Navigabilité de la Loire : un potentiel sous-exploité ? 0
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Publié le vendredi 03 septembre 2010 par : Tribune

Catégories : société

 PATRIMOINE // Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la Loire était navigable et très empruntée. Aujourd’hui, quelques bateaux exploitent de petites parties du fleuve. A quelques jours de la Caravane de Loire, plusieurs voix s'élèvent pour d... PATRIMOINE // Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la Loire était navigable et très empruntée. Aujourd’hui, quelques bateaux exploitent de petites parties du fleuve. A quelques jours de la Caravane de Loire, plusieurs voix s'élèvent pour dire qu'un potentiel touristique est délaissé. Il ne se passe pas grand chose sur la Loire.» Ce constat, c’est celui du photographe Philip Plisson, après avoir survolé la Loire autour d’Orléans, fin mai, sur invitation du Conseil général du Loiret dans le cadre de la Caravane de Loire qui débute le 3 septembre à Montargis pour s’achever le 12 à Meung-sur-Loire. Un concours de circonstances ? Pas seulement… Côté canoës, l'activité a tendance à se développer, selon Joris Alcourt, gérant d'Aventure Outdoor Sport et Nature à St-Jean-de- Braye. Mais rien à voir avec le business et l’affluence des gorges de la Dordogne ou de l'Ardèche. Un marinier de la région a une explication : «Faire du canoë c’est très pénible avec le vent de face et comme le fleuve est large c’est ennuyeux !» Joris Alcourt pense surtout que «la pratique du canoë sur la Loire est moins ancrée dans les habitudes.

On a moins communiqué que sur la Loire à vélo. La Loire n'est pas plus dangereuse que l'Ardèche mais l'aspect visuel est un peu monotone sur la partie avale d'Orléans. C'est plus sinueux et naturel vers Gien.» Le principal problème est ailleurs : la Loire n'étant plus navigable, «elle ne fait donc pas l'objet d'un entretien et d'une gestion visant à maintenir sa navigabilité», précise-t-on à la préfecture. «L'Etat assure un entretien visant uniquement à assurer la sécurité face au risque d'inondation en cas de crue. Il n'y a pas de signalisation, ni de balisage des obstacles.» Ainsi les promenades en bateau restent cloisonnées «par bassins». Le comité départemental du tourisme du Loiret reçoit des demandes mais dénombre deux professionnels seulement qui en proposent régulièrement. Ils sont 11 en Indre-et-Loire pour 18 bateaux, selon l'observatoire de l'économie et des territoires de Touraine. A Châtillon-sur- Loire, Jean-François Ruer organise depuis 2003 des promenades en gabare, entre Châtillon et Briare. Selon lui, le potentiel touristique de la Loire est sous-exploité : «il y a des possibilités de développement, j’aimerais bien aller plus loin mais ce n’est pas navigable. Ça pourrait le devenir mais il faut combattre l’administration et son mille-feuilles de procédures. Il faudrait aussi davantage de communication et pas juste sur les châteaux !» Jean-Philippe Van Lauwe, gérant de la SARL Passeurs de Loire à Sigloy, propose des sorties à bord de toues sablières et d’une gabare. Il rappelle que le maître mot c’est «l’adaptation» et qu’autrefois les mariniers ne naviguaient que 200 jours par an, quand il y avait de l'eau : «ce n’est pas aujourd’hui qu’on va creuser le lit de la Loire pour la rendre navigable !» Dominique Joye, président des Compagnons chalandiers de l'agglomération d'Orléans, fait partie de ces passionnés qui pensent qu'il faut voguer «au nom de la culture» avec des vieux gréements. Reste que le passage des centrales nucléaires est un autre problème. Dans le cadre de la Caravane de Loire, une grue est nécessaire pour permettre aux bateaux de franchir les barrages à Dampierre-en-Burly. A Tours, le pont Wilson dont les piles ont été renforcées, est infranchissable. «Je propose un parcours entre le pont de la Motte et le pont Wilson, ce n'est pas faisable d'aller plus loin !», confirme Alain Lacroix, fondateur de l'association Boutavant. Selon lui, il est utopique de croire qu'on peut régler le problème en déplaçant des cailloux : «le dénivelé et le courant seront toujours présents !»

Charles CENTOFANTI


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