Les soldes sauvés par le froid 0
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Publié le jeudi 23 février 2012 par : Tribune

COMMERCE Une semaine après la fin des soldes, les commerçants tourangeaux dressent le bilan. En majorité, l'arrivée tardive du froid leur a permis de sortir la tête de l'eau.

prévisualisation non-disponiblePar Amandine DUDEK

Merci ! Les commerçants peuvent en effet remercier les températures qui ont finalement décidé de baisser - et le mot est faible  ! - à la fin du mois de janvier. Cet «  effet coup de froid  » permet de dresser un bilan global plutôt bon, selon Martine Cottu, animatrice de l'Union commerciale et artisanale de Tours (UCAT), même s'il s'agit-là d'une tendance, en attendant des données chiffrées. Même sentiment du côté de Christophe Galland, commerçant et nouveau président de la Fédération des unions commerciales d'Indre-et-Loire (FUC), qui pointe du doigt l'extrême douceur de cet hiver  : «  Quand il fait 12°C dehors, on n'achète pas des pulls ou des écharpes  ! Les quinze derniers jours ont donc vraiment sauvé les soldes  ». Juste avant la vague de froid, Christophe Galland entend encore ses collègues se plaindre de stocks qui ne s'écoulent pas, évoquant même une « catastrophe »... Lui aussi parle d'un résultat positif sans pour autant sauter de joie  : «  Ce n'est tout de même pas un grand cru  », concède-t-il. Martine Cottu note cependant que ce bilan varie selon les enseignes et les différentes baisses de prix pratiquées  : «  Les commerces qui ont proposé dès le début des remises de -60 à -70% ont plus peiné que ceux qui ont maintenu un prix «  normal » correspondant à la qualité du produit  ». La raison  ? «  Si les soldes restent exceptionnels et de qualité, pour le client, c'est le moment ou jamais de faire une belle affaire...  », affirme l'animatrice de l'UCAT.

Des objectifs atteints

Dans les boutiques interrogées, on se réjouit dans l'ensemble. Chez Brice, rue Nationale, malgré un démarrage lent, «  les objectifs sont atteints  ». Avec l'hiver qui s'est installé tardivement, parkas et gros pulls ont été les best-sellers du mois. Séverine Adamo, gérante de la boutique Le Boudoir, située rue Marceau, à Tours, ne pouvait pas attendre plus de ces soldes. Contrairement à certains de ses confrères, les ventes ont décollé, et ce, dès le début. « Nous avons fait mieux que l'année dernière. A tel point que quand il a fait un temps glacial, je n'avais plus aucuns produits chauds à proposer aux courageuses qui ont bravé le froid  !  », confie-t-elle. Et d'ajouter  : « Après l'engouement lié au début des soldes et le pic de fréquentation des magasins, il faut tenir la barre, et nous l'avons bien fait ». Même situation chez Gérard Darel, rue des Déportés. Grace Alves, responsable de la boutique, se félicite  : « Depuis mon arrivée il y a trois ans, c'est la meilleure année que j'aie connue ! Nous avons dépassé notre objectif de 12 %, et pourtant les objectifs fixés par le groupe sont parfois difficiles à atteindre... », explique-t-elle. Le top des ventes ? Les manteaux, doudounes et pulls dont les rabais n'ont jamais excédé -50%. La responsable note cependant que le démarrage n'a pas été fracassant. La cause selon elle ? Les soldes flottants. Ces deux semaines de soldes choisies par chaque commerçant dans l'année «  perdent les clientes qui n'y comprennent plus rien du tout  !  » Un souci également noté par Christophe Galland. «  Le problème, c'est que ces soldes flottants sont souvent décidés par un commerçant sans concertation avec les autres magasins du quartier. Or, une initiative individuelle a moins de chance d'être efficace. Là, on noie le consommateur  », reconnaît-il, sans pour autant vouloir donner de leçon... Après les records, le temps est à l'attente... « Ce mois-ci, c'est déjà plus dur car les travaux du tramway ont commencé », déplore Grace Alves.

Un bilan positif... mais finalement pas partout. Le magasin de chaussures Bata, à Tours nord, semble faire figure d'exception. L'hiver étonnamment doux n'aura pas permis à l'enseigne d'écouler tout son stock. « Avec 10 ou 12°C au mois de janvier, il a été difficile de vendre notre collection hiver, et pourtant la fréquentation n'a pas baissé...  », regrette Cyrille Robineau, le responsable. Résultat  : une perte de 20% de leur chiffre d'affaires sur cette période. «  Le mois de janvier 2011 avait été très bon, c'est donc compliqué de refaire les mêmes chiffres. Mais bon, c'est ça le commerce  », ajoute-t-il. Et lorsque le froid est arrivé, le mal était fait  : «  Pendant dix jours, on a bien bossé mais on n'a pas pu rattraper notre retard. A mon avis, nous avons pêché au niveau de notre stock. On aurait dû proposer plus de chaussures mi-saison...  »


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