Marie-laure Picat : “mère courage” peut partir l'esprit tranquille 0
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Publié le vendredi 01 mai 2009 par : Tribune

Catégories : Actualités

 Les médecins avaient annoncé qu’il ne lui restait que quelques mois à vivre. Jusqu’au mois de janvier au mieux. Entre les habitants de Puiseaux, agacés par la médiatisation, et ceux qui la suspectent d’avoir raconté des histo...

Les médecins avaient annoncé qu’il ne lui restait que quelques mois à vivre. Jusqu’au mois de janvier au mieux. Entre les habitants de Puiseaux, agacés par la médiatisation, et ceux qui la suspectent d’avoir raconté des histoires, c'est dans une maison toute simple à deux pas de l'Intermarché que Marie-Laure Picat ex- Mezonniaud vit. A 36 ans, elle est atteinte d'un cancer du foie généralisé. Après s'être battue pour placer de son vivant ses quatre enfants chez un couple installé à un kilomètre, “mère courage” attend la fin. Avec son franc-parler et ses yeux bleus impassibles, que seule l’évocation de «ses bébés» ou de ses copines anime, Marie-Laure Picat n’est pas du genre à donner dans le larmoyant. Si on lui pose la question, elle raconte avec un certain détachement que la maladie a gagné du terrain depuis qu’elle a arrêté les traitements.

La morphine ne peut rien contre la gêne respiratoire et la difficulté qu’elle a d’utiliser son bras droit mais elle ne s’apitoie pas sur son état de santé. Elle garde même son humour noir. En allumant sa cigarette, elle ajoute ironiquement qu’elle «nourrit son cancer du poumon.» Pour ce qui est de ceux qui la prennent pour une mythomane, elle répond «je comprends qu’à me voir faire la conne avec mon caddie au supermarché, ils aient du mal à y croire.» Pourtant la maison est déjà vide d’enfants. Julie, 11 ans, Thibault, 9 ans, Mathieu, 4 ans et Margot, 2 ans, se sont déjà installés dans leur nouvelle famille. Marie-Laure Picat ne les verra plus que le week-end. En attendant, comme tous les jours, la maison est remplie par les amies et leurs enfants. Cécile, la copine fidèle et souriante, joue les secrétaires et les aides de vie. Il n’y aura pas d’assistance médicale ni d’acharnement thérapeutique. Marie-Laure Picat a rédigé son testament et a fait en sorte que ce soit Cécile qui prennent les décisions la concernant dès qu'elle n'en sera plus capable. Son sort, elle le remet entre les mains de celle qui la connaît le mieux, «en qui elle a confiance». Mère courage à l’enfance «catastrophique» n’a pas voulu reproduire le modèle parental et a toujours fait passer le bien de ses enfants avant elle-même. Et le père dans tout cela ? «Pour le moment, il n’est pas prêt pour s’en occuper, peut-être plus tard», commente Marie-Laure qui sait qu’il a peu apprécié “Le courage d’une mère”, le livre qu’elle a sorti en mars dernier. «Je comptais laisser une boîte à chacun des petits avec un mot mais on m’a conseillé d’écrire un livre pour raconter mon histoire.» Elle a déjà tout prévu pour son enterrement. Même Tigrou, le chat, qui reste affalé sur le canapé aura un foyer quand Marie-Laure Picat ne sera plus là. En attendant, chaque journée «est un jour de gagné.

Je ne fais plus de projets au-delà de dix jours.» Lorsqu’on lui demande s’il y a des rêves qu’elle aurait aimé réaliser, elle ne sait pas mais pour ces enfants, cette mère veut qu’ils puissent choisir leurs études. «J’avais toujours dit à Julie que je lui ferai faire la conduite accompagnée, j’espère que cela sera fait…» Pour l’heure, Marie-Laure Picat a hâte, au repas du soir, de savourer les fraises qui viennent juste d’être achetées. Et qui sait, peut-être pourra-t-elle faire mentir les pronostics médicaux en fêtant l’anniversaire de son aînée, le 7 mai prochain…


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