Les socialistes tourangeaux entrent en zone de turbulences 0
Publié le jeudi 11 juin 2009 par : Tribune
Longtemps, le PS tourangeau fort de son enracinement local pouvait dormir sur ses deux oreilles…Mauvais score national ou pas, le charisme, le savoir-faire politique de Jean Germain permettaient d’envisager l’avenir avec sérénité. Mais cette fois, les choses se compliquent. A Tours, la liste écologiste avec 19,73% des voix prend l’ascendant sur la liste emmenée par Henri Weber. 17,36% pour le PS, même dans un contexte de forte abstention, c’est très peu. Première conséquence tangible de ce résultat catastrophique, Cécile Jonathan, l’adjointe au maire de Tours, deuxième de la liste aux européennes ne siègera pas au Parlement européen. Le mécanisme de la relève locale est enrayé. A droite, au contraire, Philippe Briand, gagne (voir article ci-dessous ) une précieuse alliée. Pour le PS, il y a pire. Les élections régionales de l’année prochaine vont devenir plus compliquées à gérer. Certes, sur le terrain, les écologistes ne disposent pas de leaders très en vue - la verte tourangelle Agnès Thibal ne dispose pas d’une forte notoriété mais désormais, les écologistes sont en droit de faire monter les enchères dans les négociations préparatoires pour les prochaines élections régionales… Pas de quoi fouetter un chat. Pas si sûr, car le sort de la majorité socialiste aux prochaines régionales pourrait bien se jouer en Indre-et-Loire… Le département d’Hervé Novelli est aussi celui de Claude Roiron, la présidente PS du conseil général. Et là encore, il y a urgence à calmer le jeu. Paradoxal, c’est dans les villes et surtout les campagnes tourangelles que risque de se jouer le sort du PS régional. Jean Germain, allié indéfectible de François Bonneau et vice-président du conseil régional va avoir du pain sur la planche.
PS : la stratégie de l’échec « Il faut se mettre à travailler !» Au soir du 7 juin, sur les plateaux de télévision, quelques leaders socialistes reprenaient ce leitmotiv déjà entendu en 2002, en 2007... S'il n'y avait qu'à travailler... Les élections européennes viennent de sanctionner sans appel toute la stratégie développée par le PS sous la nouvelle direction de Martine Aubry. La ligne gauchisante et anti-libérale développée par le sautillant Benoît Hamon, n'a pas mobilisé les couches populaires... Et ces même arguments qui devaient permettre au PS de marquer à la culotte l'extrême-gauche n'ont pas non plus permis aux amis d'Olivier Besancenot de faire une percée. Un constat vrai en France comme dans les autres pays d'Europe. Au coeur de la crise économique la plus grave jamais survenue depuis 1945, les électeurs n'ont pas infligé de défaite aux partis de gouvernement incarnant la défense d’une « économie libérale »... Les personnes âgées – et il y en aura de plus en plus dans notre pays – continuent de voter à droite. Et les « jeunes » issus des classes moyennes urbaines instruites ont manifesté leur attrait pour des têtes de liste écologistes, de vraies personnalités aux mots authentiques... affichant des combats altruistes au nom de la défense de la planète. Des vieux aux abonnés absents, des cadres urbains qui boudent et des ouvriers désespérés... Et voilà pourquoi, il ne reste plus grand monde derrière le PS. Les socialistes ont raté le virage de la social-démocratie il y a maintenant deux décennies. Aujourd’hui, il s’agit d’urgence d’inventer un nouveau projet, un nouveau langage… Les partis de gauche européens doivent inventer la « post socialdémocratie » pour prétendre incarner à nouveau une alternance crédible. Autant dire que les socialistes partent de très loin.
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