Un air de bouffonnerie avec Cosi fan tutte de Mozart 0
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Publié le jeudi 16 avril 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

L'un des derniers opéras de Wolfgang Amadeus Mozart s'installe au Grand Théâtre pour deux représentations les 16 et 17 avril. Lorenzo da Ponte, avait écrit le livret en italien de cet opéra dont la première représentation, en 1790, fut très applau... L'un des derniers opéras de Wolfgang Amadeus Mozart s'installe au Grand Théâtre pour deux représentations les 16 et 17 avril. Lorenzo da Ponte, avait écrit le livret en italien de cet opéra dont la première représentation, en 1790, fut très applaudie. Malheureusement, la mort de l'empereur un mois plus tard entraîna la fermeture des théâtres pour deuil, et provoqua l'oubli momentané de cette oeuvre. Malgré des mélodies enjoués et un livret considéré pire que marivaldien, Cosi fan tutte est en réalité une oeuvre cynique et très ambiguë, reflétant les doutes profonds de Mozart sur les questions de l'amour, du mariage et de la fidélité, et composée dans un contexte plutôt macabre, celui de la perte de son père et de plusieurs amis. Ne percevant pas cela, d'aucuns considérèrent cette oeuvre comme une bouffonnerie grivoise, si ce n'est immorale.

Plus tard, Mahler et Strauss la réhabiliteront, comprenant la profondeur cachée de cet opéra en deux actes. Les novices pourront donc se laisser séduire par la magie de la musique du compositeur autrichien, tout en appréciant autant que les plus avertis la mise en scène originale d'Yves Beaunesne, qui a choisi le décor d'une institution anglaise des années 1950 et insiste, ainsi que le musicien François Bazola et le directeur Pierre-François Roussillon, pour réadapter la partition, en privilégiant les instruments à vent, comme Mozart lui-même l'avait fait. Le livret tragicomique raconte l'histoire de deux jeunes amoureux qui vont tester, selon les conseils pervers d'un ami plus âgé, la fidélité de leurs fiancées, avec l'aide de la gouvernante de ces dernières. Le but étant bien sûr de démontrer que les femmes, « toutes les mêmes », ne sont qu'inconstance (« Cosi fan tutte » signifiant « elles font toutes ainsi »). Comme dans les pièces de Shakespeare, le spectateur s'attend à chaque instant à voir l'histoire tourner au drame, ce qui lui donne son intensité et l'éloigne, quoi qu'on en dise, d'un marivaudage trop évident. Le décor en bois, intimiste, et l'excellente distribution donnent enfin leur chaleur à cette pseudo-tragédie, l'empêchant de tomber dans la froideur cynique qui rejaillirait du message que Mozart essayait de faire passer à travers un chef-d'oeuvre semblant trop léger au premier abord.

Chloé Chateau

Wolfgang Amadeus Mozart, Cosi Fan Tutte, jeudi 16 et vendredi 17 avril à 20h au Grand Théâtre à Tours. Livret de Lorenzo da Ponte, adaptation pour quinze instruments, Ensemble PhilidOr d'après l'effectif instrumental de la Gran Partita pour instruments à vents, KV361. Direction musicale : François Bazola ; mise en scène : Yves Beaunesne. Tarifs encore disponibles : 14 et 17€. Tarif dernière minutes pour les moins de 26 ans une demi-heure avant le début du spectacle : 7€. Billetterie du Grand Théâtre : par téléphone au 02 47 60 20 20. ou par mail : theatre-billetterie@ville-tours.fr.


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