Médecins généralistes : la pénurie menace l'agglo 0
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Publié le jeudi 22 avril 2010 par : Tribune

Catégories : société

 L’Ordre des médecins vient de publier un atlas régional de la démographie médical. Le Centre a perdu 3,7% de médecins entre 2008 et 2009. Dans l’agglo, le besoin reste couvert mais, d’ici 5 ans, 50% des généralistes partiront en... L’Ordre des médecins vient de publier un atlas régional de la démographie médical. Le Centre a perdu 3,7% de médecins entre 2008 et 2009. Dans l’agglo, le besoin reste couvert mais, d’ici 5 ans, 50% des généralistes partiront en retraite. Des médecins généralistes de plus en plus submergés et des patients qui s’arrachent les cheveux pour obtenir rapidement un rendez-vous... La pénurie ne saurait tarder dans l’agglo ! La galère, elle, a déjà commencé. La moyenne d’âge des 552 médecins généralistes du Loiret grimpe doucement mais sûrement, à 51 ans en 2009 (50 ans à l’échelle nationale), sachant que la moitié d’entre eux a plus de 55 ans et que, plus inquiétant, seul un nouveau diplômé sur 10 décide de s’installer en libéral. La majorité préfère à 62% exercer en secteur salarié tandis que 22% effectuent des remplacements… Le Loiret affiche une densité de plus en plus faible avec 71 médecins généralistes libéraux pour 100 000 habitants (1) et de nombreuses disparités, les secteurs ruraux étant les premiers touchés, mais pas seulement. Dans l’agglo, plusieurs zones commencent à poser problème. Quartier La Source à Orléans, la densité de généralistes est particulièrement faible puisque 12 médecins exercent pour 25 000 habitants. «Dans 5 ans, la moitié des généralistes du quartier seront à la retraite», confirme le Dr Guy Bernardie, 60 ans, secrétaire départemental du syndicat MG France, installé depuis 1978 à La Source. «Quand je partirai, personne ne reprendra », regrette-t-il. Pour tenter d’y remédier, la Ville entretient un projet de maison de santé en 2011, comme à l’Argonne fin 2010. Quartier St-Marceau, les difficultés se précisent aussi: «nous étions 4 dans le cabinet médical, depuis 2009 nous ne sommes plus que deux, un médecin est parti à la retraite, un autre dans le sud de la France», témoigne le Dr Guislain Martin, installé 17 place St-Charles. Ce qui se traduit par des horaires restreints de secrétariat et par «un gros problème pour trouver des jeunes confrères, bien que nous ayons relevé la part de leurs honoraires de 50 à 70%. On en a trouvé une mais elle tient à travailler trois jours par semaine, c’est la génération 35h !» Jean-Pierre Crossonneau, président du conseil de l’Ordre des médecins du Loiret, souligne néanmoins qu’«il n’y a pas encore de problème d’accès aux soins», la moitié des médecins prendraient encore des nouveaux patients. Avant d’ajouter : «les emmerdements commenceront dans trois ou quatre ans !» Le contraste générationnel est saisissant : 70% des médecins désinscrits par l’Ordre sont des libéraux tandis que depuis 15 ans le nombre de médecins remplaçants a explosé de 500%. «Les jeunes ne veulent plus s’installer ! Dans le temps, en caricaturant à peine, le généraliste était un homme qui travaillait 12h par jour et passait sa vie dans son département. Aujourd’hui, dans 70% des cas, c’est une femme qui travaille à temps partiel.» Cécile (2), 33 ans, formée à Tours et médecin généraliste remplaçant dans l’agglo d’Orléans, en est la parfaite illustration : «je compte bien rester remplaçante car c’est une liberté. Ce métier n’est plus un sacerdoce. J’ai envie d’avoir des loisirs et je refuse lorsqu’on me propose un remplacement à Pithiviers par exemple car je ne veux pas passer ma vie en voiture. En 4 ans, j’ai dû tourner sur une douzaine de cabinets différents. Un jour un médecin m’a demandé si je voulais le téléphone la nuit…. J’ai bien sûr refusé et pendant les vacances ma mallette reste à la maison.» Cette jeune médecin va plus loin, en estimant que ses collègues de l’ancienne génération se plaignent trop : «je déclare 40 000€ de bénéfices par an et je travaille 4 jour et demi par semaine. Les médecins que je rencontre se plaignent alors que franchement, surtout ceux de la ville, ils travaillent 10h par jour, ont une astreinte par mois et prennent 8 semaines de congé par an minimum, il y a vraiment pire comme boulot !» Les solutions pour éviter le gouffre ? «Développer les aides à l’installation, les maisons médicales, inciter les médecins retraités à être des libéraux actifs… nous étudions le statut d’auto-entrepreneur », indique le Dr Crossonneau. Cécile, médecin remplaçante, estime quant à elle qu’il faut que les gens se déplacent plus loin et, aussi, revaloriser l’image du métier auprès des étudiants en médecine. «On présente trop le médecin comme un chef de gare alors que je fais des électrocardiogrammes et d’autres actes pointus qui sont passionnants», résume le Dr Martin. Mais tous le savent bien : cela ne suffira pas à rétablir l’équilibre à court terme, vu l’ampleur des dégâts liés au numerus clausus. «C’est la chronique d’une catastrophe annoncée, les énarques ont voulu faire des économies mais n’ont pas pensé à la féminisation du métier», dénonce le Dr Martin.

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