Les entreprises confrontées à une hausse des impayés 0
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Publié le jeudi 25 mars 2010 par : Tribune

Catégories : économie

 Les entreprises voient leurs impayés augmenter. Les huissiers et le tribunal de commerce enregistrent une progression de leur activité. face à ce phénomène, les entreprises doivent gagner en rigueur.    L...

Les entreprises voient leurs impayés augmenter. Les huissiers et le tribunal de commerce enregistrent une progression de leur activité. face à ce phénomène, les entreprises doivent gagner en rigueur.

La hausse des impayés déstabilise la trésorerie des entreprises. Et le nombre de sociétés concernées a bondi : au Tribunal de commerce de Tours, on a compté, en 2009, 26,7 % d'entreprises placées en redressement judiciaire, c'est-à-dire en cessation de paiement, de plus que l'année précédente. « Depuis la crise, inévitablement, on constate une hausse des impayés » regrette Serge Babary, de la CGPME Touraine (Confédération générale des PME). Et qui dit impayé dit impact sur la trésorerie, voire défaillance. D'où la nécessaire vigilance. « Toutes les entreprises peuvent être touchées : il suffit parfois d'un seul client, même en bonne santé, qui n'a lui-même pas été payé » prévient Yves Massot, vice-président de la CCI. Plus les créances sont élevées, plus la trésorerie est menacée. Serge Babary en veut pour exemple les sociétés de service aux entreprises, « nombreuses en Indre-et-Loire » : le décalage entre les entrées d'argent et le paiement des charges sociales fait qu'elles doivent bien souvent financer « jusqu'à deux à trois mois de chiffre d'affaires ».

Une avance que toutes n'ont pas et de loin. Les PME sont les plus touchées par les dossiers d'impayés. Les sous-traitants industriels de deuxième ou troisième niveau en font malheureusement les frais, « lorsqu'un client qui représente 50 % ou plus du chiffre d'affaires ne peut pas régler la facture ». A ces dossiers d'impayés se sont aussi ajoutés ceux « des agences immobilières, beaucoup touchées pendant la crise », révèle Maître Laurent Rafel, président de la chambre départementale des huissiers de justice. Observateur "privilégié" de ces mauvais payeurs, l'Ursaaf, qui constate une hausse des impayés de cotisations sociales. Pas étonnant, donc, qu'elle soit « le premier créancier à assigner en redressement judiciaire », précise Maurice Georges, médiateur et président du Tribunal de commerce. Que faire, alors, lorsque le règlement se fait attendre ? Agir, c'est sûr, mais vite, car les chances de paiement se réduisent avec le temps. « A quatre ou cinq jours passée l'échéance », Yves Massot conseille d'envoyer les premières lettres de relance. Le recouvrement peut se dérouler à l'amiable, mais il est parfois nécessaire d'entamer une procédure judiciaire. « L'injonction de payer, que l'on envoie à son débiteur, est rapide et peu onéreuse. Elle est de plus en plus utilisée, aujourd'hui, et permet obtenir un titre exécutoire par un huissier » explique Maurice Georges. Problème, chez les entrepreneurs, « il n'est pas toujours de bon ton de recourir à un huissier » reconnait t-on à la Chambre départementale de la profession. Par souci d'image, pour faciliter les négociations commerciales, les entreprises de Touraine, terre du compromis et de l'arrangement, sont nombreuses à accorder des facilités de paiement aux clients fidèles. Pourtant, pour la CCI comme la CGPME, il n'y a pas de secret : de la rigueur, toujours de la rigueur. En clair, relancer un mauvais payeur, c'est montrer sa détermination et gagner en crédibilité. Et cela, pense Yves Massot, c'est tout bon pour l'image. Donc tout bon à prendre en attendant de voir poindre la reprise. Claire robin Site d'aide aux entrepreneurs de la CCI Touraine : www.janticipe-mes-difficultes.com

Huissier ou société de recouvrement : combien ça coûte ?

Les honoraires de l’huissier, en ce qui concerne le recouvrement judiciaire, sont réglementés par un barème. Ils s’élèvent à 12% jusqu’à 125€, 11% entre 125€ et 610€, 10,5% entre 610 et 1 525€ et 4% au-delà de 1 525€. Les honoraires sont à la charge du client, tandis que les frais de procédure sont à la charge du débiteur. Dans le cadre d’une procédure amiable, les sociétés de recouvrement sont libres de fixer leur tarif, en général de 5 à 25%. Les huissiers prennent en moyenne entre 12 et 15%.


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