renards et fouines interdits de piégeage : la colère des chasseurs 0
Publié le jeudi 21 janvier 2010 par : Tribune
Catégories : environnement
La Fédération des Chasseurs d'Indre-et-Loire
ne décolère pas suite au jugement rendu le
13 janvier par le Tribunal administratif
d’Orléans, qui annule la liste des animaux
définis comme nuisibles. Depuis, les espèces qui
figuraient sur cette liste sont considérées comme
du gibier à part entière : elles ne peuvent donc plus
être tuées en dehors des périodes de chasse et
leur piégeage est interdit. Sont concernés les
renards, putois, martres, fouines, ainsi que des
oiseaux comme l'étourneau, la pie bavarde ou la
corneille noire. Seuls le corbeau freux et le pigeon
ramier restent sur le grill, puisqu’ils continuent de
figurer sur la « liste noire » en compagnie des sangliers,
lapins et ragondins.
« C’était déjà réglé d’avance
! déclare Michel Hubert, technicien en
charge du piégeage. On est sur un dossier où tout
le monde est plus vert que vert. C’est facile de discuter
d’un sujet quand on est pas touché ! Qu'en
pense l'éleveur qui vient de se faire manger 300
poules par un renard ? » Du côté de la SEPANT
(Société d'étude, de protection et d'aménagement
de la nature en Touraine), le vice-président Philippe
Simon estime que « ce ne sont pas les espèces
dans leur ensemble qui sont nuisibles, mais il y a
des actes isolés qui peuvent provoquer des dégâts
sur l’habitat et les cultures. Dans ce cas, c’est aux
exploitants de se protéger, par exemple en renforçant
leurs clôtures. L’idée, c’est de supprimer
cette notion de nuisible, inappropriée. » Ce combat
juridique est mené tambour battant par l’ASPAS
(Association pour la protection des animaux
sauvages), qui a déjà porté l’affaire dans 38
départements. Avec un succès indéniable
puisqu’en Région Centre, la procédure a abouti
dans trois d’entre eux : le Loiret, le Cher, et
maintenant l’Indre-et-Loire.
Dans son jugement, le tribunal souligne le faible
montant des dégâts, le manque de données précises
et note que le recours au piégeage se faisait
« sans avoir préalablement mis en oeuvre ou étudié
des solutions alternatives ». Selon Michel Hubert,
des solutions ont bel et bien été testées, par
exemple l’effarouchement des étourneaux à l’aide
de dispositifs sonores : « Ils partent de Tours et vont
à Chambray ! Belle mesure ! ». Pour sa part, la
SEPANT déplore le manque de moyens affectés à
une autre alternative : « Une équipe du CNRS a
travaillé sur la contraception des cervidés et des
sangliers en mettant des pilules dans des appâts.
Ces campagnes ont montré de bons résultats,
mais ont été arrêtées faute de financement. La
régulation est vaine si l’on n’agit pas à la source ».
Pour les chasseurs, ce jugement annonce des
lendemains difficiles : « Ce qui m’inquiète, prévient
Michel Hubert, ce sont les conséquences qu’on ne
va pas maîtriser : maintenant, le gars qui se fait
bouffer des poules va aller acheter du poison !
Nous, on a toujours été contre l’empoisonnement,
alors on en appelle à la raison. Mais quand il y a un
problème, il faut bien le régler et certains risquent
d’en arriver à des extrêmes ». La principale crainte,
c’est en effet que les victimes fassent justice ellesmêmes.
Jean-Luc Chaumier, directeur départemental
de l’agriculture et de la forêt, prévient :
« Ceux qui contournent la loi seront verbalisés,
alors j’espère qu’il auront l’intelligence de ne pas le
faire. Mais on ne peut pas être derrière tout le
monde... ». Le débat n’a donc pas fini de
rebondir…
David Giason
Dans la même catégorie
Les plus vues
Votre tribune
Votre publicité
Votre ville au quotidien
Les ''voies'' divines de Monique Lemoine
Déplacement de voies ferrées pour le projet urbain de la ZAC Dessaux,...
A vos agendas
Tourisme en loire
Le Parc Loire-Anjou-Touraine mise sur le tourisme durable
En 15 ans, le Parc Loire-Anjou-Touraine est devenu l’un des parcs naturels...



Réagir à cet article
Connectez vous pour commenter cet article