Logement social : six communes à la traîne 0
Publié le jeudi 04 février 2010 par : Tribune
Catégories : société
Avec une prévision d'environ 300
logements construits sur l'agglomération
en 2010, l'habitat social
joue un rôle moteur de le secteur de la construction
et du BTP. Seulement 10 % de
logements sociaux à Fondettes, contre
42 % à Saint-Pierre-des-Corps. En 2009, il
s'est construit, sur l'agglomération de
Tours, 403 logements sociaux. C'est un bon
score global, l'objectif étant de 300 par an,
mais de fortes disparités demeurent. Les
communes en retard sont au nombre de
six : 14 % de logements sociaux à Saint-
Avertin, 15 % à Saint-Cyr-sur-Loire, 16 % à
Chambray-lès-Tours et Luynes. Avec l'élargissement
récent de la communauté d'agglomération,
il faudra aussi ajouter à cette
liste Ballan-Miré.
Tours est la première commune, en volume,
détentrice de logements sociaux : on
en compte 22 000, ce qui représente le
tiers des logements de la ville.
Mais la construction
ne répond pas à tous, puisqu'on
compte environ 2 500 demandeurs sur la
ville de Tours. La capitale de l'agglomération
est largement devancée par Saint-
Pierre-des-Corps, qui compte 42 % d'habitat
social sur l'ensemble de ses logements,
La Riche (33%), et talonnée par Joué-lès-
Tours (28%).
Ainsi, les villes de l'agglomération ont
appliqué la loi SRU (loi relative à la solidarité
et au renouvellement urbains) avec plus
ou moins de zèle. La SRU, qui instaure un
pourcentage de 20 % de logements sociaux
aux communes des agglomérations de
plus de 50 000 habitants, n'est pas respectée
par tous, même si « l'effort collectif y
contribue », selon Frédéric Jullian,
directeur du développement urbain à
Tour(s)Plus. La communauté d'agglomération
veut donc convaincre et promouvoir.
Sa subvention octroyée aux offices d'habitat
est ainsi majorée en cas de construction
sur les communes en déficit de logements
sociaux. Ce budget à vocation incitative
remplace, en quelque sorte, le « financement
d'une potentielle pénalisation ».
« Achat de foncier par la commune et mise
à disposition à des bailleurs sociaux, construction
d'une soixantaine de logements
sociaux d'ici 2011 » : à Fondettes en tous
cas, la municipalité affirme tout avoir mis en
oeuvre pour rattraper le retard.
La construction de logements sociaux sur
l'agglomération, plus importante d'année
en année (107 en 2004, 264 en 2005, 318
en 2006, 303 en 2007, 372 en 2008) a eu
un double effet. Tout en étant fidèle à ses
objectifs, la communauté d'agglomération,
dont l'habitat est une des premières compétences,
a en effet contribué au sauvetage
le secteur de l'immobilier, dont le
fléchissement était palpable depuis 2008.
« Au total, depuis 2004, 22 % des chantiers
qui ont démarré concernaient du logement
social, note Frédéric Jullian. Le parc HLM
existant compte 34 000 logements sociaux,
soit près de 30 % du parc global. » Le
prochain Plan local de l'habitat, dont les
grandes lignes sont aujourd'hui discutées,
permettra t-il de maintenir ce ratio ? « Il est
trop tôt pour le dire », avance prudemment
le directeur. Paramètres démographiques
et économiques, quid de la fiscalité locale :
on peut espérer « environ 300 à 400 logements
pour 2010 », mais rien n'est certain.
La récente loi Boutin a considérablement
changé la donne. En abaissant le seuil des
ressources des candidats à l'habitat social,
la mesure a eu pour conséquence de
« paupériser le parc du logement social ».
Les nouveaux locataires aux ressources
plus modestes ont remplacé les anciens,
invités à déménager en cas de hausse des
ressources. Résultat, le profil des locataires
aurait tendance à s'uniformiser, au détriment
du principe de la mixité. Pour contrer
ce phénomène, Tour(s) plus a signé un
accord l'engageant à accorder 720 attributions
aux revenus les plus bas dans des
ensembles immobiliers où la précarité est
moindre.
A Saint-Pierre-des-Corps, on construit des
logements mariant locatif privé, public et
accession à la propriété depuis les années
2000. « Il faut favoriser la diversification du
parcours d'habitat, tout en permettant aux
salariés de vivre dans le coeur d'agglomération
» note Marie-France Beaufils,
maire d'une ville où les premiers projets
massifs d'habitat social remontent aux
années 50.
L'heure n'est donc plus aux grands ensembles,
mais plutôt à la variété d'un habitat
qualitatif. Nouveau paramètre à prendre en
compte, la performance énergétique et
environnementale. En 2007, sur l'agglomération,
un tiers des logements sociaux
construits justifiaient d'une labellisation
type BBC, HPE ou THPE (respectivement
Bâtiment à basse consommation, Haute
performance énergétique et Très haute performance
énergétique). « En 2009, la proportion
fut de 80 % » se réjouit Frédéric
Jullian.
Claire robin
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