le ragondin, un nuisible toujours pas éradiqué 0
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Publié le mercredi 25 novembre 2009 par : Tribune

Catégories : environnement

 Officiellement reconnu comme « nuisible » en 2003, le ragondin figure également « au top 10 des espèces exotiques envahissantes les plus nuisibles d'Europe ». « En Indre-et-Loire, 10 à 12 000 spécimens sont prélevés chaque année », témoigne Agnès... Officiellement reconnu comme « nuisible » en 2003, le ragondin figure également « au top 10 des espèces exotiques envahissantes les plus nuisibles d'Europe ». « En Indre-et-Loire, 10 à 12 000 spécimens sont prélevés chaque année », témoigne Agnès Chaballier, de la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles. C'est beaucoup, mais moins que dans le Loiret, où l'on en prélève entre 14 000 et 16 000 par an, d'après la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt. Le but de ces prélèvements? Éradiquer le ragondin. Empoisonné, chassé par piégeage, mais aussi au fusil et même à l'arc, le rongeur est traqué. « Personne ne le chasse pour le plaisir, confie Guillaume Favier, membre de la Fédération Départementale des chasseurs d’Indre-et- Loire. Même si sa viande est comestible, il est porteur de maladies donc la plupart du temps, il est détruit ». Le ragondin ou myocastor, peut en effet porter la leptospirose, « une bactérie transmissible à l’homme qui peut entraîner de graves problèmes sur les méninges, le foie, les reins, et parfois les poumons », explique Christophe Mourrieras, directeur départemental des Services Vétérinaires. D’après le ministère de la santé « on observe plusieurs centaines de cas de leptospirose par an en France », mais le ragondin n’en est pas seul responsable : d'autres animaux, sauvages ou domestiques, sont susceptibles de transmettre cette bactérie – rats, souris, chiens, hérissons, etc. Toutefois entre 42 et 52% des ragondins présents sur le territoire français seraient porteurs ou vecteurs de la leptospirose. Et ce n'est pas tout, le rongeur est aussi et surtout accusé d'affaiblir, avec ses terriers, les bords des cours d'eau où il séjourne. Pourtant en Indre-et-Loire, ce n'est pas lui qui cause le plus de dégâts... « A ma connaissance, les ragondins n'abiment pas beaucoup les digues, confie Frédéric Dagès, gestionnaire du domaine public fluvial à la Direction départementale de l'équipement. Les plus gros problèmes sont causés par les lapins et surtout les blaireaux, qui creusent d'importants tunnels à plusieurs étages dans les digues en terre ». Pour Pierre Cabard, conseiller scientifique et spécialiste des mammifères, « le ragondin est impitoyablement pourchassé alors qu'il ne fait pas l'objet d'études précises... ». À l’origine, le ragondin, qui vient d’Amérique du sud, a été introduit en Europe par l’homme, à la fin du XIXème siècle. « Par souci économique, constate Thierry Poli, coordinateur de la Maison de la Loire d’Indre-et-Loire. On l’a fait venir pour sa fourrure. Il s’est ensuite bien implanté. Aujourd’hui il est considéré comme nuisible, mais il n’a pas demandé à venir...» Julie Innato

Voir l'article complet