Pola, l'homme de Cuba 0
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Publié le mercredi 12 novembre 2008 par : Tribune

Catégories : handball

Vendredi dernier, au gymnase Guy Drut, José Hernandez Pola entre sur le terrain. Les dreads blondes ont disparu mais le talent est bel et bien présent. Le Cubain, superstitieux, touche du front le ballon du match à l’engag...

Vendredi dernier, au gymnase Guy Drut, José Hernandez Pola entre sur le terrain. Les dreads blondes ont disparu mais le talent est bel et bien présent. Le Cubain, superstitieux, touche du front le ballon du match à l’engagement. Au coup de sifflet final, celui que l’on surnomme « El Magnifico » n’est pas content de sa prestation et ni de celle de son équipe (ils perdent 22 à 25 contre Besançon). « Il faut être compétiteur pas seulement handballeur » : ces paroles sortent de la bouche d’un homme qui a toujours dû se battre. Tout commence dans sa ville natale de Pinard del Rio à Cuba où, enfant, il n'a pas choisi le sport national, le baseball. Non, lui rêve de roucoulette (tir avec un mouvement du poignet qui fait tourner le ballon pour contourner le gardien, NDLR), de duel avec le gardien et de contacts.

En 1999, il a 20 ans et l’Europe l’accueille à bras ouverts. Il est détecté par le club d’Ivry et dans la foulée part aux Jeux Olympiques de Sydney avec le brassard de la sélection cubaine autour du bras. Celui que ses coéquipiers surnomment Tito, par simplicité, fait ses armes dans le club francilien. Il s’oblige alors à jouer à l’aile pour les besoins de l’équipe. Mais lui a besoin d’espace pour s’exprimer ; il veut jouer le duel, attirer la défense pour délivrer des offrandes à ses coéquipiers. Cet espace, c’est le Saint-Cyr Touraine Handball (SCTH) qui le lui offre en 2007. La saison passée, El Magnifico n’a jamais aussi bien porté son nom. Paradoxe : il est élu meilleur joueur de la saison de Division 2 alors que le SCTH est relégué sportivement en Nationale 1 avant d’être repêché cet été. Malgré les propositions qui affluent, Pola ne veut pas lâcher ses coéquipiers tourangeaux. Il se sent bien en Touraine et se sent rassuré par l’arrivée d’un entraîneur expérimenté. Pour lui la montée en Division 1 est toujours possible : « après tout, il reste 18 matchs à jouer ». L’ambition est là, la bonne ambiance également mais il faut savoir gérer l’ensemble des caractères forts de l’équipe : Pola, Dragic, Oliver, etc. Pour le moment, le pilier de l’équipe saintcyrienne estime n’être qu’à 70% de ses capacités physiques. Il nous prévient, « El Magnifico » est bientôt de retour. Espérons que les victoires de l’équipe le seront aussi.

Sacha Nokovitch


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