Transports en commun: l’AgglO choisit Keolis 0
Publié le mercredi 13 juillet 2011 par : Tribune
L’AgglO a préféré la société Keolis à l’actuel délégataire Veolia/Transdev pour la gestion des transports publics orléanais, après une année marquée par une baisse de fréquentation, et une nouvelle hausse de la contribution de l’agglomération orléanaise. Quant aux 734 employés, ils s’inquiètent pour leurs conditions de travail.
Deux entreprises étaient en concurrence pour l’attribution du marché des transports publics orléanais : l’actuel délégataire SETAO, filiale de Veolia Transdev, qui gère le réseau orléanais depuis 2003, et Keolis, déjà gestionnaire des réseaux bordelais ou nantais.
Principal critère de choix pour Charles-Éric Lemaignen, le président de l’AgglO : «l’intégration d’une offre de location de vélos à l’année et de voitures auto-partagées». Une offre notamment proposée par Keolis à Lille ou à Pau. «Nous voulions proposer une solution de mobilité complète», explique Pierrick Poirier, chef de projet Keolis, en charge du dossier orléanais. Autres critères de premier plan : «la qualité du tracé et de l’offre, et la qualité de la proposition en matière de développement durable».
«Le niveau de la contribution a aussi été l’un des critères pour le choix du délégataire», poursuit Charles-Éric Lemaignen. La hausse constante du budget transport de l’AgglO inquiétait en effet les élus, à commencer par Michel Martin, vice-président de l’AgglO en charge des finances.
D’un montant de 47,3 millions d’euros en 2011, celui-ci passe à 46,3 millions en 2012, en incluant le coût annuel de CLEO (soit 3,4 millions d’euros). Le contrat, d’une durée de sept ans, court jusqu’en 2018. D’ici là, l’engagement de Keolis est d’augmenter le nombre de passagers de 25%.
Du côté des salariés, l’arrivée de Keolis inquiète. «Leur réputation de ‘’casse sociale’’les précède», s’inquiète Patrick Cabot, délégué Sud-SETAO. «La clause de reprise des salariés n’est valable qu’un an. Après, tout est possible...»
«Le réseau lyonnais, auparavant géré par Veolia, a été repris par Keolis. Aussitôt après, ce dernier
a dénoncé tous les accords d’entreprise !» fait remarquer Jérôme Piedefert, délégué UNSA.
«Nous rembauchons évidemment tous les salariés, à leurs conditions de travail actuelles», répond Pierrick Poirier. «Quant aux accords d’entreprise, ils seront conservés. Nous avons le souhait que le projet de Keolis devienne un vrai projet d’entreprise».
Pas question d’ailleurs pour les syndicats de batailler pour Veolia/Transdev. «Certains réseaux se sont mis en grève pour conserver leur délégataire. Ca ne sera pas notre cas», lâche Patrick Cabot. «Depuis deux ou trois ans, la société est dans une attitude de défection, que ce soit pour les employés ou pour les usagers». Lui se dit prêt à aller «à l’affrontement» avec Keolis si nécessaire, même si, plus que le délégataire, c’est la politique de
la communauté d’agglomération qui inquiète.
«J’ai le sentiment que l’AgglO a la volonté de sans cesse réduire les coûts», glisse Jérôme Piedefert. «La renégociation du marché va modifier nos conditions de travail et nous sommes conscients qu’il faut s’adapter. Mais les salariés ne doivent pas faire les frais de la volonté de l’AgglO de faire mieux avec moins cher». Même son de cloche chez les élus de l’opposition : «Au lieu de vouloir dépenser moins, dépensons mieux !», estime
le maire (PS) de Saint-Jean-de-Braye David Thiberge. Le projet du nouveau délégataire sera soumis au vote du Conseil d’AgglO à l’automne prochain.
Michèle Colombel
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