Oiseaux : la chasse provisoirement interdite dans le Loiret 0
Publié le jeudi 15 janvier 2009 par : Tribune
Vu les températures particulièrement basses de la semaine dernière, il fait un froid de canard au sens propre du terme. Avec la terre gelée, les conditions d'alimentation ne sont plus viables pour de nombreux oiseaux. Le préfet a donc émis du 8 au 17 janvier un arrêté suspendant dans le Loiret la chasse des anatidés, c'est-à-dire les oies et les canards, des limicoles -la bécassine ou le vanneau huppé- ainsi que des turdidés tels la grive et le merle. Pour Jean-Jacques Roulet, chef de service départemental à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage -ONCFS-, la situation n'a rien d'extraordinaire et n'est pas dramatique. «La distance de fuite des merles et grives, qui souffrent rapidement du froid, n'a pas beaucoup diminué. Rien d'alarmant pour l'instant mais il ne faut pas que cela dure» commentait vendredi dernier cet homme de terrain. Comme les spécialistes de la chasse, Michel Chantereau, conservateur de la réserve de Saint-Mesmin constate «la disparition des vanneaux et des alouettes qui stationnaient par milliers il y a quinze jours» Le froid n'est pas mortel pour les oiseaux s'ils sont bien nourris. Mais le naturaliste se souvient de la bouscarle de Ceti, exterminée par l'hiver 1986 et qui a mis 20 ans à refaire ses effectifs.
«On ne sait pas si elle va résister» indique Michel Chantereau. Déplacement ou mortalité, c'est au printemps que l'on pourra vraiment connaître les conséquences du froid sur les espèces. Localement, de nombreux secteurs du Loiret sont désertés car les plaines et les étangs sont gelés. C'est sur la Loire et le Loiret que les insectivores parviennent encore à se nourrir. On peut y observer de nombreux canards comme le col vert, le chipeau -gris de loin mais dont le plumage est constitué d'un damier très fin-, le fuligule milouin et le morillon -un canard plongeur-. Même si l'eau est à 0°C, les oiseaux peuvent trouver de la nourriture le long des cours d'eau cités, y-compris à proximité car quelques arbustes ont encore des baies. «Il y a également sur Orléans un apport important de grives et de merles en provenance des villages.» Plus exotique, Michel Chantereau a remarqué des petits groupes de sarcelles d'hiver «qui peuvent venir de Sibérie.» Parmi les oiseaux qui habituellement, ne sont pas présents localement, il y a ceux qui viennent des pays froids lors d'une forte modification climatique. C'est le cas de l'eider à duvet qui pour l'instant, n'a pas été aperçu par l'ONCFS dans le Loiret. Quelques harles bièvres ont été signalés du côté de Saint-Benoît-sur-Loire. Ne reste plus qu'à attendre les beaux jours pour profiter des chants d'oiseaux !
Ne pas oublier les habitants des jardins !
Les oiseaux que l'on voit en hiver dans les jardins ont besoin eux aussi de nourriture, des graines de tournesols et des boules de graisse, mais aussi d'eau. Pour éviter que cette dernière gèle, il faut mettre dans le récipient une pierre préalablement chauffée sur le radiateur. Vous en serez récompensé par l'observation d'espèces comme le “gros-bec”, une sorte de pinson qui vient de l'Est de l'Europe mais aussi de plus connues comme la mésange bleue ou charbonnière, le verdier, les sitelles, l'accenteur mouchet, le rougegorge et l'étourneau...
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