les arbres de Touraine abîmés par la sécheresse 0
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Publié le mercredi 16 septembre 2009 par : Tribune

Catégories : environnement

 En juillet et août, la Touraine n’a reçu que 41 mm de pluie. Un taux record qui n’avait jamais été aussi bas depuis 1961. Si cette sécheresse estivale a profité aux vignobles, les pommiers et poiriers d’Indre-et-Loire, eux, ont ... En juillet et août, la Touraine n’a reçu que 41 mm de pluie. Un taux record qui n’avait jamais été aussi bas depuis 1961. Si cette sécheresse estivale a profité aux vignobles, les pommiers et poiriers d’Indre-et-Loire, eux, ont particulièrement souffert, et ce juste avant la cueillette. Le manque d’eau, mais aussi les températures élevées - autour de 1,6°C au-dessus de la normale en août, ont altéré les arbres fruitiers. Car comme nous, ils transpirent et se déshydratent en cas de forte chaleur. « Dans les vergers, on a été obligé d’irriguer pour que la récolte ne soit pas trop compromise, et pour que les arbres puissent malgré tout faire leurs réserves d’eau pour le printemps prochain », explique Sandrine Gallmann, ingénieur en arboriculture auprès de la Chambre d’Agriculture d’Indre-et-Loire.

L’arrosage des arbres fruitiers a permis de limiter les dégâts, mais dans certaines zones du département, comme le bassin de l’Indre par exemple, des restrictions d’eau ont empêché l’irrigation. Conséquence, des fruits qui contiennent moins d’eau, donc des calibres plus petits que d’habitude. Les châtaigniers n’ont pas été épargnés par l’impact de la chaleur et du manque d’eau, et au vu de la taille des coques, il faudra là aussi se contenter de petits calibres cette année. « Dans les campagnes du département, certains châtaigniers sont déjà tout brûlés, constate Yves Delcroix, ingénieur en horticulture et paysages auprès de la CDA. Les coins les plus touchés sont les zones nord et sud de la Touraine, vers Descartes, le Pressigny ou encore les cantons de Savigné-sur-Lathan, Château-la-Vallière ou Neuvy-le-Roi. Ces derniers ont connu 4 mois sans pluie ! Le val de Loire se porte mieux car il y a eu de gros orages en juillet ». Dans les zones les plus atteintes, Yves Delcroix a remarqué que certaines essences souffraient plus que d’autres. « Les bouleaux perdent déjà leurs feuilles, certaines variétés d’érables, ainsi que les acacias montrent aussi des symptômes, même si ces derniers sont relativement résistants ». Enfin, les pins devraient aussi afficher quelques séquelles, mais plus tard. « On le verra dans le courant de l’hiver, on risque notamment d’avoir de mauvaises surprises avec les pins Douglas, qui ne supportent pas la sécheresse », prévient Yves Delcroix. De son côté, le chêne, présent en masse dans la région, et particulièrement en forêt de Loches, semble avoir traversé la phase de sécheresse avec brio. « On ne voit pas trop d’arbres secs, jaunissants ou dépérissants, constate Thomas Renard, responsable de l’unité territoriale d’Indre-et-Loire de l’ONF. Toutefois si la sécheresse a eu un impact quelconque sur les chênes, on le verra au printemps prochain, pour le moment c’est trop tôt ». Si certains arbres ont été plus affaiblis que d’autres, ils ne risquent pas pour autant de tomber. « La sécheresse ne fait pas tomber les arbres ». Fort de ce constat, Yves Delcroix, ingénieur en horticulture et paysages à la Chambre d’Agriculture d’Indre-et-Loire, se veut rassurant. « Les arbres qui tombent sont déjà morts, explique-t-il. Et on les remarque car ils ont perdu leurs feuilles ». Pas de panique donc pour les promeneurs, cueilleurs de champignons et autres chasseurs qui vont commencer à fréquenter les forêts du département...

Julie Innato

Chambre d’Agriculture d’Indre-et-Loire, 38 rue Augustin Fresnel à Chambray-lès-Tours. Tél. : 02 47 48 37 37 et www.indre-et-loire.chambagri.fr Office National des Forêts : www.onf.fr.


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