Michel Audiard : artiste grand format, amoureux de la Loire 0
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Publié le jeudi 17 décembre 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

 De créations privées en galeries d’expositions, Michel Audiard s’est construit un parcours atypique d’artiste touche-à-tout talentueux qui jongle avec la matière. Né en 1951 à Paris, il suit des cours aux Beau...

De créations privées en galeries d’expositions, Michel Audiard s’est construit un parcours atypique d’artiste touche-à-tout talentueux qui jongle avec la matière. Né en 1951 à Paris, il suit des cours aux Beaux- Arts, puis, très tôt dans son parcours, crée sa propre fonderie d’art afin de suivre ses projets depuis leur conception imaginaire jusqu’à leur naissance. Ce qu’il aime, c’est créer, dessiner, modeler. Et qu'il s'agisse des stylos qui ont fait sa renommée internationale ou de la Femme-Loire, son ambitieux projet artistique de 30 ans, Michel Audiard fonctionne à l’instinct, à l’envie. Ses amis disent de lui qu’il est fidèle, honnête, à l’écoute. Son travail nous parle de précision, de respect, suscite l’émoi, transpire une délicatesse toute féminine, une quête insatiable du beau et de l’authentique. Malgré de nombreux détracteurs, l’artiste poursuit sa route.

Après les stylos faits d’or, d’argent, de bois précieux et de météorites que toute l'intelligentsia politique et le monde des affaires se sont arrachés comme des trophées, après avoir parsemé la Touraine et de nombreux territoires de plaques émaillées à la mémoire d’hommes ou de savoir-faire, l’heure est au grand format, à son grand format : Sa Femme-Loire. Ce mercredi, la première épreuve numérotée de cet ambitieux travail a été dévoilée à la CCI Touraine, mécène officiel de cette création titanesque. En mars-avril prochain, la première pierre de ce chef d’oeuvre sera posée sur les hauteurs de Marmoutier, le rêve deviendra ainsi réalité. Pour Michel, «le travail débute maintenant !». La Femme-Loire est née d’un dessin gribouillé sur le coin d’une feuille par un jeune artiste et laissée au fond d’un tiroir. Puis un jour, après avoir acquis une crédibilité et s’être fait un nom, le sculpteur montre à nouveau son épreuve et rencontre l’enthousiasme de quelques-uns. Il n’en fallait pas d’avantage pour que l’inventeur se lance dans la réalisation de cette femme aux mensurations hors normes : 40 m de long, l’équivalent de 6 étages de hauteur. Et il n’est toujours pas exclue qu’elle puisse accueillir expositions et événements culturels. L’artiste avoue dernièrement avec un grand soulagement : «Nous venons de trouver une matière en résine pour l’enveloppe charnelle de la sculpture, nous avançons pas à pas, chaque jour est une victoire». En dehors de sa muse, qui l’occupe le plus clair de son temps, à quoi pense l’artiste, quels sont ses projets personnels ? «Un voyage en Algérie sur les pas d’Abdel Kader. Retourner dans le désert. J’y vais chaque année. Et en mars 2010, je me rendrai certainement dans le désert lybien». Entre quelques livres d’Italo Calvino et les discours de Malraux, l’artiste travaille encore. En octobre prochain, Moscou accueillera une grande rétrospective de ses trente années de création. Des pièces uniques venues du monde entier seront rassemblées. Une belle façon d’entrer dans la soixantaine.

Claire Gressieux


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