Loire : les poissons épargnés par les PCb mais menacés par le réchauffement de l'eau 0
Publié le lundi 23 novembre 2009 par : Tribune
Catégories : environnement
Bonne nouvelle pour les amateurs de
poissons d'eau douce: les rivières du
département ne sont pas polluées par
les PCB -polychlorobiphényles- une substance
toxique qui peut avoir de graves
effets sur la santé humaine. Les analyses
réalisées sur 14 spécimens locaux sont satisfaisantes:
« trois prélèvements se sont
avérés supérieurs aux normes, affirme
Christophe Mourrieras, directeur départemental
des Services Vétérinaires. Mais ces
dépassements sont infimes, c’est pourquoi
la Préfecture n’a pas jugé nécessaire de
prendre des mesures d’interdiction pour la
vente et la consommation ». Seules les
espèces qui présentent un fort risque de
contamination ont été analysées –des
perches, des silures, un brochet, un mulet
et surtout, des anguilles, susceptibles de
concentrer le PCB dans leurs tissus graisseux.
Reste que si ces substances toxiques
sont particulièrement redoutées, d'autres
facteurs peuvent nuire aux poissons de
Loire. « Les espèces les plus menacées
sont les espèces migratrices, et celles qui
sont particulièrement exigeantes en terme
de qualité d’eau », assure Philippe
Boisneau, pêcheur professionnel et docteur
en écologie aquatique. C’est le cas des
anguilles, des lamproies, des aloses, et des
saumons, qui supportent très mal le
réchauffement climatique. « La température
de la Loire a grimpé d’1,9°C en 30 ans,
explique Philippe Boisneau. Cette situation
permet à la faune et la flore tropicale
provenant de l’aquariophilie de survivre
dans les cours d’eau locaux. On trouve par
exemple des goujons du Mékong, et beaucoup
plus grave, on assiste à la prolifération
de la jussie, une plante très dense qui couvre
la surface de l’eau, empêche la lumière
de passer et fait donc mourir tout ce qu’il y
a en-dessous ». Pour François Chevalet,
président de la Fédération départementale
de pêche, c’est incontestable : « il y a moins
de poissons que par le passé». Et pour
cause, « outre la pollution et les oiseaux
piscivores comme les cormorans, certains
pêcheurs professionnels prélèvent
des poissons sur tous les lots de pêche
du département, sans respecter le repos
biologique des animaux, et sans jamais
les remettre à l’eau ». Pourtant, alors que
l’on recense plus de 30 000 pêcheurs
amateurs en Indre-et-Loire, on ne compte
aujourd’hui plus que trois pêcheurs
professionnels.
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