«Un besoin de serveurs et de cuisinier autonomes» 0
Publié le jeudi 22 avril 2010 par : Tribune
L’hôtellerie restauration
ressort comme l’un
des premiers pôle de recrutement.
Dans la région, 1715 projets
d’embauche ont été recensés pour
2010 par Pole Emploi. Mais la main
d’oeuvre manque... Entretien avec
Jean-Louis Jama, président de
l’Union des métiers de l’industrie
hôtelière (UMIH) dans le Loiret
Y a-t-il des besoins de recrutement
dans l’hôtellerie restauration ?
Oui, malgré les attaques auxquelles nous
avons dû faire face par rapport à la baisse
de la TVA, nous embauchons ! La crise a
néanmoins eu un impact puisque les chiffres
d’affaires ont, en moyenne, diminué
de 20% en 2009 dans le Loiret, mais nous
n’avons pas débauché comme d’autres
entreprises.
Quels sont les métiers les plus
recherchés ?
Nous avons surtout besoin de serveurs et
de cuisiniers autonomes. J’entends par là
des serveurs capables de gérer tout seul
une salle et des cuisiniers capables d’initiatives.
Parallèlement, nous manquons aussi
de femmes de ménage.
Quelles sont les difficultés et les freins
à l’embauche ?
Les difficultés sont nombreuses, notamment
dans la formation des salariés. Nous
souffrons encore d’une mauvaise image,
liée pour partie au rythme de travail
décomposé. Un cuisinier, en moyenne,
travaille de 9h à 14h30 puis de 18h à 23h,
ça fait des journées intenses et la vie
familiale peut en prendre un coup. Mais
l’Education Nationale a aussi une grande
part de responsabilité car elle nous envoie
tous ses échecs. Nous les accueillons
et nous les remettons en piste. Dans nos
métiers, un demandeur d’emploi avec peu
de diplôme peut s’en sortir très bien,
comme dans l’artisanat en général. De
nombreux chefs étoilés ont, par exemple,
débuté sans diplôme. Le tout c’est d’avoir
l’envie, trop de gens viennent dans la restauration
par défaut et sans motivation.
Quels sont les principaux critères
dans le recrutement ?
C’est avant tout une question de passion.
Le type passionné y arrive toujours ! Il faut
aussi savoir communiquer son envie au
client, c’est un métier d’amour de faire la
cuisine... Côté diplôme, un CAP au minimum
est recommandé. Le plus adapté reste
néanmoins le brevet professionnel tandis
que le bac pro c’est plus pour manager.
Quels sont les salaires ?
C’est très variable. Le salaire horaire
de base, c’est-à-dire niveau 1 échelon 1
dans notre grille, est de 8,92€brut (ndlr:
le Smic horaire brut s’élève à 8,86€).
Disons qu’en moyenne, le salaire moyen
tourne autour de 1200€. Mais un serveur
qui tourne bien, selon son expérience, peut
toucher 1500 euros. Et il y a aussi les avantages,
comme les repas sur place, et une
personne compétente peut se vendre et
s’exporter. Nous perdons d’ailleurs beaucoup
de nos très bon éléments qui partent
à l’étranger. Il y a l’attrait du voyage
et du salaire car la cuisine française est
chère avec des marges moins importantes
qu’en Italie par exemple. J’ai mené ma
petite enquête : sur un menu à 11€, il reste
1 euro dans la poche du restaurateur quand
il a tout payé, ses employés et son loyer.
Une reconversion est-elle possible
lorsque l’on vient de l’industrie ?
Oui bien sûr. Nous voyons de plus en plus
de salariés à l’AFPA (association pour la
formation professionnelle des adultes)
qui se reconvertissent. Nous embauchons
tout le monde, d’ailleurs si la conjoncture
repartait nous aurions un manque important
de main d’oeuvre !
Existe-t-il de nouvelles formations ?
Nous venons justement de créer, avec
la CCI du Loiret, la préfecture et Pôle
Emploi, une formation de commis de salleplongeur.
Comme nous peinons à trouver
des serveurs, nous allons mettre le pied à
l’étrier aux motivés. C’est tout à fait novateur
dans le département ! Cette formation,
de 5 mois avec une partie en alternance,
sera accessible dès la rentrée prochaine
à l’AFPA.
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