Les sangliers font de la résistance ! 0
Publié le mercredi 07 avril 2010 par : Tribune
Les naturalistes s’en
réjouiront : les sangliers restent
insuffisamment chassés dans le
Loiret. Ce qui n’est pas sans poser
des problèmes aux agriculteurs et
aux automobilistes...
Alors que la saison de chasse vient
de s’achever fin mars, un peu plus de
9600 sangliers ont été abattus par les
chasseurs du Loiret depuis le 1er juin 2009,
contre 12 000 sur la saison 2008/2009 et
6835 sangliers prélevés par les détenteurs
d’un droit de chasse en 2004/2005. «Le nombre
de prélèvements est bien plus important qu’il
y a quelques années, des efforts ont été faits»,
assure André Lutun, directeur de la fédération
de chasse du Loiret.
Mais la population de sangliers, qui augmente
naturellement tous les ans alors que le nombre
de chasseurs diminue, a été multipliée par
10 en 20 ans dans la région Centre, d’après les
estimations de l’Office nationale de la chasse
et de la faune sauvage (ONCFS). Et c’est bien
là tout le problème : le sanglier génère des
nuisances considérables. Selon le Fonds de
garantie des assurances obligatoires de dommages
(FGAO), qui indemnise les dommages
lors d’accidents de la circulation causés par
des collisions avec les animaux domestiques
appartenant à des propriétaires non assurés
ou inconnus, le sanglier a été impliqué dans
372 accidents de la route déclarés en 2008
dans le département du Loiret. Surtout, l’animal
est présent dans 40% des collisions indemnisées
et participe ainsi à classer le Loiret
9e des départements français, en termes de
nombre de collisions avec des animaux... Du
côté des cultures, le sanglier vorace fait aussi
des ravages. «Environ 50% des dégâts contre
25% il y a quelques années», alerte Luc Barbier,
agent de la cellule technique de l’ONCFS. En
2008/2009, 662 hectares ont été détruits par
des sangliers dans le Loiret, ce qui a eu pour
conséquences une facture de 500 000€ pour
les chasseurs (contre 189 000€ en 1997).
«Comme les prix des céréales ont baissé, il devrait
y avoir une légère baisse du montant des dégâts
pour 2009/2010», positive André Lutun qui
note une influence de la météo.
Pour enrayer le phénomène, la Direction
départementale de l’agriculture et de la
forêt (DDAF), mandatée par le ministère
de l’écologie, a abaissé à 30€ le montant du
bracelet, étendu au maximum la période de
chasse du sanglier et dressé une carte des
zones à risque, fin 2009, avec une taxe fixée
à 11€ par hectare forestier – contre 0,5€
ailleurs - payée par le propriétaire à la fédération
de chasse. Sans surprise, La Puisaye
se situe en zone noire et des communes
comme Cerdon, Coullons, Saint-Gondon,
Lion-en-Sullias ou encore Dampierre-en-
Burly sont en zone rouge. Luc Barbier, chasseur
et représentant de l’ONCFS, reconnaît
que les prélèvements ont «un peu évolué»
mais ne se fait pas d’illusion : «le monde de la
chasse reste très conservateur, on laisse des laies
adultes en vie pour conserver des reproductrices.»
Il pointe aussi du doigt l’agrainage à poste fixe,
c’est-à-dire la pratique qui consiste à nourrir
artificiellement le sanglier, qui reste toléré
dans le Loiret à raison, depuis 2009, d’un kilo
de maïs par hectare boisé par semaine. «Cette
année les postes d’agrainage devraient être automatisés
dans le cadre du plan national de régulation
mais si on veut baisser vraiment la population
de sangliers, il n’y a qu’à interdire la pratique !»
Et si la menace des sangliers persiste,
la préfecture peut décider de déclencher
une battue administrative...
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