Serge Grouard : tentative de bilan de dix ans de pouvoir municipal 0
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Publié le vendredi 24 juin 2011 par : Tribune

Catégories : politique

En 2001, Serge Grouard est élu à la mairie d’Orléans. Peu de gens attendaient ce haut fonctionnaire «parisien», spécialiste des affaires spatiales, dans le fauteuil d’un élu local. Urbanisme, gouvernance municipale, sports : en dix ans, le maire UMP a imprimé sa marque.Serge Grouard et Orléans, retour sur une décennie mouvementée de vie en commun.

Les Bords de Loire, le centre-ville ancien, le chantier de l’hôpital à 700 millions d’euros, le projet de transfert de l’université en centre-ville, la refonte du quartier de...

Les Bords de Loire, le centre-ville ancien, le chantier de l’hôpital à 700 millions d’euros, le projet de transfert de l’université en centre-ville, la refonte du quartier des Halles Chatelet, les opérations de rénovation urbaine à La Source et sur l’Argonne, qui à elles seules représentent des investissements de près de 300 millions d’euros... Quand Serge Grouard est arrivé aux affaires, la capitale régionale transpirait d’une lourde «couleur de grisaille».

Certes, le chantier de la rénovation du centre-ville avait été esquissé par Jean-Pierre Sueur, son prédécesseur PS, mais l’essentiel restait à faire. «En dix ans, jamais on n’a autant investi dans le logement que depuis la reconstruction de l’après-guerre» tient à souligner Serge Grouard. À Orléans, la volonté d’embellissement a été permanente, des quartiers défavorisés au centre-ville, avec l’annonce curieusement tardive de réfection de la place du Martroi en bien piteux état. Alors, en dix ans Serge Grouard a lancé beaucoup de projets, de chantiers. Il a aussi été contraint de reculer sur certains dossiers face à la montée des oppositions. Sur les trémies Jaurès, «c’était le dossier de trop de ce mandat».Sur la rue des Carmes, après une préférence affichée pour la mise en semi-piétonnisation, Serge Grouard a fait machine arrière, l’évidence urbanistique l’emportant sur un positionnement électoraliste (les commerçants veulent toujours des autos en ville). Sur le dossier tant controversé de l’Arena, le maire d’Orléans, face à la levée de boucliers des riverains a finalement choisi le site de Famar... «Je ne suis pas maire pour déstabiliser les Orléanais mais pour faire l’inverse !», s’explique t-il, pragmatique sur ces changements de posture. Mais sur le fond, Serge Grouard, reste un maître de la politique du fait accompli. Il mûri une certitude. Et lance les dossiers, mobilise les élus alliés et tant pis s’ils ne sont pas convaincus. 

Ensuite, il faut bien accommoder la réalité aux projets qui avancent. Avec les risques que cela suppose. Emblématique de la méthode Grouard : le projet Arena (voir encadré ci-dessous) . Pour piloter la ville, la maire peut compter sur un quatuor d’élus aux compétences indiscutables. Une telle addition de talents est exceptionnelledans une ville de la taille d’Orléans. Florent Montillot, adjoint (NC) au maire en charge de la sécurité peut exhiber un bilan incontestable sur le front de la lutte contre la petite délinquance. Et qu’importe si le comportement «fougueux» de son élu étonne, amuse ou inquiète les locaux. Serge Grouard assume. «Sur les questions de sécurité, j’entends beaucoup de choses. Je dis simplement de regarder où ça marche...»

À la liste des adjoints, il faut ajouter, Olivier Carré, l’héritier d’une dynastie locale d’élus anciens propriétaires de la République du Centre. Le député UMP, un «parisien» revenu au pays a pris à bras le corps les dossiers de rénovation urbaine de La Source. Sur le front de la gestion, il y a Michel Martin; patron du cabinet d’expertise comptable Orcom devenu grand argentier de la ville d’Orléans. Une fiscalité stable, des investissements en hausse, une dette contenue à un faible niveau. Un Michel Martin qui ne fait jamais dans la dentelle. L’homme est autoritaire, cassant, il est partout et utilise ses relations pour asseoir l’assise de la ville sur les clubs sportifs locaux. Avec bien sûr, un engagement permanent pour l’OLB. Là encore un choix stratégique assumé par Serge Grouard.

Dernier membre du quatuor : l’UMP Charles-Eric Lemaignen. Lui aussi est l’héritier d’une vieille dynastie de la droite orlénaise. Il a arraché à Serge Grouard la présidence de l’agglomération. Son sens de la diplomatie, sa capacité à supporter les sautes d’humeur ou les prises de position impromptues de Serge Grouard lui ont permis de durer et au fil du temps de capitaliser une confortable cote de sympathie et de mettre en oeuvre une nouvelle ligne de tram, en faisant fonctionner au quotidien une agglo où la gauche est de plus en plus présente. C’est peut-être d’ailleurs le plus grand succès du maire d’Orléans : avoir réussi à maintenir la cohésion d’une politique au milieu des ambitieux. Alors évidemment, pas question pour Serge Grouard de rompre cette fragile cohésion en prenant partie pour les futures législatives de 2012. Pour l’heure, il se contente de fixer le cap sur l’achèvement des grands chantiers. L’hôpital, le tramway qui va redessiner en partie la physionomie du centre-ville, le transfert de l’université sur le site Madeleine... Pas question non plus de se déclarer candidat à un troisième mandat pour l’instant.

Serge Grouard franchira t-il le pas pour rallier le centre et quitter l’UMP dont il «ne partage pas toujours les orientations» ? Pas si sûr. Reste que ce «gaulliste social», passionné de développement durable, met en oeuvre une politique sécuritaire forte et très affichée. De quoi nécessiter un dosage politique subtil. Mais en dix ans, Serge Grouard est aussi passé maître dans l’art d’adapter son discours à ses différents interlocuteurs en renonçant très rarement à ses objectifs.

L.R.


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