Mireille, la nouvelle création du Grand Théâtre 0
Publié le mercredi 13 mai 2009 par : Tribune
Tout commence par un long poème écrit en provençal par Frédéric Mistral en 1859. « Mirèio » raconte une histoire d’amour impossible entre Mireille, la fille d’un riche propriétaire terrien et Vincent, un pauvre vannier tanné par le soleil. La famille de Mireille fait évidemment barrage à cette union mais la jeune fille éconduit tous les autres prétendants et reste fidèle à ses sentiments. Sachant Vincent blessé par l’un de ses rivaux, elle décide d’aller prier aux Saintes-Maries-de-la-mer et pour cela, entame la périlleuse traversée du désert de la Crau. Dans cette fournaise, sans son chapeau, elle tombe victime d’une insolation et finit par mourir dans les bras de Vincent. Séduit par l’atmosphère tragique de l’oeuvre, Charles Gounod entreprit aussitôt de transformer ce poème épique en opéra, avec l’assentiment de Mistral.
Séduit lui aussi, Jean-Yves Ossonce, chef d’orchestre et directeur du Grand Théâtre de Tours, a le regard qui brille quand il évoque « ces couleurs provençales qui ne demandent qu’à sortir, cette lumière méridionale légère, mais qui devient étouffante dans le désert de la Crau, où l’on connaît en été une touffeur presque tropicale, où rien ne bouge ». Selon lui, le drame de cette femme, que sa sincérité finira par tuer, est « une histoire vraie, un fait divers. C’est une oeuvre très sincère, vraie et travaillée mais épurée des scories ». Le piège aurait été de monter cette pièce comme une opérette provençale, alors qu’elle est plus proche d’un drame classique à la française. « On a tendance à jouer ce genre d’oeuvres ¨en abat-jour¨, confie M. Ossonce en citant Debussy. J’ai essayé de faire ressortir la vérité de l’histoire et de recréer l’atmosphère provençale, avec notamment un gros travail sur l’éclairage et les costumes, sans pour autant tomber dans le folklorique. Et puis Gounod, ça ne peut pas se jouer comme Wagner ou Brahms. Mireille demande pour les musiciens un effort d’adaptation, à la fois de la précision et de la souplesse ». Cette nouvelle production, réalisée dans les ateliers du Grand Théâtre et mise en scène par Alain Garichot, sera présentée à trois reprises.David Giason
Mireille, de Charles Gounod, au Grand Théâtre de Tours le vendredi 15 mai à 20h, le dimanche 17 mai à 15h et le mardi 19 mai à 20h. Réservations : 02-47-60-20-20 ou théâtrebilletterie@ ville-tours.fr
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