Les bords de Loire s'animent à vitesse lente 0
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Publié le vendredi 18 juin 2010 par : Tribune

Catégories : société

 Ô Batô propose une mini promenade fluviale le vendredi. Deux chalets viennent d’être installés quai du Châtelet, les bouquinistes arrivent et la rue des Halles semble en passe de sortir de son inertie. Les bords de Loire ...

Ô Batô propose une mini promenade fluviale le vendredi. Deux chalets viennent d’être installés quai du Châtelet, les bouquinistes arrivent et la rue des Halles semble en passe de sortir de son inertie. Les bords de Loire d’Orléans bougent... mais lentement.

Après l’avoir boudée pendant un siècle, Orléans cherche à se tourner vers la Loire. Mais au-delà de la volonté politique, réaffirmée, de voir les bords de Loire devenir un lieu de vie à part entière, force est de constater qu’entre le festival de Loire… et le festival de Loire, rien ne se passe, ou presque. Les choses sont en train de changer ! Après les déboires que l’on sait, le bateau-bar Ô Batô, ex-Inexplosible livré en 2007 et repris il y a un an, a largué les amarres pour la première fois avec 45 passagers à son bord vendredi 11 juin pour une promenade d’une heure, entre les ponts Thinat et George V. Guillaume Philippot, le gérant, entend bien renouveler l’initiative (30€ par personne, 50€ pour un couple, 15€ pour un enfant) chaque vendredi et s’ouvre aux entreprises (1). A condition que la demande soit suffisante… «Nous travaillons d’arrache-pied avec l’Etat pour que le bateau puisse aller au-delà de Thinat et jusqu’à Combleux», explique Anne d’Aux, conseillère municipale déléguée au patrimoine ligérien. L’affaire de «quelques pierres» à enlever sous le pont et d’un balisage à mettre en place. Sur la terre ferme, un manège a fait son apparition place de la Loire (2€). Des démonstrations de rock s’improvisent tous les vendredis de juillet de 20h à minuit ainsi que de la salsa les dimanches de 16h à 20h. Un nouveau restaurant gastronomique, Le Lièvre Gourmand, a ouvert en avril. Et l’association Les Compagnons Chalandiers organise un rassemblement de mariniers, à la Capitainerie et sur la Loire, les 26 et 27 juin. Mais les guinguettes, annoncées par l’AgglO et la Ville, prennent pour l’instant la forme de deux chalets (empruntés aux 66 achetés pour le marché de Noël), déposés il y a quelques jours sur le quai du Châtelet, au niveau de la rue des Bouchets. «Nous faisons un essai, je veux amorcer la pompe», commente François Foussier, adjoint au commerce, «ce sera du provisoire pendant trois ou quatre mois, le but c’est de les adapter et d’installer un décor bords de Loire». Ces chalets visent à proposer aux promeneurs, notamment aux milliers de cyclistes qui font la Loire à vélo, une possibilité d’étape à Orléans avec vente de boissons, glaces et autres gaufres... «Je veux du qualitatif, ils ouvriront sous 8 jours du mercredi au dimanche», précisait vendredi 11 juin François Foussier. Autre changement dans les tuyaux : en parallèle du marché aux livres, place du Martroi, les bouquinistes viendront tous les dimanches près du pont George V. Les triporteurs, eux, restent à l’état de projet. Un bar à jus ambulant devrait toutefois «bientôt» voir le jour. Quant au bateau-lavoir, il «mûrit doucement». Selon d’autres sources, il est au point-mort. «Ça va monter en puissance !», assure François Foussier. La rénovation du quai du Roi, inscrit au projet d’AgglO (5,9 millions d’euros), se rapproche aussi. Elle inclut la réalisation de la continuité du cheminement piétons/cycles, l’enfouissement des réseaux, et la création – controversée - d’un skate parc ou de jeux d’enfants, sachant que le devenir du marché est au coeur de la réflexion. Une réunion publique aura lieu en septembre. Olivier Carré reconnaît que les bords de Loire manquent d’attractions à Orléans, mais il reste «convaincu que ça viendra, nous y travaillons mais nous avons besoin du soutien des investisseurs». La ville, seule, ne peut pas tout faire. Et l’on arrive au feuilleton de la rue des Halles, repris en main à 100% par le groupe Casino après qu’Apsys a réorganisé son portefeuille l’an dernier. «Le chantier de l’îlot E démarre !», annonce Olivier Carré. La parcelle située entre la rue au Lin et la rue des Halles sera démolie dans les prochains jours, en vue d’installer des surfaces commerciales. «La commercialisation a bien avancé, on aura bouclé avant l’automne !», affirme Olivier Carré. Aucun nom d’enseigne n’est rendu public de peur, sans doute, d’un revirement de dernière minute : «il y aura un ou deux restaurants, de la culture, des loisirs…» Entre 50 et 70% de la totalité des surfaces commerciales feraient l’objet d’un accord verbal, mais les baux ne sont pas signés. «Si la rue des Halles suit, les quais seront animés aussi à Pâques et à la Toussaint !», promet François Foussier. Pour l’heure, la halle Charpenterie reste «une coquille vide» et «un plantage majeur », aux yeux de Corinne Leveleux-Teixeira, conseillère municipale (PS) d’Orléans. «Les quais ne sont qu’un lieu de passage», regrettet- elle, avec «le manque» d’une passerelle piétonne pour relier St-Marceau au centre-ville. Dominique Lebrun, conseiller d’opposition (PCF) rêve, lui, d’un passeur de Loire et craint l’ouverture des futurs commerces de la rue des Halles le dimanche : «nous souhaitons que les gens y flânent sans leur porte-monnaie !» A Tours, la situation fait sourire. «Cela fait au moins 20 ans que nous avons la guinguette Lulu Parc à Rochecorbon, c’est noir de monde !», témoigne-t-on au comité départemental du tourisme en Touraine. Et pour la 3e année, une guinguette lancée par la Ville, incluant une centaine de tables, fonctionne à plein régime de fin mai à fin septembre. Sans parler de la dizaine de bateaux qui proposent des sorties…


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