Tri sélectif : vers une petite révolution dans l'agglomération 0
Publié le jeudi 02 juillet 2009 par : Tribune
Grand chamboulement du tri des déchets en perspective dans l'agglo d'Orléans : le service va être optimisé avec une nouvelle chaîne de tri et de nouveaux bacs, le tracé des circuits sera refondu et une douzaine d’ambassadeurs du tri devraient être embauchés par l’AgglO. Au centre de cette petite révolution, le plan d'optimisation des collectes qui entre dans sa phase d'achèvement. Premier constat : le tri sélectif est aujourd'hui très disparate selon les secteurs et communes de l'agglo. Quartier Saint- Marceau à Orléans, comme à Saint-Jeande- la-Ruelle, le ramassage des déchets ménagers recyclables (DMR) a lieu trois fois par semaine, tandis qu’une autre partie d’Orléans et Saint-Jean-le-Blanc ne figurent pas sur le circuit de collecte en porte à porte. Autre situation, à Saran, les habitants n'ont pas de containers de tri sélectif, ils utilisent des sacs en plastique. Explication : lors du transfert de la compétence «déchets ménagers» des communes à l’agglomération, décidé en 1999, les circuits de collecte n’ont pas été modifiés. «On a perdu 8 ans à Orléans pendant lesquels il ne s’est rien passé, c’est catastrophique et maintenant on rame», témoigne Marie-Thérèse Noël, élue (Verts) d’opposition à Orléans qui déplore l’absence de «réelle volonté politique ». Jean-Philippe Grand, également élu (Verts) d’opposition, en charge d’un groupe de travail sur la prévention des déchets, souligne qu’il s’agit aujourd’hui «de rattraper le retard pris lors du dernier mandat». Pour y remédier, les élus de l’AgglO planchent sur deux objectifs : réduire les déchets en faisant de la prévention et généraliser la collecte sélective. Cinq secteurs de collecte, en rupture avec un héritage commune par commune sont en train d’être finalisés, en fonction de la densité de population.
«L’idée majeure c’est de passer en collecte multi matériaux, pour faciliter le travail global, et de le généraliser aux 22 communes», explique Christophe Chaillou, vice-président (PS) de l’AgglO en charge de la commission de gestion des déchets. En clair, de trois poubelles aujourd’hui, les habitants passeraient à deux : une poubelle (grise) pour les déchets résiduels et une poubelle (verte) pour les DMR à l’exception du verre. Mais cette évolution nécessite que l'AgglO modernise l’Unité de traitement des ordures ménagères (UTOM) de Saran, moyennant 5 millions d'euros : «actuellement, les multi matériaux ne peuvent pas y être traités, ils sont emmenés à Mur-de-Sologne ce qui représente un coût environnemental puisque les camions reviennent à vide», résume Jean-Philippe Grand. Là où ça coince, c’est que les investissements doivent se faire à coût constant, en respectant «le grand équilibre» voulu par la majorité de l’AgglO. Le risque étant d’augmenter la Taxes des ordures ménagères (TOM), adossée à la taxe foncière et dont le taux (8,73%) est inchangé depuis 2005. Selon plusieurs élus, le grand équilibre commence par l’application de la redevance spéciale… Laquelle est censée être acquittée par toutes les entreprises de l’agglo produisant plus de 1 100 litres de déchets par semaine, selon le principe du pollueur payeur. Or, selon plusieurs sources bien informées, «seule une centaine d’entreprises la payent alors qu’environ 2 000 sont théoriquement concernées, soit un manque à gagner de plusieurs millions d'euros. Il y a un clientèlisme et pas de volonté politique de la faire appliquer !» Interrogé sur cette question, Charles-Eric Lemaignen, président (UMP) de l’AgglO, rappelle que «la négociation est complexe, on doit gérer les strates de l'histoire et ça prend du temps». Il ne confirme ni n’infirme l’information sur la redevance spéciale mais il rappelle que les sociétés en question payent déjà toutes la TOM et que «le diable est dans les détails». La copie des élus de l'AgglO sera remise courant septembre.
Le plan départemental des déchets ménagers en cours de révision
Le Conseil Général révise depuis fin 2006, en vue d’une présentation au second trimestre 2009, le Plan départemental des déchets ménagers, datant de 2002. Ce plan fixe les orientations des années à venir. Deux enjeux ont été identifiés dans le Loiret : la prévention des déchets et la gestion de l’incinération à l’Est du département. Car sur les 4 incinérateurs du département (Saran, Amilly, Pithiviers), celui de Gien Arrabloy ne traite que 55 000 tonnes par an alors que sa capacité est de 80 000 tonnes.
Le volume de tri augmente de 28% en 7 ans dans l'agglo
Entre 2001 et 2008, le volume de déchets sélectifs triés a augmenté de 28% dans l'agglomération d'Orléans. Ainsi, en 2008, 15 978 tonnes de DMR ont été traités, contre 15 610 en 2007 (+ 2,4%). En moyenne, 506 kilos de déchets ont été produits par an et par habitant en 2008, contre 514 en 2007, ce qui tend à montrer que les ménages trient mieux. Mais il reste des progrès à faire, notamment sur le verre, trop souvent jeté avec le tout-venant...
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