Loire : les digues n'empêcheront pas les inondations ! 0
Publié le jeudi 11 mars 2010 par : Tribune
Catégories : société
loirela tempête Xynthia
et la catastrophe vendéenne
alertent quant à la nécessaire
protection des riverains face
aux risques naturels.
en Touraine, en cas de crue
majeure, les digues de la loire
ne tiendront pas le choc.
En cas de crue majeure, digue ou pas
digue, entre Nevers et Angers, 300
000 résidents, dont plus de 40 000 à
Tours, et 13 600 entreprises seraient victimes
des inondations, selon les prévisions
de la Direction régionale de
l'environnement, de l'aménagement et du
logement (DREAL) du Centre. Sur l'agglomération
de Tours, une crue similaire
à celle de 1856 provoquerait des dommages
qui sont évalués à 1,98 milliard
d'euros.
Pour Gilles Deguet, ce cas de figure pourrait
être évité si « on laissait simplement la
Loire se déverser là où elle le fait depuis des
millénaires ».
Le membre de l'association
Loire vivante, également candidat sur la
liste Europe Écologie en Indre-et-Loire,
est lucide. « Renforcer les digues, ce n'est
pas idiot, mais cela ne dispense pas d'en construire
de nouvelles. On donne une image de
sécurité aux riverains, mais faire croire qu'on
peut tout maîtriser des phénomènes naturels
est une idée folle et criminelle. » Aujourd'hui,
« on sait que l'une des digues cèdera,
mais laquelle ? » se demande Gilles
Deguet, qui insiste sur la
« nécessaire réduction des constructions en
zones inondables et de leur emprise au sol »,
et s'énerve de constater que le quartier
des Deux-Lions a poussé sur un terrain
où l'eau pouvait hier librement s'étendre.
Marie-France Beaufils, maire de Saint-
Pierre-des-Corps et présidente de l'association
des communes riveraines du Val
de Loire, ne le cache pas non plus : « on
risque des ruptures de digues, surtout aux
endroits étroits. Les villes de Berthenay, La
Riche, La Ville aux Dames ou Saint-Pierre
des-Corps pourraient très bien, du jour au
lendemain, se retrouver avec 1,80 mètre
d'eau ». Érosion des pieds de levées,
glissement de talus, animaux rongeurs,
racines d'arbres : les digues de Loire sont
malmenées et « l'Etat est en retard sur ces
chantiers de renforcement ».
Le cadre européen et sa Directive inondations
sont aussi venus changer la donne.
Ils conduisent « à appréhender le risque de
manière différente (...) en se préparant à des
événements extrêmes » nous dit la Dreal
dans un de ses derniers rapports. L'organisme
distingue 3 scénarii : la crue importante
(niveau de l'eau entre 2 et 3
mètres, la Loire tente de remodeler son
lit mineur), la forte crue (entre 4 à 5
mètres, la Loire mobilise son lit majeur
endigué), et la très forte crue (plus de six
mètres, la Loire envahit son lit majeur naturel,
provoquant l'inondation des zones
industrielles, des bas-quartiers et des stations
d'épuration). En attendant, il convient
donc d'agir -rapidement- sur la
vulnérabilité. La Région y contribue, via
des diagnostics réalisés auprès des entreprises.
Elles sont 7 322 (l'équivalent de
245 000 emplois) à être concernées par
le risque inondation dans le Centre. Côté
collectivités, on a opté pour la mise en
place d'un "Dicrim" (Document d'information
communal sur les risques majeurs)
et on réalise progressivement un
plan de sauvegarde. Des méthodes d'évacuation
et des consignes de sécurité y
figurent. Toute une armada de conseils
que Gilles Deguet résume en un unique
mot d'ordre :
« s'’en aller ou se réfugier à l'étage ».
CLAIRE ROBIN
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