Les forêts de la région encore très sous-exploitées 0
Publié le mardi 11 mai 2010 par : Tribune
Après une année 2009 ralentie, la filière bois relève la tête, portée par les bioénergies et la construction «verte». Mais, contrairement aux idées reçues, la forêt reste sous-exploitée au regard de son potentiel. La forêt gagne du terrain ! En région Centre, parallèlement aux terres agricoles abandonnées, la forêt s’accroît naturellement de 6,4 millions de m3 par an, soit 3000 hectares de plus, pour 2,7 millions de m3 récoltés sur la même période, selon Arbocentre, association qui représente l’interprofession de la filière forêt dans la région (155 adhérents). «Nous prélevons actuellement moins de la moitié de l’accroissement naturel », explique Éric de la Rochère, directeur d’Arbocentre. «En Sologne par exemple, avant c’était composé de plaines et de bosquets, aujourd’hui le paysage se ferme.» Le potentiel de développement de la filière bois est d’autant plus important, selon les professionnels du secteur, qu’un emploi est créé pour 200 à 300 m3 de bois mobilisés. «Nous ne mobilisons que 50% de l’accroissement naturel en forêts privés et 85% de la production forestière en forêts domaniales», indique Jean-Michel Soubieux, directeur de l’Office national des forêts (ONF) du Loiret, sachant que la durée d’exploitation d’un chêne oscille entre 80 et 150 ans, entre 40 et 80 ans pour les résineux et entre 15 et 20 ans pour un peuplier. Ainsi, la surface forestière progresse en France : de 10 millions d’hectares de bois en 1900, les forêts représentent aujourd’hui quelque 16 millions d’hectares (+60%). Le taux d’occupation des 900 000 hectares de forêt en région Centre augmente également. Il représente 23% de la surface totale en région Centre, 25% dans le Loiret (180 000 hectares) et 31% en France. Pour tenter de maîtriser le phénomène, l’objectif affiché est de mobiliser 200 000 m3 de bois supplémentaires par an dans la Région, «soit 1000 emplois», évalue Jean-Michel Soubieux. La tempête de 1999 et, plus récemment, la crise économique ont mis un coup de frein au développement du marché du bois. Ainsi en 2009, parallèlement à la chute des cours (lire encadré) et à une moindre demande, l’ONF - qui vend habituellement 320 000m3 de bois par an -, n’a vendu que 240 000m3 : «il y a eu plus de la moitié du volume invendu l’an dernier », déplore Jean-Michel Soubieux. Les 4000 entreprises de la région Centre (20 000 salariés ; 3 milliards d’euros de CA), surtout des PME et TPE puisque l’effectif moyen est de 5 salariés, ont aussi enregistré une baisse d’activité. Ce qui s’est traduit par -20% de chiffre d’affaires, en moyenne, dans l’industrie et -4% dans l’artisanat, selon Arbocentre. «La crise est générale et l’activité du bois, notamment les charpentes, est fortement liée au secteur du bâtiment qui ne s’en est toujours pas remis. Cela va un peu mieux pour le marché de palette et la construction bois s’en sort bien tout comme le bois énergie», souligne Éric de la Rochère. Dit autrement, les feuillus (le chêne), destinés à l’ameublement, à la tonnellerie et à la fabrication de parquets, ont été frappés de plein fouet par la crise et connaissent une légère embellie. En revanche, les résineux (le pin sylvestre) ont retrouvé leur niveau d’avant la crise, portés par la maison en bois : «en 5 ans, la construction bois en maison individuelle est passé de 5 à 8% de parts de marché», précise Éric de la Rochère. Depuis le début de l’année 2010, la demande de bois redevient soutenue, avec peu d’invendus. «Il y a des soubresauts qui nous laissent imaginer un mieux mais ça reste fragile», estime Jean-Michel Soubieux. «Reprise molle sur le traditionnel... mais fort développement pour la partie verte et innovante !», résume Éric de la Rochère. Votre tribune
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