Les jardins ouvriers familiaux font leur retour 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le mercredi 07 avril 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Orléans compte 327 jardins ouvriers familiaux mais la crise et la tendance écologique donnent un nouvel élan ce genre d’initiative.        Depuis les années 2000, les jardins ouvriers et familiaux connaissent de nouveau un fort engouement. ... Orléans compte 327 jardins ouvriers familiaux mais la crise et la tendance écologique donnent un nouvel élan ce genre d’initiative. Depuis les années 2000, les jardins ouvriers et familiaux connaissent de nouveau un fort engouement. «Nous avons une soixantaine de personnes en attente», explique Jean-Claude Férail, 60 ans, le président de cette association, «le salon du chocolat d’Orléans que nous avons organisé nous a permis de recueillir 20 000€. Ces bénéfices vont permettre de rendre accessible et amener l’eau à un terrain de 5000 m2 au nord d’Orléans et d’en faire une vingtaine de parcelles. Nous avons aussi des projets à Boigny- sur-Bionne avec des parcelles de 150m2. Les mairies commencent à nous solliciter car les jardins permettent de conserver une biodiversité en zone urbaine.» Les villes de Semoy, La Chapelle, Olivet seraient intéressées. Jusqu’à présent, la plupart des jardins se trouvaient sur des terres appartenant à l’association. Pour l’heure, le succès est tel qu’il faut attendre souvent deux ou trois ans pour accéder à une parcelle. «La priorité va aux personnes en habitat collectif et à celles n’ayant pratiquement pas de jardin en maison individuelle», indique le président, «nous attribuons les parcelles les plus près de leur lieu de résidence.» Le coût est en moyenne de 120€ par an de location pour un terrain, avec l’eau, un abri de jardin et le magazine de l’association plein de conseils de jardinage. Le locataire doit également donner 4h de son temps afin d’aider à l’entretien des parties communes. Les nouveaux adeptes du jardinage sont aussi bien des retraités «qui ont des difficultés avec des petites retraites, que les jeunes quadragénaires attirés par l’aspect environnemental et la diversité des variétés qu’ils peuvent cultiver.» Parmi les occupants des jardins l’Abbé Lemire à Orléans, Alphonse Soumagnas, 76 ans, est adhérent depuis huit ans. Il passe deux heures par jour à s’occuper de son lopin de terre et déjà les premiers choux font leur apparition. Tous ces jardiniers disent ne plus acheter de légumes car un jardin bien organisé peut tout produire. Sans compter, la solidarité qui règne entre les occupants. Les jardins ouvriers familiaux ne datent pourtant pas d’hier. En France, ils ont été créés par l’Abbé Lemire avec la révolution industrielle. «Le but était d’apporter de la nourriture aux ruraux qui étaient venus en ville et en même temps de leur trouver une occupation pour qu’ils ne boivent pas leur paye au bistrot», explique Jean-Claude Férail, «Orléans n’a jamais été très industrielle, c’est pour cela qu’il n’y a pas eu beaucoup de jardins, contrairement à Blois qui en compte 800 avec la présence de la chocolaterie Poulain.» Dans l’Orléanais, l’initiative est née grâce au don de terres de congrégations religieuses. Des notables créèrent en 1904, l’Association orléanaise pour jardins et immeubles ouvriers. Avec les guerres, le nombre de jardins ne va cesser d’augmenter, pour atteindre près de 800 jardins avec le régime de réquisition. Une croissance que les jardins devraient connaître à nouveau dans les années à venir.

Voir l'article complet