Parfumerie, cosmétique : pas de catastrophe ! 0
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Publié le jeudi 28 janvier 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 La Cosmetic Valley, pôle de compétitivité national, regroupe deux activités complémentaires que sont la parfumerie et la cosmétique. L'une et l'autre ont les mêmes marchés, mais la parfumerie a plus souffert que la cosmétique, - 4% sur le marché ... La Cosmetic Valley, pôle de compétitivité national, regroupe deux activités complémentaires que sont la parfumerie et la cosmétique. L'une et l'autre ont les mêmes marchés, mais la parfumerie a plus souffert que la cosmétique, - 4% sur le marché de la distribution pour la première, -1% pour la seconde. «C'est la première fois que nous avons des chiffres en retrait par rapport à l'année précédente, reconnaît Daniel Guillermain, président délégué de la Cosmetic Valley, de plus, nous avons toujours eu un chiffre de croissance supérieur de 1 voire 2 points à celui du PIB mondial !» Alors la surprise fut de taille, d'autant que la cosmétique a commencé de souffrir très tôt de la crise, dès les mois de novembre et décembre 2008 qui sont traditionnellement de gros mois de vente dans le monde entier. Les fabricants avaient livré les coffrets qui se sont retrouvés stockés chez les logisticiens, mais qui n'ont pas été mis en rayon, la vente de détail n'ayant pas suivi. Le début d'année 2009 a donc été très mauvais en terme de production, puisqu'il fallait avant tout écouler les stocks. «2010 devrait permettre à l'industrie cosmétique de se remettre en ligne avec le marché», espère Daniel Guillermain. Un marché qui est mondial bien sûr, Europe, États-Unis et Japon étant les trois principaux malgré les parités peu favorables du Dollar et du Yen face à l'Euro. «Mais le Made in France joue à plein», se félicite Jean-Luc Ansel, le directeur de la Cosmetic Valley. Si bien que la Chine, la Russie et l'Amérique du Sud, bien qu'étant encore des marchés modestes au regard des précédents, sont les seuls à avoir correctement performé durant la crise, ce qui montre bien qu'ils sont en devenir. Jean-Luc Ansel, apprécie lui, les performances du pôle : «2009 marque la confirmation de notre pôle de compétitivité par l'Etat comme étant l'un des plus performant en France. C'est une réussite indéniable, et l'élaboration d'un contrat de performance pour les trois années à venir le confirme. » L'image de marque de la cosmétique française n'a pas souffert de la crise et l'objectif de rester le centre de ressource de la profession dans le monde est pour ainsi dire atteint. De cette aventure aux effets contrastés, les soustraitants des grandes marques, verriers, cartonniers, imprimeurs, ont beaucoup souffert en 2009, plus encore que les fabricants eux-mêmes, chacun ayant un stock tampon minimum. Les bouts de chaîne sont les plus fragiles. «Malgré tout, confirme Daniel Guillermain, on ne note pas de faillite en série, chacun aura pu faire le dos rond». Mieux encore, la Cosmetic Valley qui compte un peu plus de 450 entreprises dont 80% de PME, a su se serrer les coudes et faire en sorte qu'il n'y ait pas de défaillance, les industriels et les sous-traitants ayant su trouver des accords sur les délais de livraison et de paiement pour maintenir les entreprises et les emplois. Alors bien sûr les rémunérations et revalorisations resteront très modestes, mais les indicateurs à long terme s'affichent au vert. Vert en l'occurrence veut dire "flat", c'est-à-dire plat, ce qui signifie qu'en 2010 la Cosmetic Valley peut raisonnablement espérer une période de calme en terme de production et de vente. D'autres entreprises, souvent étrangères, pourraient les rejoindre. Des brésiliens, coréens et colombiens frappent à la porte du pôle cosmétique pour s'y implanter, y compris en période de crise, ce qui est de bon augure pour les années à venir. Quant à la structure du pôle, elle devrait évoluer encore, si l'on en croit le directeur, Jean-Luc Ansel. «Il devrait y avoir des regroupements de pôles, le nôtre étant le plus à même d'absorber d'autres activités.» Accroissement territorial (Val d'Oise, Haute Normandie…), rapprochement d'activités connexes (pôle verrier sans doute), la Cosmetic Valley pourrait bien jouer la carte de la croissance externe comme le ferait une entreprise. «Nous n'avons pas d'autre choix que de grandir, poursuit Jean-Luc Ansel, il le faut pour être plus fort financièrement et techniquement». Par ailleurs, la Cosmetic Valley pourrait prochainement nouer des accords de partenariat étroits avec le pôle de Grâce dans le sud de la France. Les savoir-faire de la capitale mondiale du parfum sont pour certains complémentaires de ceux de la Cosmetic Valley; une nouvelle opportunité à saisir pour une fois encore porter haut les couleurs du «Made in France», et espérer un jour devenir pôle mondial…

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