Saint-Avertin : les « voisins vigilants » à l'essai 0
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Publié le jeudi 20 mai 2010 par : Tribune

Catégories : société

 SECURITE // Deux quartiers de saint-Avertin vont tester le dispositif des « voisins vigilants ». une méthode de sensibilisation contre la délinquance qui a déjà fait ses preuves. On les appelle parfois « les foyers volontaires », « les chaînes de... SECURITE // Deux quartiers de saint-Avertin vont tester le dispositif des « voisins vigilants ». une méthode de sensibilisation contre la délinquance qui a déjà fait ses preuves. On les appelle parfois « les foyers volontaires », « les chaînes de vi -gilance », « les rondes citoyennes » ou comme ici, « les voisins vigilants ». Largement répandue dans les pays anglo-saxons, cette pratique s’est essaimée depuis 2005, dans plusieurs départements de France (notamment dans le Loir-et-Cher). L’essai à Saint-Avertin est une première pour une commune d’Indreet- Loire. L’initiative a été présentée par le maire, Jean-Gérard Paumier, lors de deux réunions publiques : « Un citoyen connu et reconnu dans son quartier, se porte volontaire pour être référent. Il reçoit une formation dispensée par la police municipale. C’est à lui que seront rapportés tous les faits anormaux qui se passent dans le quartier. » Le principe est donc de constituer un réseau de voisins attentifs aux risques d'agressions, de cambriolages ou autres délits, afin d’en informer les autorités compétentes. Au total, la mairie espère, dans un premier temps, mobiliser une quarantaine de personnes, avant d’envisager l’extension du dispositif à d’autres quartiers de la ville. De là à penser que Saint-Avertin cède aux sirènes d’une politique sécuritaire, il n’y a qu’un pas. Mais selon la chargée de communication de la mairie, Hélène Gosset, l’initiative s’est construite autour d’une volonté citoyenne: « Nous n’avons fait que répondre à une demande exprimée par les habitants. Ce n’est en aucun cas un système que l’on peut imposer aux gens, puisqu’il s’appuie sur le volontariat. Simplement, nous voyons dans cette démarche l’occasion de renforcer l’efficacité de la prévention. C’est aussi un très bon vecteur de lien social. Il ne s’agit en aucun cas de mettre en place une politique de flicage, » affirme-t-elle. Car si le concept a certes été testé, celui-ci n’a pas toujours été approuvé. L’idée d’une incitation à la délation reste en suspend, tandis que bon nombre de syndicats de police craignent qu’un sentiment d’auto-justice ne vienne, à terme, entacher cette bonne résolution. Pour le responsable de la police municipale, Laurent Lacour, en charge de la mise en place du dispositif, ces craintes sont compréhensibles mais ne sont pas justifiées : « Nous avons beaucoup étudié la question. Nous avons discuté avec les responsables d’autres villes qui ne déplorent aucune malveillance de la part des participants. Il faut simplement qu’une idée un peu nouvelle fasse son chemin, à savoir que la sécurité est l’affaire de tous. C’est avant tout une question de civisme » explique-t-il. De fait, si les doutes persistent quant à la possibilité de dérives, il est difficile de mettre en doute l’efficacité de la mesure : « Les chiffres nous ont convaincu. Dans les villes du Sud de la France, les cambriolages ont baissé de 60%. Dans les villes du Loir-et-Cher, comme Contres et Cour-Cheverny, ils ont déjà baissés de 20% en à peine deux ans. A Saint-Avertin, nous n’avons pas de grande criminalité, mais pour éviter les abus de faiblesse sur les personnes âgées, par exemple, je pense que l’expérience mérite d’être tentée.» insiste Laurent Lacour. Pour l’heure, un premier bilan est prévu dans trois mois et plusieurs communes telles que Saint-Cyrsur- Loire et Montbazon seraient, a priori, volontaires pour emboîter le pas. Augustin Legrand

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