Réforme du permis de conduire : les points sont comptés dans la région ! 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le vendredi 19 mars 2010 par : Tribune

Catégories : société

 La nouvelle épreuve pratique du permis de conduire est entrée en vigueur lundi 8 mars dans la région Centre. Une évolution qui n’a rien d’une révolution.       Depuis une semaine, on compte les points du permis dans la région ! Et ven... La nouvelle épreuve pratique du permis de conduire est entrée en vigueur lundi 8 mars dans la région Centre. Une évolution qui n’a rien d’une révolution. Depuis une semaine, on compte les points du permis dans la région ! Et vendredi 12 mars à Fleury, c’était «un peu la panique», pour Adelaïde, une candidate. Exit la logique d’échec, lorsque les inspecteurs décomptaient les erreurs, place à une logique de compétences avec une grille d’évaluation. Et, a priori, cela fonctionne puisqu’au bout de quatre jours d’expérimentation, les cinq centres d’examen du Loiret sont passés d’un taux de réussite au permis B de 59 à 65%. Il faudra toutefois patienter encore quelques semaines pour affiner et vérifier si, véritablement, la nouvelle épreuve rend le permis «moins long, moins cher et plus sûr», selon le voeu de Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports, sachant que la moyenne d’attente oscille actuellement autour de deux mois dans le Loiret. Chaque candidat doit obtenir au moins 20 points sur 30 pour obtenir le précieux sésame rose, «à condition toujours de ne pas avoir commis d’erreur éliminatoire», rappelle Anne-Laure Trafeh, déléguée à l’éducation routière à la Direction départementale des territoires. Parmi les nouveautés, le candidat est jugé sur sa capacité à déceler les changements de contexte de circulation et, pendant 5 minutes, sur sa capacité à se diriger de manière autonome vers un lieu précis. «5 minutes pour eux c’est très long», constate Evelyne Grégoire, l’un des 13 inspecteurs du permis de conduire à Orléans, «la conduite reste la même sauf qu’au lieu de leur dire de tourner à droite ou à gauche, on leur demande d’aller dans une direction et de se repérer avec les panneaux». Il est également demandé d’effectuer deux manoeuvres, dont une en marche arrière, mais c’est au candidat de décider du lieu et du choix de sa manoeuvre. «Les élèves sont un peu surpris, voire un peu perdus, mais c’est le même déroulé», souligne Florent, moniteur d’auto-école à St-Denisen- Val. La durée de l’épreuve reste fixée à 35 minutes avec deux points bonus, l’un pour courtoisie au volant, l’autre pour conduite économique et respectueuse de l’environnement. «L’éco-conduite n’était pas évaluée avant», témoigne Evelyne Grégoire, «maintenant on arrive à avoir des candidats en 4e en ville…» Pour Joël Cassegrain, gérant d’auto-écoles à Orléans et vice-président l’Union nationale des indépendants de la conduite (UNIC), l’aspect positif de la réforme réside dans le mode d’évaluation : «avant, on cochait les échecs maintenant on note les compétences.» Mais il regrette une certaine précipitation : «le décret est sorti le 3 mars et le 8 mars on l’appliquait alors qu’on partait initialement pour un changement au 1er avril ! Personne n’était tout à fait prêt.» Selon lui, l’éco-conduite est une bonne chose mais le dispositif aurait pu aller plus loin, en demandant notamment aux auto-écoles de s’équiper de simulateurs de conduite : «je fais les 5 premières leçons sur simulateurs et j’économise 2 litres de carburant par heure, si toutes les auto-écoles faisaient pareil, ce serait 9 millions de litres économisés par an !» Joël Cassegrain estime aussi qu’un débriefing post-permis avec l’inspecteur aurait été bénéfique, or les résultats sont toujours adressés par voie postale, et que la validation définitive du permis devrait être conditionnée à un examen, sur une journée, un an après l’épreuve pratique : «ça permettrait que les jeunes automobilistes soient plus prudents pendant leur apprentissage.» Quant aux moniteurs, la plupart trouvent que «rien n’a vraiment changé». D’ailleurs, selon un test réalisé en Charente-Maritime, sur 372 examens avec un seul et même inspecteur disposant de l’ancienne et de la nouvelle grille d’évaluation, l’écart de taux de réussite ne serait que de deux points…

Voir l'article complet