Nappes en manque d'eau, les cultures vont trinquer ! 0
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Publié le jeudi 22 avril 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Les pluies hivernales n’ont pas rechargé suffisamment les nappes d’eau souterraines du Loiret. Une mauvaise nouvelle pour les paysans dont l’irrigation des cultures s’annonce très limitée.       Un hiver interminable et hu... Les pluies hivernales n’ont pas rechargé suffisamment les nappes d’eau souterraines du Loiret. Une mauvaise nouvelle pour les paysans dont l’irrigation des cultures s’annonce très limitée. Un hiver interminable et humide, avec plusieurs semaines de neige abondante... L’impression est pourtant trompeuse, les précipitations de cet hiver, «peu pluvieux» selon Météo France, n’ont pas permis de réalimenter convenablement les nappes d’eau souterraines du département ! Et cela augure déjà d’une situation délicate pour les agriculteurs, spécialement pour ceux qui ont des cultures d’été. Depuis les années 2000 et 2001, très pluvieuses, ces dernières années et notamment 2009 se sont révélées plutôt sèches. Il est ainsi tombé 38 millimètres de pluie en janvier à Bricy pour une normale(1) de 52 mm, 36 mm en février (normale de 50mm), 22 mm en mars (47 mm)... En 2009, ce sont 591 mm d’eau qui sont tombés en tout, contre 635 mm pour la normale. Et le début 2010 suit la même tendance baissière : 34 mm relevés en janvier, 43 mm en février, 44 mm en mars. «Il est trop tard pour que les nappes s’approvisionnent avant l’été», souligne Jean-Claude Raynaud, délégué départemental de Météo France. Pour plusieurs raisons : la nappe de Beauce possède une inertie d’environ 6 mois et il faut tenir compte de ce que les météorologues appellent l’ETP (l’évapotranspiration), c’est-à-dire la consommation d’eau des végétaux en fonction de la température et du temps qu’il fait. Or si l’ETP était de 8mm en décembre 2009, en mars 2010 elle s’élevait déjà à 60 mm, soit plus que la quantité d’eau tombée ! Pour ne rien arranger, depuis 20 ans, Météo France constate chaque année 1 à 2°C de plus que la normale. Il a fait 11,38°C en moyenne en 2009 pour une normale de 10,7°C. Parallèlement, le niveau des nappes d’eau, surveillé quotidiennement, se révèle globalement «inférieur à la normale et nous partions déjà avec du retard car l’hiver était sec il y a un an», indique Ariane Bloum, hydrogéologue au BRGM. «Pour le secteur de la Beauce centrale, le niveau est normal à faible, pour le secteur du Loing c’est moins favorable, avec un taux de remplissage quinquennal sec ou décennal sec», précise Frédéric Verley, chef de l’unité hydrogéologie et hydrologie à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) du Centre. Actuellement, par rapport à l’an dernier, 80% des stations du Loiret voient leur niveau orienté à la baisse. Du coup, le 9 avril, les préfets de bassins ont pris des arrêtés concernant l’irrigation. «En fonction du niveau de la nappe, nous attribuons une certaine quantité d’eau à chaque agriculteur», explique Xavier Girard, directeur du service agronomie à la chambre d’agriculture du Loiret. Le préfet doit encore valider ces coefficients de gestion, mais il s’agit déjà d’une mauvaise nouvelle puisque les agriculteurs de la Beauce centrale devraient avoir un droit de tirage de 50% du volume total, environ 40% pour ceux de Montargis, Corbeilles-en- Gâtinais et du secteur du Fusain. Sachant qu’en moyenne, un agriculteur a le droit actuellement à 500m3 d’eau par hectare. «Ce qui est sûr, c’est qu’ils ne pourront pas irriguer comme ils veulent... Nous souhaitons vivement un été pas trop sec, sinon il faudra faire des choix comme sacrifier des cultures au cours de la campagne ou remplacer du maïs par du tournesol, mais c’est déjà trop tard.» Il est néanmoins trop tôt pour dire si cette situation engendrera des pertes de rendement : «il y a un déficit pluviométrique depuis trois ans, mais pas encore de sécheresse !», insiste Jean-Marc Leluc, président du syndicat des irrigants du Loiret. Mais l’été s’annonce déjà chaud : «Pour un grand nombre d’exploitations, l’été sera contraignant et aura des conséquences économiques», reconnaît Jean-Marc Leluc. Spécialement pour ceux qui cultivent des variétés d’été, notamment des betteraves ou des pommes de terre.

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