Pour créer sa «boîte», rien ne remplace le terrain ! 0
Publié le jeudi 24 juin 2010 par : Tribune
Le taux de réussite pour la création d’une entreprise augmente de 50% lorsque celle-ci est accompagnée. Les conseils et formations sont très nombreux, certains même sont obligatoires.
L’année qui vient de s’écouler n’aura finalement pas été un si mauvais cru en terme de création d’entreprises. Les chiffres de Loiret Initiatives le confirment, les candidats ont été nombreux. «Nous ne sortons pas du schéma classique des 50% de défaillance dans les trois premières années, explique Gérard Gautier, président du réseau Entreprendre et Réussir Loiret. Il s’est même légèrement amélioré grâce au fait que la création est de mieux en mieux accompagnée, notamment par les chambres consulaires, la Boutique de gestion et Orléans Val de Loire Technopole». «La réussite d’une création tient en trois points essentiels, poursuit Ted Biegas, son vice président, la connaissance du métier que l’on veut développer, l’engagement personnel (travail, disponibilité), l’apport financier suffisant pour faire vivre son projet, au-delà même de ce que peuvent apporter les partenaires financiers et les acteurs du crédit». Ajoutons enfin que l’expérience, selon une enquête menée de 2002 à aujourd’hui, est une valeur complémentaire essentielle, ce qui n’interdit pas aux jeunes de se lancer dans l’aventure. L’apprentissage de la création d’entreprise ne semble pourtant se faire efficacement que sur le terrain. Pas d’école ou presque, sauf pour le bâtiment qui a créé il y a quelques années déjà l’ESJDB, l’école supérieures des jeunes dirigeants d’entreprises. Gérard Gautier, lui, invoque les écoles de commerce et de gestion qui sont selon lui, «le meilleur moyen pour apprendre à commercer et à gérer. Il faut en plus avoir la fibre du gestionnaire, ce qui ne s’apprend pas. Cette fibre de dirigeant est finalement innée, elle se découvre souvent au fil d’une première carrière salariée.» Pour Jean-Pierre Videau de la Chambre de Métiers et de l’artisanat : «Il est vrai que bon nombre d’entreprises qui ont chancelé en 2009 sont celles dont le dirigeant n’était ni prêt à affronter une période difficile ni suffisamment solide. Elles avaient l’habitude de vivre avec trois à six mois de commande devant elles. Ce sont aussi des gens qui n’avaient pas toujours l’énergie pour aller chercher du travail.» Ted Biegas ne dit pas autre chose : «il faut avoir le courage et l’envie pour réussir. Et si l’on apprend pas à être chef d’entreprise autrement que sur le terrain, il ne faut pas compter réussir sans énergie.» Suivre les conseils de savoir faire et de savoir être En terme de formation des futurs dirigeants, les chambres consulaires ne relâchent pas leurs efforts. La CMA a même institué une nouvelle réunion collective de 3 heures pour se familiariser avec les grands thèmes de la création et mettre les candidats devant la réalité des choses. Ensuite, le stage d’une semaine minimum reste obligatoire, «mais celui de 10 semaines est vivement conseillé, précise le président Gérard Morin, c’est là que l’étude du projet sera personnalisée et approfondie ». Viennent ensuite les entretiens individuels et une foule de formations complémentaires à la carte. Idem à la Chambre de commerce et d’industrie qui accueille près de 6 000 candidats chaque année qui suivent, selon les cas, des formations courtes ou longues, gratuites ou payantes, toujours encadrées par des professionnels ou d’anciens chefs dirigeants d’entreprise Jerry Gras, président de la commission «Création Transmission» à la CCI voit beaucoup de porteurs de projets, mais plus pour la création de leur emploi que pour la création d’une véritable structure. Le e-commerce et le service à la personne semblent avoir la faveur de ces nouveaux créateurs. L’agriculture quant à elle reste très attachée à la formation de ses ressortissants. Pour s’installer et prétendre aux aides de l’Etat, le jeune agriculteur doit avoir 40 ans au plus, être titulaire d’un BAC Agricole ou équivalent, avoir suivi un stage de six mois et satisfait au stage EPI. Pour ceux qui ne profiteront pas de ces aides (40% environ), le Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole est vivement conseillé.
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