Le plan de relance va-t-il doper l'économie tourangelle ? 0
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Publié le mercredi 11 février 2009 par : Tribune

Catégories : économie

26,5milliards d'euros dans toute la France. 55 millions d'euros pour toute la Région Centre et ses six départements. Un peu plus de 10 M€ pour la Touraine. Forcément, la comparaison des chiffres du plan de relance annoncé par... 26,5milliards d'euros dans toute la France. 55 millions d'euros pour toute la Région Centre et ses six départements. Un peu plus de 10 M€ pour la Touraine. Forcément, la comparaison des chiffres du plan de relance annoncé par François Fillon le 2 février dernier laisse planer un sentiment d'oubli. Comme si l'Indre-et-Loire restait sur le bord du chemin. Les cinq autres départements du Centre aussi d'ailleurs. François Bonneau, le président (PS) de la région, a d'ailleurs rapidement réagi en rappelant que les « projets choisis constituaient des rattrapages de promesses antérieures non tenues par l'Etat». En Touraine, quatre projets importants vont tout de même recevoir un coup d'accélérateur, et c'est l'esprit de ce plan de relance. Le premier d'entre eux, c'est la cathédrale St Gatien, qui n'en finit plus de s'effriter. Le monument va recevoir plus de 3 millions d'euros. « La rénovation de la rosace nord attendait des financements, ces 3 M€ vont sans doute servir à ça », avance Eric Jaillais, Pdg d'une entreprise de taille de pierre de 50 salariés, qui travaille actuellement sur la façade nord, la plus visible.

« En raison de la procédure d'appel d'offres, on ne sait pas du tout si une entreprise régionale sera choisie », précise cet entrepreneur qui dispose par ailleurs de commandes fermes lui assurant 6 mois de travail. Il ajoute : « je ne compte pas directement sur ce chantier de la cathédrale, mais si je l'obtiens, tant mieux ! » En valeur, le dossier le mieux pourvu est celui de la Touraine Mutualiste. La filiale tourangelle du groupe Harmonie Mutuelle avait déjà lancé le projet d'un établissement pour personnes âgées dépendantes à Monts, dont une unité pour des malades d'Alzheimer. Touraine Mutualiste va toucher 6,6 M€. De quoi booster la construction. Autre chantier emblématique, celui de la prison. Le député (PS) Jean-Patrick Gille s'était fait le porte-parole des associations de familles de détenus pour dénoncer la vétusté des lieux. Il a été entendu. Mais l'autre problème, c'est la surpopulation : 244 prisonniers actuellement pour 140 places. « Ce choix de financer des travaux d'amélioration doit être le premier acte d'un plan plus global », espère le parlementaire de Tours centre. « De nouvelles créations de postes doivent venir combler les difficultés des agents sur place », complète-t-il. Sur ce point, il a peu de chance de trouver le même écho. Enfin, l'université de Tours, grande perdante du plan Campus comme toutes les universités du quart nord ouest de la France, reçoit quelques subsides pour des travaux de mise aux normes. Dans les AG de grévistes, ce point est régulièrement moqué. « 1,5 M€ ici, la même chose à Orléans, ou ailleurs, c'est du saupoudrage », dénonce un étudiant mobilisé. « Bien sûr que ce plan n'a pas vocation à financer des projets nouveaux. L'urgence de la crise, c'est maintenant. Nous devons débloquer des chantiers qui démarrent aujourd'hui, sans attendre les délais techniques et réglementaires », a rappelé lundi Patrick Devedjian, lors d'un déplacement à Blois. « Au moins ce plan réveille des projets qui dormaient dans les tiroirs, précise Roger Mahoudeau, président de la Chambre de commerce et d'industrie. A titre personnel, j'ai un regret : l'oubli de la navigabilité sur le Cher, qui impliquait trois départements. Si rien n'est fait rapidement, le bateau-promenade et ses 35 000 passagers par an vont disparaître. » Pour autant, l'Etat n'est pas le seul à devoir se mouiller, avance en substance le représentant des entreprises tourangelles. « Les collectivités locales doivent aussi montrer l'exemple. Tour(s)plus le fait en augmentant ses investissements (65 M€ en 2009, ndlr). A l'inverse, le département va alourdir sa fiscalité et diminue ses investissements », déplore Roger Mahoudeau.

Marc bégin


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