Quel avenir pour les commerces du centre-ville de tours 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le mercredi 27 mai 2009 par : Tribune

Catégories : société

Qui a dit que les commerçants se plaignaient tout le temps ? « Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le commerce à Tours ne se porte pas si mal que ça. » C'est Jean-Jacques Hébras, le président de l'union commerciale de Tour...

Qui a dit que les commerçants se plaignaient tout le temps ? « Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le commerce à Tours ne se porte pas si mal que ça. » C'est Jean-Jacques Hébras, le président de l'union commerciale de Tours qui l'affirme. La ville de Tours est marquée par une forte présence du secteur de l'équipement de la personne (vêtements, chaussures etc...), soit 328 établissements sur les 2100 commerces de Tours. Selon Alain Dayan, l'adjoint chargé du commerce, « il y a à Tours une volonté politique affirmée de permettre aux commerces de proximité de répondre aux besoins de la population dans les quartiers ». Mais encore ? « Le centre-ville est un moteur important et doit le rester en matière d'équipement de la personne, on fait toujours très attention qu'il n'y ait pas de grandes enseignes ». L'idée étant bien sûr que les commerçants indépendants ne soient pas "cannibalisés" par de telles enseignes. Conséquence de cette politique, « le choix existe toujours à Tours, constate Jean-Jacques Hébras, il y a un bon panel de boutiques, ça n'a fait qu'évoluer dans le bon sens avec une diversité de choix ». Pourtant, le visage du commerce à Tours a changé depuis quelques années...et va encore évoluer. D'abord, il y a plus de franchises, ce qui n'est pas vraiment du goût de Jean-Jacques Hébras, « sur les 215 adhérents de l'union commerciale, il y a seulement un ou deux franchisés. Les autres ne participent pas à la dynamique que nous mettons en oeuvre. Il faut aussi savoir que dès qu'un pas-de-porte se libère, c'est une franchise qui s'installe ». L'autre évolution pour le commerce à Tours, c'est l'afflux de plus en plus important de clients qui viennent de départements limitrophes grâce à des locomotives comme Ikéa. Grâce également à un maillage autoroutier plus important, « on a vu avec l'ouverture de l'A28, l'arrivée de façon impressionnante d'une population venue du Mans. Nous avons aussi communiqué sur d'autres départements comme la Vienne et le Loir-et- Cher, et véritablement, ça porte ses fruits ». Les Tourangeaux eux-mêmes reviennent vers le centre-ville, « c'est une tendance qui se dégage, affirme Alain Dayan, les consommateurs ont besoin de plus de proximité ». Le défi désormais pour Tours est de « rendre la ville plus accessible ». L'autre tendance actuellement, c'est l'implantation de moyennes surfaces comme locomotives pour le commerce, et Alain Dayan de citer Monoprix qui vient d'implanter un magasin de 2 000 m2 en plein centre-ville ou encore l'Heure Tranquille...

si l'on considère que le quartier des Deux Lions fera bientôt partie du centre-ville. Dans le même esprit, les deux galeries commerciales laissées quelque peu à l'abandon pourraient un jour retrouver une certaine vigueur : la galerie du palais place Jean Jaurès et surtout le forum Grammond. « L'idée est de restructurer complètement ces sites pour y installer des espaces commerciaux plus importants, pour aussi éviter une dispersion des commerces en périphérie. » Deux dossiers qui restent cependant très complexes. Pour Jean- Jacques Hébras, « il faut continuer dans ce sens là. Par exemple, aujourd'hui, pour le matériel de sport ou l'équipement ménager, on est obligé d'aller en périphérie. Or, les gens veulent aujourd'hui des grands magasins spécialisés dans la ville. C'est pourquoi, il faudrait pouvoir commercialiser les friches comme le forum Grammond ou encore l'ancien cinéma Rex situé rue Nationale ». Le président de l'union commerciale de Tours note également que le comportement d'achat a changé, « il y a de plus en plus de clients à la pause déjeuner, les commerçants doivent s'adapter et changer eux-mêmes leurs habitudes. C'est parfois difficile, notamment lorsqu'on est seul en boutique ». Autre défi pour les commerçants tourangeaux: les nouvelles technologies, « 20% du commerce se fait à présent par le biais d'internet, explique Alain Dayan. Il y a actuellement une réflexion sur les nouveaux modes de consommation et la première réponse est de trouver des moyens modernes de paiement ». On pense tout de suite au flop de Monéo, la carte porte-monnaie. Mais, Alain Dayan rectifie en parlant du nouveau rôle du téléphone portable en interaction avec des bornes réparties dans la ville et permettant de charger des offres promotionnelles, « une étude est menée et il existe plusieurs pistes de travail ». Le segment de la culture, qui souffre le plus des nouvelles technologies, pourrait être un des premiers bénéficiaires de ces innovations. Mais, c'est aussi toute une dynamique qu'il faut maintenir, par le biais de manifestations organisées en centre-ville – Vitiloire encore récemment a attiré 15 000 personnes – et surtout de la part des commerçants eux-mêmes. Exemple, la Boite à livres, rue Nationale, qui au-delà de son offre traditionnelle, propose à ses clients un salon de thé littéraire et des rencontres régulières avec des écrivains. Enfin, le prochain défi pour les commerçants de Tours sera la naissance d'une union commerciale de l'agglomération, « car de plus en plus de choses se décident au niveau de l'agglo, note un commerçant du centre-ville. Ça va être compliqué de mettre tout le monde d'accord, mais on ne peut pas passer à travers ».

Antoine Geslin


Voir l'article complet