Les festivals ne sont pas prêts de couper le son ! 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le mercredi 13 juillet 2011 par : Tribune

Catégories : festivals

Jamais les festivals de Touraine n’avaient autant fait le plein. Le week-end dernier, le festival Terres du son a attiré 27 000 festivaliers. Celui des Courants, à Amboise, du 1er au 3 juillet, a emmené sur l’île d’Or 16 000 personnes. La recette du succès : des artistes connus et reconnus et une bonne organisation des bénévoles et des associations.

Un festival coûte très cher : de 72 000 € à 750 000 €. D’où provient cet argent ?« L’organisation du festival Terres du son représente 750 000 €,...

Un festival coûte très cher : de 72 000 € à 750 000 €. D’où provient cet argent ?
« L’organisation du festival Terres du son représente 750 000 €, autofinancé à 90% par les recettes billetterie, bar et restauration. On a 50 000 € de partenaires privés et l’équivalent de 35 000 € par le conseil général, financeur principal, et 18 000 € de la Région », explique Hugues Barbotin, co-fondateur du Festival Terres du son. Pour organiser un festival, il faut aussi faire preuve de jugeote : main d’oeuvre pas chère, partenariats... « Il y a aussi des échanges avec des entreprises pour la communication, des valorisations de matériels qui ne rentrent pas dans le budget des 750 000 €. Sinon, on serait à près d’un million d’euros, notamment sans les 570 bénévoles ».

Même modèle économique pour les organisateurs du festival les Courants à Amboise et sa soixantaine de bénévoles : « On a deux types de budgets, de 170 000 € pour le festival (le plateau artistique, la partie technique, la sécurité, les hébergements), dont 60 000 à 70 000 € pour les artistes et de 250 000 € de valeur réelle si l’on compte la main d’oeuvre que nous offrent les bénévoles, les prêts de barrières, de scènes... », précise Stéphane Delbarre, président de l’association organisatrice Dynasso Prod. Les recettes proviennent pour un tiers de la billetterie, de la restauration et des partenaires privés qui fournissent 30 000 € et des institutions qui financent 38 000 € (12 000 € de la Ville d’Amboise, dont 9 000 € fléchés sur la musique, et 3 000 sur le festival de BD, 8 500 € du Conseil général, 8 500 € de la Région...). « Depuis 2008, la Communauté de communes des Deux Rives finance la bande dessinée uniquement à hauteur de 5 000 €. C’est nouveau. Par contre, la Communauté de communes du Val d’Amboise, qui a la compétence du soutien aux manifestations culturelles de rayonnement communautaire, ne finance aucune manifestation », déplore Stéphane Delbarre.

« Le budget augmente chaque année, reprend Hugues Barbotin. Le coût de la vie et les cachets artistiques augmentent, même sur des artistes pas forcément plus importants. On a quasiment pris 10% d’augmentation ». Conséquence : une imputation sur la billetterie. « Cette année, on a maintenu le prix des Pass 2 et 3 jours au même prix que l’année dernière et on a augmenté les entrées d’une journée pour inciter les festivaliers à prendre des Pass 3 jours ».

Pour ce festival au rayonnement quasi national, l’augmentation du coût de l’entrée n’a pas de conséquences sur la fréquentation, au contraire. Mais pour les festivals de moindre importance, le manque de subventions essouffle les organisateurs et menace le festival. Exemple avec le festival Pad’Non à Loches. Pour les 10 ans du festival, qu’ils fêteront les 2,3 et 4 septembre, les organisateurs investiront 20 000 € de plus que les années précédentes, soit 72 000 € pour offrir au public deux après-midis de concerts gratuits. « On a un gros soutien de la ville de 18 000 € sauf que depuis 8 ans cette année, il n’a pas évolué financièrement alors qu’au niveau technique et masse salariale, ça a augmenté. On leur a demandé de passer cette année, pour nos 10 ans, la barre des 20 000 €, mais ça n’a pas été accordé. » Ingrid Jamin, coordinatrice du festival Pad’Non, tempère : « Mais on doit notre réussite aussi à leur soutien. Par contre, on n’a pas de subventions de la Région ou de l’État et ce n’est pas faute d’avoir essayé ». Par contre, les organisateurs peuvent compter sur la mise à disposition du terrain et de 2 500 € du Conseil Général. Ce dernier subventionne dix-neuf manifestations culturelles et investit pour elles près de 210 000 € en 2011 contre 150 000 € en 2008.

Alexia MELLIER


Voir l'article complet