Les adieux de Roselyne Bachelot à l’Anjou 0
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Publié le jeudi 02 février 2012 par : Tribune

LEGISLATIVES Députée depuis 1988 de la première circonscription de Maine-et-Loire, l’actuelle ministre des Solidarités a choisi de ne pas briguer un sixième mandat. L’ancienne pharmacienne d’Angers tire ainsi sa révérence avec élégance. Elle qui aura prouvé avec brio face aux sceptiques qu’une femme politique pouvait réussir en terre angevine.

Par Mélanie le Beller

prévisualisation non-disponibleLe mystère planait toujours sur son éventuelle candidature pour les législatives. Finalement, Roselyne Bachelot a choisi de ne pas y retourner. A 65 ans, la fille de Jean Narquin a décidé de tourner la page angevine. Une décision qu’elle a prise dès 2007. « Je l’avais d’ailleurs annoncé de manière sibylline en assurant que je ne briguerai aucun mandat après 60 ans. »

La politique a longtemps été pour elle une affaire de famille. Fille de Jean Narquin, résistant et député, elle a baigné depuis son enfance dans le milieu. « A 8 ans, je distribuais mes premiers tracts avec mon père dans les immeubles du quartier Saint-Michel. » Nivernaise de naissance, elle suit ses études de pharmacie à Angers, où elle décroche son doctorat en 1988. Dès 1982, la pharmacienne brigue un premier mandat de conseillère générale de Maine-et-Loire sur le canton Angers-Nord, réputé imprenable. « C’est sans doute pour cela que les caciques de la politique angevine ne se sont pas méfiés de moi. » Puis elle deviendra conseillère régionale et conseillère municipale d’Angers. Avant ce « coup de théâtre », en 1988, lorsque son père, député, quitte la scène politique en confiant les clés de sa circonscription à sa fille : l’engagement de candidature a été signé par Roselyne Bachelot 15 minutes avant la fin de dépôt des candidatures à la Préfecture alors que Jean Narquin avait assuré qu’il se représentait. Un geste à l’époque mal perçu par les instances nationales du parti. Qu’importe. Roselyne Bachelot sera élue et gardera son siège pendant 24 ans, sur une circonscription à la fois urbaine et rurale, dont elle dit connaître « quasiment chaque maison ». A son bras, la montre offerte par son père avec un chiffre : 25703, comme le nombre des électeurs qui ont voté pour elle en 1988. « Rappelle toi, m’avait-il dit, que tu n’es là que grâce à eux ».

Gaulliste convaincue, proche de Jacques Chirac, Roselyne Bachelot, c’est aussi un style : crocs roses, lunettes bling-bling. Dans l’univers policé de l’Elysée, elle détonne. Une « force de caractère de femme libre », affirme son successeur Paul Jeanneteau. Elle se qualifie plutôt de « franche-tireuse », qui dégaine sur les joueurs de l’Equipe de France de football. Elle est aussi l’une des rares, à droite, à se prononcer pour le mariage homosexuel. « Je continuerai à me battre pour des causes que j’estime nobles et justes : rappelez-vous ma lutte pour le Pacs et les droits des minorités sexuelles, la parité entre les femmes et les hommes, la constitutionnalisation du droit de l’environnement ou la lutte contre les ravages du tabac et de l’alcool. »

Désormais, Roselyne Bachelot souhaite prendre du recul sur la vie politique, tout en continuant à s’impliquer dans la campagne de Nicolas Sarkozy. Mais surtout, elle veut revenir aux fondamentaux. « Les fonctions ministérielles ont aussi des contraintes et des limites avec un emploi du temps sous haute tension. » Ainsi, elle entend se consacrer aux sujets qui lui tiennent à cœur : lutte contre le Sida, les discriminations et pour l’égalité femme-homme, pour les personnes handicapées. Mais aussi l’écriture. "Etre privée de cette joie depuis 5 ans a été un grand sacrifice. Je n’ai pas moins de trois livres en préparation. » Elle l’assure : même si la page politique semble fermée avec l’Anjou, elle ne quittera jamais totalement le département. « Les militants du RPR puis de l’UMP de la 1ère circonscription sont ma famille. » 

Paul Jeanneteau candidat

Roselyne Bachelot partie, c’est son suppléant qui prend le relais. Paul Jeanneteau sera candidat sur cette fameuse Ière circonscription, où il affrontera Luc Belot (PS). « Gaulliste, mais de tradition centriste, il fait l’union des deux grandes forces politiques de ce département. C’est un homme d’une parfaite intégrité et d’une grande loyauté qui s’est parfaitement inscrit dans ce qui fait depuis l’origine le sel de mon engagement : la lutte pour la justice, la protection des plus faibles et la lutte contre toutes formes de discrimination », dit de lui Roselyne Bachelot. Sa suppléante sera Roselyne Bienvenu, actuelle conseillère municipale de la minorité. « Elle est aussi connue pour son action déterminée pour la cause des femmes dans notre société », explique Paul Jeanneteau.


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