Philippe Briand, le surdoué hyperactif cèdera-t-il à la tentation de Venise ? 0
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Publié le jeudi 29 janvier 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

Bientôt Philippe Briand aura 50 ans... Pour beaucoup l'âge où il faut jeter toutes ses forces dans la bataille de la vie pour décrocher les rêves d'enfant enfouis ou réfrénés depuis des lustres... Philippe Briand, marié, père de trois enfants, anc... Bientôt Philippe Briand aura 50 ans... Pour beaucoup l'âge où il faut jeter toutes ses forces dans la bataille de la vie pour décrocher les rêves d'enfant enfouis ou réfrénés depuis des lustres... Philippe Briand, marié, père de trois enfants, ancien ministre - durant quelques jours -, député, maire de St-Cyr-sur-Loire, patron de l'UMP d'Indre-et-Loire et accessoirement président fondateur du réseau d'administration de biens Citya immobilier (65 millions d'euros de chiffre d'affaires), membre du conseil d'administration de la FNAIM, peut déjà parfois et sans aucun regret, céder à la tentation de tourner la page. « Un style de vie moins soutenu. Plus de temps à consacrer aux miens... Mais je suis toujours tiraillé entre le désir de bâtir et la tentation de Venise ». Ce militant gaulliste dès l'adolescence, proche d'Alain Juppé, chiraquien convaincu, aura construit sa vie à la vitesse d'un bolide. « Une très grande capacité de travail », une rapidité intellectuelle hors du commun, un vrai sens de l'amitié, de l'humour... Et surtout le sentiment permanent que le « vrai enjeu d'une vie c'est d'échapper à la solitude ».Voilà Philippe Briand avec en prime une détestation affichée des couards, des traîtres et un talent pour la rancune. Ce dernier talent ne s'exerçant au final que rarement... car comme le souligne l'intéressé, à part quelques individus « plus agacés de la réussite des autres plutôt qu'à considérer leur propre médiocrité, j'ai quand même l'impression de recevoir beaucoup d'affection, des militants UMP, de mes collaborateurs bien sûr... de mes pairs à l'Assemblée nationale ». Philippe Briand ou la vie à pleines dents, le plaisir de faire avec les autres comme carburant indispensable à un bonheur d'être permanent... Pour conjurer ce sinistre jour où ses deux parents se tuèrent dans un accident de voiture. C'était en 1983. « Je vivais dans la maison familiale, d'un seul coup, il n'y avait plus que le vide, l'absence de bruit. Finies les odeurs familières ». Philippe Briand avait 23 ans et « le départ de mes parents a été le dernier cadeau qu'ils m'ont fait ». Avant cette mort des parents adorés qui suivait à quelques jours le décès d'une grand-mère... Il y avait le Philippe Briand, « élève quelconque jusqu'en troisième, qui aurait pu être coiffeur comme mes frères, comme ma mère ». Un professeur l'avait bien jugé « moins bête qu'il n'en avait l'air » et avait insisté pour qu'il poursuive sa scolarité. « Je bossais avec mon père aux Halles de Tours, des caisses de légumes à décharger à l'aube, je faisais mes études à l'IUT de Tours en techniques de commercialisation ». Et en semaine, un peu de militantisme aux jeunes du RPR. La mort des parents à tout changé. « J'ai réalisé que la vie aux Halles, le travail de 3h du matin jusque tard dans l'après-midi, comme mon père c'était passer à côté de la vie ». Orphelin, Philippe Briand va très vite se trouver un puissant protecteur. André-Georges Voisin, député et président du conseil général d'Indre-et-Loire va prendre son son aile le jeune militant tourangeau. Assistant parlementaire, Philippe Briand a gagné un nouveau père et découvre la politique, la vraie, celle qui fait et décide. Élu conseiller municipal de St-Cyr-sur Loire à 23 ans, le militant a vite appris, bien retenu et sait appliquer sans faillir les leçons. En 1989, nouvelles élections municipales et Philippe Briand devient le plus jeune maire de France d'une ville de plus de 15.000 habitants. Admiration. La politique c'est bien mais ça ne suffit pas à nourrir les aspirations de l'homme. Du modeste héritage de ses parents, il a retiré de quoi acheter cinq petits studios à Tours. « C'était une agence qui s'occupait de tout et j'ai constaté que ça ne se passait pas vraiment très bien. » Début des années 90, notre homme rachète une agence. Citya vient de naître. En 15 ans, grâce au soutien des banques, Philippe Briand est devenu le propriétaire du premier réseau immobilier indépendant de France. Près de mille salariés, une école de formation... Mais pas question de lever le pied en politique. Philippe Briand est élu député en 1993 de la Vème circonscription d'Indre-et-Loire, il sera toujours réélu. Protégé de Jacques Chirac, le talentueux Philippe Briand s'imposera en terre tourangelle au détriment de l'UDF... Sans jamais porter ombrage à Jean Germain, l'ami socialiste plus âgé rencontré à la table du conseil d'université... Entre le professeur de droit et l'impertinent syndicaliste étudiant gaulliste, le courant passa d'emblée... Question de tempérament et d'intérêts communs. En mars 2004, consécration. Philippe Briand est nommé secrétaire d'État en charge de l'Aménagement du territoire au sein du gouvernement Raffarin. 15 jours plus tard, c'est la démission. Difficile de lâcher Cytia immobilier et Philippe Briand assujetti à l'Impôt sur la Fortune ne peut plus être rémunéré par sa société tant qu'il est ministre... Le Tourangeau choisi l'entreprise. Aujourd'hui encore, l'ancien assureur consacre une bonne partie de son énergie à développer Cytia. Impossible de faire autrement. « J'étais en vacances à l'île Maurice, j'y ai retrouvé par hasard un copain qui dirigeait une agence immobilière, ça ne marchait pas fort. Et bien j'ai écourté mon séjour sur la plage et maintenant il y a une agence Cytia de plus là bas. » Il est comme ça Philippe Briand. Mais l'homme n'est pas du genre à capitaliser tous les pouvoirs, toutes les fortunes. « Je ne serai pas maire de St-Cyr jusqu'à la fin de mes jours », aime t-il à répéter d'autant que le fidèle Jean-Yves Couteau est toujours prêt à le remplacer... L'argent n'est plus depuis longtemps un ressort à l'action. Ce qui l'intéresse encore c'est bâtir avec les autres. « Seul on ne fait rien, ou alors on devient un facteur Cheval ». Depuis longtemps, quelques militants UMP rêvent pour lui de l'Hôtel de ville de Tours comme horizon à conquérir. Philippe Briand a toujours refusé l'aventure...

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