Les métiers de bouche recrutent de plus en plus de jeunes 0
Publié le jeudi 17 décembre 2009 par : Tribune
Catégories : économie
Les métiers de bouche vont très bien. Il n'y
a pas de baisse du chiffre d'affaires. C'est
même le secteur le moins touché par la
crise. Car les consommateurs ont toujours envie
de se faire plaisir avec la nourriture et baissent
plutôt leur budget loisirs", explique Amélie Cibert,
chargée de mission spécialisée sur le secteur
alimentaire à la Chambre des métiers et de l'artisanat
d'Indre-et-Loire. Si une étude de l'Observatoire
du centre de gestion agréé 37 indique
une baisse de fréquentation des boulangeries de
l'ordre de 6 % depuis le début de l'année, le chiffre
d'affaires, lui, reste identique à celui de l'an
dernier. "Et les fêtes devraient nous faire rattraper
cette petite baisse de fréquentation.
Les chocolats
se vendent bien, ainsi que les pains fantaisie...",
lance Pascal Brault, président de la
fédération des artisans boulangers-pâtissiers
d'Indre-et-Loire. Même son de cloche côté boucherie.
James Doiseau, président de la chambre
syndicale de la boucherie et de la charcuterie en
Indre-et-Loire, affirme même que la profession,
qui emploie 70000 personnes en France, aurait
4000 à 6000 à offrir : " C'est un métier qui
manque de personnel et recrute." "Il y a énormément
de débouchés. Mais beaucoup d'offres
ne sont pas pourvues. Trop peu de jeunes se
lancent dans ces métiers pour combler l'ampleur
des départs en retraite ", estime Amélie Cibert.
Beaucoup de commerces seront à reprendre
dans les années qui viennent. Car les artisans
prennent de l'âge : 41 % des bouchers-charcutiers
sur les vingt-trois commerces que compte
Tours, ont plus de 50 ans. Le chiffre grimpe à
53% en ce qui concerne les huit charcuteries de
la ville. Et redescend à 37 % pour les quinze
pâtisseries et à 26 % pour les cinquante-deux
boulangeries. Pourtant, cette année, cent quatre-
vingts jeunes se sont inscrits en CAP boulangerie-
pâtisserie à Tours, soit le même nombre
que l'an dernier et que les années précédentes,
et la filière viande, certes moins demandée,
connaît un petit regain d'intérêt depuis quelques
mois... "Les métiers de la viande sont moins prisés
par les jeunes alors qu'il s'agit de métiers fabuleux.
Il y a toute une partie de création, de
décoration. Le problème, c'est que ça ne se sait
pas. Il y a un déficit d'image. Pas assez de communication
pour expliquer ces métiers. Pourtant,
il y a beaucoup d'offres d'emplois et de possibilités
de créer sa propre entreprise", affirme Hervé
Hureau, adjoint de direction responsable de
l'animation et des projets européens au CFA
de la Chambre des métiers. Alors, la Chambre
des métiers a employé les grands moyens en
créant en 2006 un CAP par alternance pour les
adultes âgés de 25 à 45 ans au sein de son CFA.
"Une année sur deux, une dizaine de candidats
se forment sur dix mois en boucherie ou en
boulangerie. Cette année, c'est la boucherie.
Certains ont déjà repris un commerce. Il y a tellement
d'offres que tous trouvent facilement
un emploi", poursuit Amélie Cibert. Hervé
Hureau garde en tête de belles réussites
professionnelles dans les métiers de bouche :
"un jeune garçon qui faisait une formation en
boulangerie et que j'avais envoyé dans une
entreprise en Angleterre est ensuite parti au
Mexique, puis aux Etats-Unis. Il est aujourd'hui
responsable de la production de viennoiseries au
Bellagio hôtel de Las Vegas."
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