Les châteaux de Touraine sont aussi victimes de la crise 0
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Publié le jeudi 04 mars 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Finie, la vie de château pour l'immobilier de luxe ! Aujourd'hui, les châteaux de Touraine se vendent moins bien. Les propriétés haut de gamme ne sont plus l'apanage des milliardaires russes ou japonais, comme c'était le cas il y a dix ans. Envol... Finie, la vie de château pour l'immobilier de luxe ! Aujourd'hui, les châteaux de Touraine se vendent moins bien. Les propriétés haut de gamme ne sont plus l'apanage des milliardaires russes ou japonais, comme c'était le cas il y a dix ans. Envolés sur la côte d'Azur ou ailleurs en région Centre, les acquéreurs étrangers ont cédé la place à une clientèle moins exotique : les Parisiens. Comme les prix ont baissé, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à devenir châtelains dans le département. Mick Jagger joue toujours les touristes de bords de Loire, dans son château près d'Amboise, mais il est bien esseulé, aujourd'hui. Pourtant, ce n'est pas l'offre qui manque. Ni les arguments. En témoigne par exemple ce laïus alléchant sur le site de Brosset immobilier. En sud ouest Touraine, un château T22 de 1400 m2, datant du XIIe siècle. « Complètement restauré, il a été reconstruit dans des prestations très haut-de-gamme, avec spa, hammam et fauteuils de massage » peut t-on lire. Son coût ? 3 180 000 €. Si les prix ont baissé, c'est que le marché 2009 n'a pas été « florissant », selon la conseillère en immobilier Délia de Vries.

La négociatrice de Domaines & châteaux le dit : « nous sommes revenus à des prix corrects en Indre-et-Loire : la majorité des demandes concernent des biens allant de un à deux millions d'euros, comme les petits châteaux ou les manoirs. Au-delà, nous n'avons que très peu de clients. » Le luxe n'aurait plus la cote ? C'est à croire, car aujourd'hui, il se vend en une année "seulement" 50 biens de plus d'un million d'euros, et rares sont les investisseurs qui s'imaginent résider dans une demeure de 2000 m2. « Sauf pour un usage professionnel, comme c'est le cas avec les hôteliers » note l'experte ès immobilier de prestige. « Le chiffre d'affaires a subi cette chute de grosses ventes, accusant, en 2009, une baisse d'environ 30 % de ses transactions », dévoile la FNAIM (Fédération nationale des agents immobiliers). Jacqueline Vervialle, conseillère en immobilier pour l'agence CCG, parle même de la « mauvaise ambiance » du marché mais se réjouit qu'il n'y ait plus de « folie des prix » en Touraine. La spécialiste, qui confie quand même « avoir tout récemment vendu une belle propriété en première couronne de Tours, à quatre millions d'euros », témoigne du ralentissement de l'activité en reconnaissant que « les affaires sont plus longues à aboutir qu'autrefois ». Le marché du prestige serait donc un marché comme les autres ? Non... La preuve, « la prudence des acheteurs ne s'explique pas par des raisons économiques, mais psychologiques » note Bruno Brosset, président de la FNAIM 37. En clair, pendant la crise, les acquéreurs ont boudé les propriétés luxueuses, préférant faire profil bas avec des investissements plus modestes. A 55 minutes en TGV de Paris, les Franciliens ont été les premiers à profiter de ce retour à la normale. D'autant plus que, depuis la crise, « l'offre de châteaux a véritablement augmenté », souffle Délia de Vries : « pour l'équivalent du prix d'un bel appartement parisien, vous avez un beau manoir ici ! » Hormis une poignée d'Anglais -qui préfèrent les maisons ou les longères-, la clientèle étrangère ne représente, en Touraine, qu'1 % des acheteurs. « Les étrangers lorgnent sur les villes avec un patrimoine du Moyen-âge, comme Loches ou Chinon » précise Bruno Brosset. Les grands absents du marché : les Chinois. Jacqueline Vervialle y croit pourtant, persuadée qu' « ils seront la clientèle de demain ». Mais pour Bruno Brosset, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Pour les milliardaires asiatiques « en quête de vitrines françaises », les châteaux de Touraine ne sont pas assez chers... Difficile à comprendre, mais le prestige, on l'a dit, n'est pas un marché comme les autres.

Claire robin


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