Maine-et-Loire : Pôle Emploi, bientôt débordé par la hausse du chômage? 0
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Publié le jeudi 09 février 2012 par : Tribune

EMPLOI Dans le Maine-et-Loire, les agences Pôle Emploi font face à la hausse du chômage. Avec un portefeuille oscillant entre 100 et 130 chômeurs suivis par employé*, la coupe semble bientôt pleine pour les conseillers comme les usagers.

prévisualisation non-disponibleL'objectif de 60 chômeurs par conseiller fixé par l’ancienne ministre de l’Economie Christine Lagarde en 2009 est bel et bien un lointain souvenir dans le Maine-et-Loire. « Nous traitons les dossiers sans retard mais la charge sur les employés reste importante, reconnaît Guy Letertre, directeur territorial de Pôle Emploi dans le Maine-et-Loire. Un agent gère actuellement un portefeuille de 100 à 130 demandeurs d’emploi», voire plus selon les syndicats. « Par comparaison, en Angleterre, le nombre de chômeurs par conseiller se situe entre 40 et 60! », s’exclame Jacques-Etienne Baumal, délégué du syndicat majoritaire SNU Pôle-Emploi FSU dans les Pays de la Loire.

Dans le département, le taux de chômage (en catégorie A) en progression en 2011- +8% par rapport à 2010 selon les chiffres Pôle Emploi Pays de la Loire de décembre 2011 - a continué à creuser les écarts entre les différentes agences. Dans le Saumurois, un bassin économique fragilisé, la pression s’est « de fait » accentuée sur les conseillers avec l’augmentation du chômage de +8,1% (en catégorie A), avoue-t-on. Les agences angevines ont dû également faire face à la hausse des demandes d’emploi. Le Pôle Emploi situé square La Fayette serait particulièrement touché par ce nouveau pic. « En plus de l’augmentation du nombre de chômeurs, cette agence connaît déjà une situation particulière liée au flux d’immigrés, explique Jacques-Etienne Baumal, délégué syndical du SNU à Pôle Emploi. N’étant pas familiarisés avec le système et aussi parfois avec la langue, ils oublient d’actualiser leur compte. Tout doit alors être repris à zéro…».

Pour faire face aux demandes, les conseillers Pôle Emploi n’ont pas eu le choix : ils ont troqué le suivi personnel contre d’autres méthodes, plus rapides. « On utilise des plateformes téléphoniques ; au lieu de faire un rendez-vous personnalisé, on réunit les demandeurs d’emploi par 20 ou 30 pour des formations groupées, se désole le délégué syndical. Si on reçoit un quart des demandeurs d’emploi en entretien, c’est vraiment un bon score ! ». Si la fusion Assedic-Pôle emploi a apporté une certaine efficacité en favorisant la communication entre services et en évitant les va-et-vient entre agences des chômeurs, les nouvelles conditions de travail ont déstabilisé plus d’un conseiller Pôle Emploi. «Ceux qui suivent une formation « placement » alors qu’ils avaient initialement une formation « indemnisation » ont moins d’un mois pour tout connaître ! Les espaces de travail sont aussi de plus en plus réduits. Les employés sont plutôt déconcertés!».

Côté chômeurs, le moral est aussi en berne. «Même si notre association est installée depuis peu et que nous n’avons pas fait encore d’effort de communication, on voit de plus en plus de personnes venir à notre permanence, constate-t-on du côté du groupe Solidarités Nouvelles face au chômage. Ils pensent n’être que des numéros face au mastodonte Pôle Emploi ! ». Les séniors et les chômeurs de longue durée sont les plus touchés. « Plus ils restent sans emploi, plus ils perdent confiance en ce système et abandonnent leurs recherches». Les moins en phase avec l’informatisation se trouvent vite dans l’impasse. « Quelqu’un qui avait des difficultés pour faire ses démarches faisait appel à un conseiller pour se faire expliquer ce qu’il devait faire. Aujourd’hui, sur internet, il est vite perdu», explique Jacques-Etienne Baumal.

Face à la crise de l’emploi, le gouvernement a promis des mesures lors d’un sommet social en janvier dernier, dont l'embauche de 1000 CDD d'un an. «  C’est une très bonne chose, explique Guy Letertre, directeur territorial de Pôle Emploi dans le Maine-et-Loire. Il y aura une meilleure répartition du travail ». Ces promesses semblent par contre avoir laissé les syndicats de Pôle Emploi sur leur faim. « Ce n’est pas avec les 1000 CDD d’un an promis à l’échelle nationale par le gouvernement que nous allons pouvoir régler tous nos problèmes, explique Jacques-Etienne Baumal, du SNU Pôle Emploi FSU. Le Maine-et-Loire ne pourra espérer reprendre que 6 à 8 postes en CDD alors qu’il en a perdu 18 au cours des dernières années». 372 agents indemnisation-placements seraient actuellement en poste – dont 16% ayant passé les 55 ans- dans le Maine-et-Loire contre 390 en 2009. 

*Selon Pôle Emploi

Adresse mail Solidarités Nouvelles face au Chômage : 
sncangers@snc.asso.fr


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