côté robinetterie, il existe des dispositifs qui permettent de réguler le débit et la température de l’eau. Une pomme de douche « éco » réduit le débit d’eau de 50%, un « mousseur » ou « aérateur » le réduit de 30 à 40% et un robinet mitigeur de10%. A titre d’exemple, « pour les douchettes, avec un petit mousseur, le débit est de 6 litres par minute, contre 20 litres sans, et on ne voit pas la différence, sauf lorsque l’on remplit une casserole : cela dure un peu plus longtemps », constate Didier Lavergne. « Les robinets thermostatiques sont très efficaces. Il suffit de programmer la température pour éviter de gaspiller l’eau pendant que l’on règle le chaud et le froid », explique Patrick Dubois. Les prix restent abordables : compter environ 25€ pour une douchette, 12 € pour un mousseur et environ 75 € pour un robinet mitigeur. Au jardin, il est aussi possible d’économiser l’eau, notamment via la domotique et les systèmes d’arrosages programmés. Enfin, grâce à des citernes -enterrées ou non, plus ou moins sophistiquées- il est possible de récupérer l’eau de pluie. Certaines sont équipées d’une pompe qui permet d’alimenter le jardin et même la maison à travers un réseau d’eau filtrée pour les WC, le lave-linge, etc. Cependant, les normes sanitaires n’autorisent pas à s’en servir pour l’usage alimentaire.
www.ikea.com Vitalité Habitat, 122 av Jacques Duclos à Saint-Pierre-des-Corps. Tél. : 02 47 44 85 56. www.defipourlaterre.org www. habitat-ecologique.org
Julie innato Chaudières : les alternatives
D’après Leroy Merlin, « les chaudières basse température et à condensation possèdent des performances supérieures aux modèles classiques et peuvent économiser jusqu'à 40 % d'énergie ». Mais si les premières ont quelques inconvénients, comme l’obligation d’adapter ses radiateurs ou encore le fait qu’elles ne soient plus éligibles au crédit d’impôt depuis janvier dernier, les secondes, les chaudières dites « à condensation », semblent n’avoir que des avantages. Elles fonctionnent avec des installations au gaz ou au fioul et permettent de réaliser jusqu’à 30% d’économies de combustible. Même leur prix est attrayant puisqu’elles ne coûtent que 3000 € environ avant crédit d’impôt. Elles fonctionnent en récupérant la vapeur d’eau présente dans les gaz de combustion. Cette vapeur chauffe alors les eaux froides qui reviennent des radiateurs, puis elle est évacuée. Ce système évite à la chaudière ce travail de réchauffement, et permet de faire baisser considérablement la température des fumées de combustion, ce qui est moins polluant. Le chauffage au bois a aussi le vent en poupe, car il est une solution alternative à l’exploitation d’énergies fossiles ou électriques. Le système se décline sous forme de chaudières, de cheminées ou de poêles, alimentés par des granulés, des plaquettes ou encore des bûches. « Ce système de chauffage marche assez bien, mais il est assez coûteux. Installer une chaudière à bois avec cheminée et dessileur coûte environ 20 000 €, main d’oeuvre et matériel compris », affirme Patrick Rigollet, artisan spécialiste en énergies renouvelables. Mais un tel investissement porte ses fruits, puisque ce type de chaudière permet de chauffer une maison entière ! En ville, il faut aussi songer au stockage de combustible. « Le bois déchiqueté est moins cher à l’achat que les granulés, mais il prend plus de place. Mais bon, au final, le bois sous n’importe quelle forme coûte moins cher que le fuel ou le gaz », remarque Patrick Rigollet. Enfin, pour ceux qui craindraient une éventuelle déforestation de la Touraine, qu’ils se rassurent, d’après Arbocentre, « avec 900 000 ha, la forêt occupe 23 % de la région Centre. Cette surface boisée s'est accrue de 40 % en un siècle avec une moyenne de 2 000 ha de plus chaque année depuis le début du XXème siècle ».
Leroy Merlin, 1 rue de Broglie à Tours Nord. Tél. : 02 47 49 10 10 et www.leroymerlin.fr Arbocentre, avenue de la Pomme de Pin à Olivet (45). Tél. : 02 38 41 80 01 et www.arbocentre.asso.fr Patrick Rigollet, La Fontaine du Vivier à Loches. Tél. : 06 30 54 40 73. www.comprendrechoisir.com
s'éclairer et produire son électricité : quelles solutions ?
Que la lumière soit… économique ! D’après une étude de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), « l’éclairage représente 11% de la consommation électrique des usages spécifiques d’un ménage ». Les ampoules classiques et les halogènes sont des lampes à incandescences, donc, bien plus énergivores que les autres. « En 2012, les lampes à filaments de tungstène disparaîtront, car elles chauffent et consomment de trop, explique Patrick Dubois, de l’Espace Info Energie. Elles seront remplacées par des ampoules à économie d’énergie ou des LED ». Ces dernières sont plus efficaces que les halogènes et durent plus longtemps. Quant aux lampes fluorescentes compactes, elles permettent de réaliser jusqu’à 75% d’énergie et durent 6 à 8 fois plus longtemps. Et les économies ne concernent pas seulement l’énergie : d’après le site www.malampe.org, « le remplacement d’une ampoule classique de 100 W par une lampe basse consommation de 20 W aura permis, tout au long de la durée de vie de la lampe, une économie d’énergie de 800 kWh, ce qui correspond à environ 88 €, soit plus de 2 ans d’éclairage gratuit ». Une autre solution permet de s’éclairer sans utiliser aucune énergie électrique : le puits de lumière. Le principe est simple, il s'agit de capter la lumière du soleil à l’extérieur de la maison et de la restituer à l’intérieur via un tube en aluminium qui traverse la toiture ou la façade. « Grâce à une feuille d’aluminium argentée et deux coupoles, la lumière du jour est restituée à 98% », explique Didier Lavergne, de Vitalité Habitat. Le système peut éclairer des surfaces plus ou moins étendues, de 10 à 60 m², et les prix varient en conséquence, de 650 euros environ pour un tube de 25 cm de diamètre à près de 2 000 euros pour les tuyaux les plus larges, autour de 60cm. Informations : Espace Info Energie, 22 rue Blaise Pascal à Tours. Tél. : 02 47 60 90 70 et www.ademe.fr Vitalité Habitat, 122 av Jacques Duclos à Saint-Pierre-des-Corps. Tél. : 02 47 44 85 56. www.malampe.org
L’énergie solaire sous les feux des projecteurs
Il existe deux types de panneaux solaires : les thermiques, qui servent à chauffer l’eau, et les photovoltaïques, qui permettent de produire de l’électricité. Ces derniers connaissent un certain succès, principalement parce que « c’est un moyen d’avoir un revenu annuel tout en contribuant à limiter l’effet de serre puisqu’on produit de l’énergie propre et cela permet de gagner de l’argent en revendant la totalité de l’énergie à EDF », explique Didier Sibille, gérant d’Heliotech Energies. Et en ce moment, EDF rachète le kWh à 60 centimes d’euro, une somme fort intéressante puisqu’un client EDF achète son électricité au tarif de 11 centimes d’euros le kWh. La marge est alléchante. « Le revenu dépend de la puissance installée, poursuit Didier Sibille. Par exemple, une installation de 3kWh permet de gagner entre 1800 et 2000 € par an ». Mais si le système connaît un relatif engouement, le coût d’installation peut rebuter. « Beaucoup de gens font faire des devis, mais lorsqu’ils voient le prix du matériel, de l’installation, de l’intervention du charpentier qui est quasi-systématique, en général, ils laissent tomber », déplore Patrick Rigollet, artisan spécialiste des énergies renouvelables. Pour des panneaux photovoltaïques permettant d’engranger 3kWh, il faut compter entre 24 000 et 27 000 euros, dont 80% uniquement pour le matériel... En ce qui concerne les panneaux thermiques, le CESI (Chauffeeau solaire individuel) s’avère être la solution la plus abordable, puisqu’il coûte environ 6 000 € et permet d’alimenter un ballon de 200 litres. Mais il doit être couplé à un autre type d’énergie, comme le gaz ou l’électricité. Quant au taux d’ensoleillement local, « il est suffisant, même s’il n’est pas aussi important que dans le sud, confie Christophe Roux spécialiste en chauffage et génie climatique. Pour amortir un panneau solaire thermique, il faut compter 5 à 10 ans ». Il existe aussi le « combi solaire », qui sert pour le chauffage de la maison, et pas seulement pour l’eau. Si le concept est intéressant, le prix, lui, l’est un peu moins : il faut compter jusqu’à 30 000 ou 40 000 euros. Et malgré les crédits d’impôts, ce système demeure très coûteux. D’autant que pour implanter les panneaux solaires du combi, il faut disposer d’une surface assez importante, une grande toiture notamment. Si ce n’est pas le cas, quand la toiture est trop petite ou si elle est située en zone d’ombre, à cause d’un autre bâtiment par exemple, on peut toujours installer des panneaux au sol ou sur une terrasse. Enfin, en matière d’équipement solaire, il existe deux labels qui garantissent des conseils et une installation de qualité : Qualisol pour les panneaux thermiques, et Qualipv pour le photovoltaïques. Informations : Heliotech Energies, 4 allée de Loches à Saint-Cyr-sur-Loire. Tél. : 02 47 51 04 27. Patrick Rigollet, La Fontaine du Vivier à Loches. Tél. : 06 30 54 40 73. Roux Ets, 105 avenue de Tours à Amboise. Tél. : 02 47 23 11 23.
Eolien domestique, une pratique dans le vent ? L’énergie éolienne permet de produire de l’électricité. Elle alimente de nombreux parcs en France, et désormais, les particuliers peuvent en installer dans leur jardin. « Dans la région, on n’a pas beaucoup de vent, constate Patrick Dubois. De plus, l’éolien domestique a un coût important et implique des contraintes techniques qui le rendent cher ». Cependant, ce type d’équipement est intéressant pour les personnes qui habitent dans des endroitsisolés. L’installation d’une éolienne leur évite un raccordement coûteux au réseau de distribution. Au final, l’éolien domestique reste une pratique marginale, notamment en région Centre, où seulement 16 installations de ce type ont été déclarées entre juin 2008 et avril 2009. Informations : www.krugwind.com www.developpement-durable.gouv.fr Des clichés pour mieux s’isoler La Jeune Chambre Economique de Tours (JCET) a lancé l’opération « J’isol’où » pour proposer aux citoyens une analyse précise et accessible des déperditions d’énergie de leur résidence. Le procédé, très perfectionné, s’appelle « thermographie aérienne à infrarouge », et il permet, grâce à des clichés spécifiques pris en altitude, de détecter les zones de déperditions thermiques des bâtiments. Les résultats de cet état des lieux, réalisé en mars dernier sur l’agglomération tourangelle, seront rendus publics lors du 37ème Salon de l’Habitat qui se tiendra du 18 au 20 septembre prochain sous le hall B du Parc des Expositions. Cette initiative devrait permettre à court ou à moyen terme de proposer aux citoyens une analyse précise des déperditions d’énergie de leur habitat, et donc de cibler les travaux d’isolation. Mais le but est aussi de sensibiliser les collectivités locales et donc de diminuer les coûts de fonctionnement des installations publiques, de respecter les engagements internationaux d’économie énergétique et donc de réduire l’émission de gaz à effet de serre. Jeune Chambre Economique de Tours L’Etoile Bleue, 15 rue du Champ de Mars à Tours. Tél. : 02 47 38 32 90 www.jcetours.orgDans la même catégorie
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