Sénatoriales : la gauche part favorite 0
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Publié le jeudi 16 juin 2011 par : Tribune

Catégories : politique

Dans un contexte local et national favorable, la gauche devrait réussir à conserver deux élus au Palais du Luxembourg le 25 septembre. Depuis 2001, le département s’est modifié, avec un changement de majorité au conseil général et dans plusieurs communes. La droite peut tout de même miser sur le sortant UMP Dominique Leclerc et le président des maires, Pierre Louault, centriste.

Le socialiste Yves Dauge, 75 ans, ne se représentera pas, mais le candidat Jean Germain (photo), maire de Tours et président de l’agglomération, logiquement lui succéd...

Le socialiste Yves Dauge, 75 ans, ne se représentera pas, mais le candidat Jean Germain (photo), maire de Tours et président de l’agglomération, logiquement lui succéder au palais du Luxembourg. Jean-Jacques Filleul (maire de Montlouis) est aussi en course, ainsi que la sénatrice communiste sortante et maire de Saint-Pierre-des-Corps, Marie-France Beaufils. Le 17 juin, les communes vont élire près de 1 500 délégués municipaux pour composer le collège électoral des sénatoriales du 25 septembre, et la gauche est clairement favorite. L’idée de rafler les trois fauteuils n’est d’ailleurs pas écartée : « Le visage électoral de l’Indre-et-Loire a changé depuis 2001, tout le Val de Loire a fait confiance à la gauche aux municipales et aux cantonales » explique Vincent Tison, secrétaire fédéral du PS 37. Outre l’agglomération et le conseil général, la gauche est majoritaire dans des villes moyennes comme Ballan-Miré, Fondettes ou Langeais. « La gauche est aussi rurale, là où nous étions en faiblesse. »

À droite, on ne dément pas : « Il y a 20 ans, beaucoup de petites communes étaient représentées par des personnes du monde agricole, plutôt à droite. Maintenant, on voit davantage des gens issus de la fonction publique, des retraités de l’Éducation nationale, qui votent naturellement à gauche » explique Philippe Briand, le président de la Fédération départementale UMP.

En 2001, le scrutin proportionnel avait favorisé la gauche, engagée sur une liste d’union face à la droite divisée en trois groupes. Cette année, le retour d’une élection uninominale majoritaire change la donne. Marie-France Beaufils pourrait être la première à en faire les frais. Représentante communiste, elle a peu de grands électeurs soutenant ses couleurs. « Ce mode de scrutin handicape ceux qui ne sont pas au PS ou à l’UMP, ainsi que les femmes car la parité n’existe pas, analyse l’élue communiste. Mais je suis dans une situation où les grands électeurs me connaissent. Nous verrons s’ils sont satisfaits de mon mandat. » Elle estime possible la conservation des deux sièges par la gauche. « Prendre trois sièges serait complexe. Je suis d’un naturel très optimiste, mais également réaliste » s’amuse-t-elle.

Le patron de l’UMP locale parie sur un siège à droite, un pour la gauche, et l’autre en ballotage. L’analyse est prudente. Philippe Briand n’imagine pas reprendre les trois postes détenus par son camp avant le scrutin de 2001, mais ne voit pas non plus la gauche rafler les trois tickets d’Indre-et-Loire à destination du Palais du Luxembourg. « Nous pouvons peut-être obtenir deux postes... » Et Philippe Briand compte sur la qualité humaine des candidats investis pour faire la différence : « 30 à 40 % des grands électeurs ne sont pas politisés et voteront pour des gens dont ils se sentent proches. » En l’occurrence Dominique Leclerc pour l’UMP (candidat sortant), et Pierre Louault au Nouveau Centre, influent président de l’Association des maires d’Indre-et-Loire. « Je crois que ce nouveau scrutin uninominal nous est favorable, mais il faudra être en phase avec nos élus des conseils municipaux » déclare Dominique Leclerc. À titre individuel, Jacques Mérel, maire UMP de la Membrolle-sur-Choisille, s’est déclaré depuis quelques semaines. Yolande de la Cruz également, divers droite et femme du maire d’Azay-sur-Cher. Henri Zamarlik, maire centriste de Saint-Paterne-Racan et conseiller général, pourrait s’engager aussi, soit cinq candidats au total.

Le secrétaire fédéral du PS ne veut pas se livrer au jeu des pronostics, mais avoue se préparer au meilleur score : « Vous dites deux, on pense à trois. » Philippe Briand, lui, évalue la concurrence : « Jean Germain aura l’inconvénient d’être le candidat de Tours et ses villes. Marie-France Beaufils bosse beaucoup, mais seulement 5 % des électeurs français sont communistes, proportion est à peu près identique chez les grands électeurs. Le troisième, Jean-Jacques Filleul (maire de Montlouis), est bien connu dans son secteur, moins ailleurs. » À Paris, la gauche n’attend qu’une chose : que le Sénat bascule dans son camp.

Anthony Defois


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