Sécheresse : les professionnels du tourisme fluvial gardent le sourire 0
Publié le jeudi 21 juillet 2011 par : Tribune
Les pluies des derniers jours ont permis de stabiliser le niveau de la Loire. Le débit de 90 m3 par seconde enregistré en ce moment à Gien (Loiret) est artificiellement maintenu à50 à 60 m3 par seconde par la Direction régionale de l’Environnement, de ménagement et du Logement (Dreal) qui constitue ainsi des réserves d’eau. Et quand bien même, si le niveau de Loire est bas, le moral des mariniers
Le tourisme fluvial a la cote : le nombre de passagers naviguant sur la Loire, le Cher et la Vienne a presque doublé depuis 2004. Cependant, la sécheresse, et notamment de la Loire, a fait craindre le pire aux professionnels du tourisme. « L’étiage cette année était assez sec. On n’a pas eu un tel niveau depuis 1976 voire 1949 », explique Jean-Marc Gibey, du Département Prévision des Étiages et des Crues de la Dreal. Pour Jean Ley, directeur de l’association Millière Raboton, qui navigue avec ses cinq toues entre Chaumont et Amboise : « C’est toujours délicat l’été. La Loire est particulière, car nous sommes obligés de faire un repérage du chenal et de faire avec le niveau de l’eau. Et parce qu’on doit parfois passer dans le sable, on a une grosse consommation d’hélices : on en est au troisième jeu depuis le début de l’année ». Mais le marinier reste optimiste, car le « mauvais temps » semble passé. Entre le vendredi 15 et le mercredi 20 juillet, le niveau de la Loire est remonté de 30 centimètres. « Des difficultés, il y en a, mais c’est ce qui met du piquant dans notre métier, précise Alain Lacroix, directeur de l’association Boutavant qui navigue entre Tours et Saint-Cyrsur- Loire. C’est difficile pour les bateliers de trouver un passage, mais il y a des solutions ». Alain Lacroix a utilisé une bonne vieille recette de marinier pour naviguer même quand le niveau de l’eau est bas. « Avant, quand il y avait un gué (1), les gens mettaient en place des chevrettes, une sorte d’entonnoir en bois, qui permet de creuser une tranchée naturellement et d’avoir 20-30 cm d’eau supplémentaire ». Voyant que le lit de l’eau baissait en aval du pont Napoléon, le directeur de l’association a mis une chevrette en place pour pouvoir passer. Il a aussi été amené à déplacer quelques grosses pierres afin de se frayer un chemin. Et sans compter sur le coup de main de la Dreal : à Orléans et Tours, la Loire est surveillée et alimentée pour un bon tiers, si besoin est, par les barrages. « On a eu des craintes fin mai, mais juin et juillet ont été relativement arrosés et donc on devrait avoir assez de réserve d’eau pour maintenir un bon niveau d’eau tout l’été ». Les mariniers qui naviguent sur le Cher, eux, ne sont pas touchés par la sécheresse. « Elle n’a eu aucune incidence pour nous », précise Serge Canadell, directeur de la Jocondie, prestataire situé entre le barrage de Grand- Moulin de Ballan-Miré et le pont du périphérique. « On est épargné grâce au barrage du Grand Moulin qui permet d’avoir un niveau d’eau suffisant. Entre l’été et l’hiver, on a eu une baisse de niveau d’un mètre, mais on a toujours deux mètres de profondeur ». Sa toue cabanée, un bateau à fond plat, lui permet de naviguer même si le niveau de l’eau est à 70 centimètres. Mais le Cher aussi a ses aléas : une directive européenne impose l’abaissement des barrages du Cher en mai et juin pour ne pas empêcher la remontée des poissons migrateurs. Conséquence en période de sécheresse : aucun stock d’eau n’est possible et la rivière s’assèche. Là aussi, la rivière semble avoir été requinquée par les nuages grisonnants des derniers jours.
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