Place à l'Homme (in)visible avec le centre chorégraphique 0
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Publié le jeudi 21 janvier 2010 par : Tribune

Catégories : Actualités

 Au départ, il y a une photographie de Jeff Wall montrant un homme noir de dos, dans une pièce surchargée d’affaires, éclairée de centaines d’ampoules. Puis, il y a l’envie commune de Bernado Montet, directeur ...

Au départ, il y a une photographie de Jeff Wall montrant un homme noir de dos, dans une pièce surchargée d’affaires, éclairée de centaines d’ampoules. Puis, il y a l’envie commune de Bernado Montet, directeur du CCNT (Centre chorégraphique national de Tours) et de Thomas Ferrand, jeune metteur en scène, adepte des performances, de monter une oeuvre scénique autour du thème de l’espace et de la place de l’Homme dans la société. Quand sommes-nous visibles ? Comment devenons nous invisibles à l’autre ? Bernardo Montet occupe la scène contemporaine depuis bientôt trente ans, autant dire que son talent n’est plus à prouver et qu’il peut risquer des expériences originales. Thomas Ferrand, lui, est un jeune créateur marseillais de 26 ans dont l’appétit pour défier les limites du corps, de l’espace et de la création lui donne des ailes pour oser.

« J’ai rencontré Bernardo l’an passé lorsqu’il m’a invité à présenter "Idiot cherche village" au CCNT. De là est née l’envie de travailler ensemble. C’est une chance, un pari, une rencontre très importante. Pour cette pièce chacun a apporté des éléments de son langage dans le respect et la discussion. » Cette première rencontre sur un plateau commun donne naissance à une courte pièce de 45 minutes, « Switch me off » (Éteignez-moi) où se mêle intensité et émotion. « C’est un défi où je me mets personnellement en danger. On ne ressort par indemne de cette expérience », avoue Bernardo Montet. Cette création, nourrie des textes de la littérature américaine des années 60, offre au directeur du CCNT un rôle solo où il joue avec la lumière - ou la non-lumière - et les sons. Du visible à l’invisible, comment trouver sa place ? Ce thème central tient en alerte le public, spectateur-acteur de cette création car sans lui, l’artiste qui évolue ne peut exister. Sans l’autre et son regard, nul ne trouve sa place. La danse devient ici le parfait reflet de notre société et nous interroge sur notre propre appartenance et la place que nous offrons à notre voisin. Après quelques représentations au Théâtre de Chaillot à Paris en octobre, la pièce, saluée par la critique, a déjà évolué. Au regard de l’important travail d’écriture visuelle et sonore, cette création contemporaine s’apparente plus à un poème scénique. A noter, la représentation du jeudi 28 janvier sera suivie d’une rencontre avec les artistes.

Claire Gressieux

A 20h, du 26 au 30 janvier et à 19h le 28 janvier, au CCNT, le Nouvel Olympia, 7 rue de Lucé, à Tours. Tarifs : de 5 à 14 €. Tél : 02 47 36 46 00, www.ccntours.com


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