Ségolène Royal incontournable vainqueur en Touraine 0
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Publié le mercredi 12 novembre 2008 par : Tribune

Catégories : politique

« On essaie de se calmer ! » Jean-Patrick Gille, le patron « royaliste » de la fédération, convenait qu'après un congrès départemental mouvementé, – mais que du classique au sein d'une fédération d'Indreet-Loire qui en a vu d'au...

« On essaie de se calmer ! » Jean-Patrick Gille, le patron « royaliste » de la fédération, convenait qu'après un congrès départemental mouvementé, – mais que du classique au sein d'une fédération d'Indreet-Loire qui en a vu d'autres – il s'employait à rassembler... Le mot magique. Mais après un discours, jugé parfois à la limite de la provocation pour les tenants de la ligne Aubry, JPG a du pain sur la planche. Explications. La victoire des partisans de Ségolène Royal est incontestable. Sa motion a recueilli près de 39 % des voix des adhérents socialistes lors du vote du 6 novembre... Dix points de plus qu'au niveau national.

Et dimanche dernier, lors du congrès départemental de Notre-Dame-d'Oé, Jean Germain, maire de Tours et locomotive de la motion emmenée par Bertrand Delanoë (18 % des voix en local), a annoncé à la tribune qu'il entendait respecter le vote des militants. Conséquence a priori prévisible de ce ralliement : même en cas de résistance dure des tenants de la motion Aubry (Claude Roiron) qui peuvent compter sur le soutien des socialistes partisans de Benoît Hamon, l'Indre-et-Loire sera bien un fief acquis à l'ancienne candidate PS à la présidentielle... Et Jean-Patrick Gille, patron de la fédé, et principal soutien tourangeau de Ségo, devrait être reconduit le 20 novembre prochain à son poste... Sauf si le congrès de Reims accouche d'une énorme surprise. Reste qu'en Touraine, le vote des adhérents du PS constitue un désaveu pour les élus locaux qui ont pourtant remporté avec brio les derniers rendez-vous électoraux. Jean Germain, accompagné de quelques élus de poids de l'agglo, soutenait le camp Delanoë. La motion arrive en 4ème position... Etonnant : Jean Germain n'a pas été suivi, y compris par les adhérents du PS de sa bonne ville de Tours.

Même chose pour Claude Roiron, la nouvelle présidente du conseil général incarne localement la motion Aubry, celle-ci est devancée par la motion Hamon (21,5%), plus à gauche, qui ne bénéficiait d'aucun soutien local de poids. « Les militants veulent un parti rénové qui parle enfin d'une voix unique. Finissons-en avec la cacophonie des derniers mois disent-ils et c'est pour cela qu'ils ont voté Ségolène... Le problème, c'est que le ralliement de la motion Delanoë-Hollande qui semble se dessiner, c'est un peu comme la glu... », analysait un élu de Tours. Autant dire pas très attractif pour des militants qui ont envie de tourner la page François Hollande, avec ses synthèses introuvables qui ont placé le PS dans un état de totale léthargie. Jean Germain, à la tribune du congrès départemental a pris acte de l'état d'esprit de ses troupes : « la victoire de Ségolène Royal, même si elle est loin d'être majoritaire, marque la fin d'une époque ». Et le même d'appeler à un respect absolu du vote des militants. Reste que le congrès d'Indre-et-Loire vient souligner, à quelques jours de l'ouverture du congrès de Reims, une contradiction de plus en plus intenable au sein du PS. Une bonne partie de la base militante est plus que jamais attirée par une ligne « gauchisante » ou « historique », avec une Claude Roiron qui, à la tribune du congrès, en appelait à l'école laïque, à un service public fort, à un PS recentré à gauche... Et la plupart des élus locaux - qui ont souvent gagné leur municipale grâce à une alliance avec le Modem - savent bien qu'au jeu du « plus gauchiste que moi tu meurs » le PS est « invendable » auprès de l'électorat et surtout peu crédible à long terme. Ainsi, Jean Germain rappelait dimanche : « ne tombons pas dans le molletisme, à gauche pendant les congrès et ensuite on oublie ». Lui sait bien, avec les rocardiens et les partisans de DSK que le parti socialiste français ne peut compter que sur un nombre très limité d'adhérents – contrairement aux partis socio-démocrates d'Allemagne et d'Autriche – et que sur une ligne « gauchisante », il est seul en Europe... Donc incapable d'impulser une ligne politique crédible.


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