Orléans suspendue au “Big-Bang” des régions 0
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Publié le jeudi 05 mars 2009 par : Tribune

Catégories : politique

Les années d’Orléans comme capitale régionale sont-elles comptées ? La question se pose, au moment où le comité Balladur vient de remettre son rapport sur la réforme des collectivités territoriales. Car François Bonneau, s...

Les années d’Orléans comme capitale régionale sont-elles comptées ? La question se pose, au moment où le comité Balladur vient de remettre son rapport sur la réforme des collectivités territoriales. Car François Bonneau, son président (PS) a beau répété qu'elle n’est «pas à vendre», on voit mal comment la Région Centre échappera au big-bang annoncé. Certes, le rapport Balladur marche sur des oeufs quand il recommande de «favoriser les regroupements volontaires» des Régions, pour en amener le nombre à une quinzaine. Mais déjà, le Centre se voit menacé par les forces… centrifuges qui jamais ou presque n’ont cessé de l’habiter.

Le rapport cité, pas plus que pour les autres régions, ne trace de pistes concernant son devenir. Sur le terrain, deux scenarii se font jour. D’un côté, les “Ligériens” verraient avec gourmandise l'Est des Pays de Loire -la Mayenne, la Sarthe et le Maine-et-Loire- “annexé” au Centre actuelle. Le clan des “Franciliens”, lui, rêve d’un démembrement de la région, après que le Loiret et l’Eure-et-Loir se soient unis à l’Essonne, aux Yvelines ainsi qu’à la Seine-et- Marne. Cette solution est celle défendue par le président -UMP- du conseil général du Loiret. «Si le Grand Paris -constitué de Paris, la Seine-St-Denis, le Val-de-Marne et les Hautsde- Seine- se fait, explique Eric Doligé, l’Ile-de- France va exploser. Les Yvelines, l’Essonne et la Seine-et-Marne vont se trouver orphelines.» Auquel cas, pourquoi ne pas les regrouper avec l’Eure-et-Loir et le Loiret ? «Monopoly sordide !», riposte François Bonneau, pour qui cela reviendrait à transformer ces deux derniers départements «en satellites» de la région parisienne. Mais n’est-ce pas déjà le cas, dans une certaine mesure ? Des deux scenarii évoqués, le second paraît en tout cas moins redoutable pour Orléans. Faire glisser le point de gravité de la région Centre vers l’Ouest reviendrait à l'excentrer.

Donc, estime Charles-Eric Lemaignen, le président -UMPde sa communauté d’agglomération, «à exacerber sa rivalité avec Tours», qui serait la grande gagnante de l’opération. Quant à imaginer le Loiret et l’Eure-et-Loir réuni aux franges Sud de la future ex-Ile de France, «cela ne correspond à aucune réalité historique », concède-t-il. Sauf qu’il s’agit «d’une opportunité extraordinaire pour se rapprocher de la plate-forme technologique du plateau de Saclay». Cette position est aussi celle de la CCI du Loiret et d’Eric Doligé, qui y verrait l’intérêt de développer la Cosmetic valley. «Saclay a les chercheurs et de grandes écoles que nous n’avons pas ou peu», argumente-t-il. «Eux sont intéressés par nos zones d’activités et nos entreprises.» Or, estime Charles-Eric Lemaignen, «ce sont la recherche et les transferts de technologies qui vont créer les richesses de demain». Dans l’hypothèse où ce scenario serait retenu, la trop grande proximité de l’Essonne et des Yvelines avec Paris paraît les disqualifier pour accueillir le chef-lieu d'une future région. Orléans aurait alors davantage de chances de préserver son statut de capitale régionale. Mais quantité d’eau passera sous les ponts de la Loire d’ici à une éventuelle réforme dont l’enjeu premier, aux yeux de Charles-Eric Lemaignen, réside ailleurs que sur la carte. «Le problème des Régions, ça n’est pas leur taille mais la clarification de leurs compétences.»

Une région de bric et de broc ?

«Le Centre a été fabriqué après les autres Régions. On y a mis les départements qui n’avaient pas été pris par les autres.» Eric Doligé ne se prive pas de colporter la légende d’une région Centre faite de bric et de broc. La tentation d’en user est trop belle pour flinguer l’action de l’exécutif socialiste qui la dirige depuis onze ans. Sauf que la réalité fut toute autre lorsqu’ont été dessinés les contours des 22 régions. A l’époque, en 1955, il n’était pas encore question de constituer des ensembles politiques, mais des “régions de programmes” pour y définir les objectifs des plans quinquennaux. Le découpage avait été confié à un jeune énarque, Serge Antoine qui avant de décéder voilà trois ans, avait raconté à L’Express la manière dont chaque région avait été délimitée. Le Centre ? «Ce n’est pas la région que l’on a créée en dernier, avec les morceaux qui restaient», avait-il expliqué. «Les découpages des administrations montraient qu’il existait, autour d’Orléans, un premier ensemble visiblement attiré par Paris, rassemblant le Loiret, le Loir-et- Cher et l’Eure-et-Loir. Plus au Sud le Cher et l’Indre faisaient figure d’électrons libres, tandis que l’Indre-et-Loire paraissait attirée vers l’Ouest. Finalement, parce que l’on avait décidé de limiter le rayonnement parisien, j’ai décidé d’élargir l’ensemble orléanais en l’associant aux trois départements du Sud.»


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