Sans visibilité, le secteur industriel ne peut pas investir 0
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Publié le jeudi 04 mars 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 Adéfaut de Adéfaut de "meilleur", parlons de "moins pire". Selon l'UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie), si le secteur industriel a enregistré, en Indre-et- Loire, en janvier, une hausse de son activité de + 30%, c'est parce qu'il prend pour période de référence le même mois de l'année 2009... qui avait chuté de - 40 %. Marc Rousseau, secrétaire général de l'UIMM Touraine, parle de « rebond », mais ne crie donc pas victoire pour autant. Partout, les carnets de commandes des entreprises sont anormalement dégarnis. La visibilité est faible (d'une semaine à un mois selon les entreprises) et l'investissement insuffisant (seulement 38 % des industriels du département déclarent avoir des dépenses d'équipement en cours), nous disent les études de l'observatoire économique de Touraine ou de la Banque de France. Pour Marc Rousseau, « il devient très difficile, pour l'industrie, d'anticiper, et il convient de maintenir de bonnes relations entre les donneurs d'ordre et les sous-traitants ». Si, au niveau national, le secteur de l'automobile a été sauvé des eaux par la prime à la casse, en Indre-et-Loire, les retombées positives ont été faibles. Le secteur, spécialisé dans le poids lourd, aborde donc la fin de la mesure gouvernementale sans trop d'inquiétude.

Au niveau régional, la Banque de France a même annoncé une hausse d'activité pour le quatrième mois consécutif, en janvier. En clair, « on arrive à occuper tout le monde et il y a peu de chômage partiel » assure Marc Rousseau. Ce qui ne sera sans doute pas le cas pour l'aéronautique. L'UIMM prévoit dans ce domaine « un trou d'air de six mois difficiles, avec une reprise en septembre ». La faute, entre autres, aux retards de livraison de Boeing et d'Airbus. Seule l'électronique, portée notamment par le géant tourangeau ST Microelectronics (1 500 salariés), s'en sort. Les perspectives 2010 sont bonnes : « l'investissement du secteur des biens d'équipement - 35 % des chefs d'entreprises déclaraient avoir des dépenses en cours à la fin 2009 - est principalement porté par le dynamisme des sociétés d'électronique » témoigne le dernier rapport de l'observatoire économique de Touraine. En région Centre, les industriels du secteur des biens de consommation (pharmacie, habillement, bois, imprimerie...) tablent sur une augmentation de la production au cours des prochains mois. Mais en Indre-et-Loire, la production a baissé dans trois entreprises sur quatre sur le dernier trimestre 2009, entraînant une baisse d'effectifs dans une entreprise sur deux ! Selon les prévisions de l'observatoire économique de Touraine, le taux des entreprises qui auraient des investissements en cours à la fin du mois de mars serait de 42 %. C'est mauvais mais mieux qu'en septembre (24%). Les biens intermédiaires (chimie-parachimie, papier-carton, plastiques, matériaux de construction, métaux) affichent, au niveau départemental, une meilleure mine. C'est d'ailleurs dans ces secteurs que l'activité a été la plus soutenue, sur le dernier trimestre 2009. Boostés par la chimie et la métallurgie (Arch water à Amboise et Synthron à Villedomer, Ti Group automative systems à Nazelles-Négron), les projets d'investissement concerneraient même 50 % des chefs d'entreprises à la fin mars. Mais sur toutes les lèvres, la même crainte, « les difficultés de trésorerie », souffle Marc Rousseau. En effet : si pas de financement possible, pas d'investissement. Sans parler de la prochaine réplique de la crise économique : les liquidations des entreprises déjà placées en redressement judiciaire depuis six ou douze mois. Ce ne sera pas sans conséquence sur l'emploi.

Claire robin


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